GUERRES DU SUD
— La même chose qu'à toi, mais répétée mille fois, répondit sereinement Jasper. Seul notre venin laisse une cicatrice, ajouta-t-il avec un petit rire contraint.
— Pourquoi ? s'horrifia Bella.
Elle semblait incapable de détacher ses yeux de la peau abîmée de mon petit-ami.
— J'ai été élevé d'une façon différente de celle de mes frères et sœurs adoptifs. Mes débuts ont été très... particuliers.
Ces derniers mots furent prononcés d'une voix dure.
— Avant que je ne te raconte mon histoire, poursuivit-il, il te faut admettre qu'il y a, dans notre univers, des endroits où l'espérance de vie se compte en semaines, non en siècles.
Les autres ayant déjà entendu ce récit allèrent vaquer à leurs occupations : Carlisle et Emmett s'intéressèrent de nouveau à la télévision et Alice alla s'asseoir sans bruit aux pieds d'Esmée. Edward, en revanche, était tout aussi captivé que sa bien-aimée, ses prunelles posées sur elle, guettant la moindre de ses réactions.
J'écoutais également le récit de Jasper, bien que je le connaissais déjà. Le jour où il me l'avait raconté, j'étais à l'hôpital et à moitié endormie, alors il avait été assez bref, et bien que nous en reparlions de temps en temps, j'étais contente de pouvoir réentendre son histoire de manière plus complète. Aussi, je devais bien avouer que j'aimais beaucoup l'écouter parler.
— Afin de comprendre pourquoi, tu dois envisager le monde selon une perspective nouvelle, imaginer l'allure qu'il revêt aux yeux des puissants, des avides... des assoiffés perpétuels. Prends par exemple une carte de l'Amérique centrale et représente-toi chaque vie humaine comme un petit point rouge. Plus le rouge est dense, plus nous, du moins ceux qui vivent ainsi, pouvons nous nourrir sans attirer l'attention.
Bella frissonna, certainement à la mention du mot « se nourrir ». Elle avait compris qu'on parlait de sang humain et non animal. Jasper ne se soucia pas de sa réaction. Elle était dans un monde de vampires, si elle n'était pas capable de faire face à cette réalité, il valait mieux pour elle le quitter.
— Il est vrai que, dans le sud, les clans se moquent bien de ce que les humains voient ou pas. reprit-il. Ce sont les Volturi dont ils se méfient, les seuls qu'ils craignent. Sans eux, nous autres serions très vite exposés. En comparaison, le nord est très civilisé. La plupart des nôtres sont des nomades qui profitent du jour comme de la nuit et permettent aux humains d'interagir avec nous sans se douter de rien. L'anonymat nous est vital. Au sud, c'est différent. Là-bas, les immortels ne sortent que la nuit et passent leurs journées à mettre au point leur prochaine attaque ou à anticiper celle de leurs ennemis. Parce que la guerre y dure depuis des siècles, sans un seul instant de répit. Les clans ont à peine plus conscience de l'existence des humains que des soldats remarquent des vaches dans un champ — il ne s'agit que de nourriture à disposition. S'ils évitent de trop s'exposer, ce n'est qu'à cause des Volturi.
— Mais pour quelle raison luttent-ils ? fit Swan, ne comprenant pas.
— Tu te souviens de la carte pleine de points rouges ?
Elle hocha la tête.
— Et bien, ils se disputent les régions les plus peuplées. Un jour, quelqu'un s'est dit que s'il était le seul vampire restant à Mexico par exemple, il pourrait se nourrir toutes les nuits, à deux, trois reprises, sans que personne ne s'en aperçoive. Il a donc élaboré une façon de liquider ses compétiteurs. D'autres ont cependant eu la même idée, et certains parmi eux ont échafaudé des tactiques plus efficaces. La meilleure a été inventée par un assez jeune vampire appelé Benito. La première fois qu'on a eu vent de lui, il venait de Dallas, et il a massacré les deux petits clans qui se partageaient les environs de Houston. Deux nuits plus tard, il a attaqué la famille bien plus puissante qui régnait sur Monterrey, au nord du Mexique. Là encore, il a gagné.
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Respire | Jasper Hale
FanfictionRespire | « Ma vie est un genre de grand bordel incommensurablement compliqué. » Du haut de ses 16 ans, Betty, adolescente asthmatique à haut potentiel intellectuel, emménage avec sa mère à Forks pour fuir la Corse où vit son père, violent. Persuadé...
