Chapitre 1

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La sonnette de la boutique venait de retentir pour la énième fois de la matinée. Constance ne supportait plus se tintement strident. Il raisonnait en elle jusqu'à lui filer la chair de poule et lui faire grincer les dents. Son cœur s'accélérait d'un coup et elle était sûre que si son médecin lui prenait la tension à ce moment précis, l'appareil se mettrait en erreur. Elle fit un effort, souffla un bon coup  intérieurement et se força à sourire (toujours faire bonne figure devant les clients).

(Oh non ! Pas elle !)

- Ooooh bonjour Béatrice ! Comment allez vous aujourd'hui ?

Constance avait adopté son air le plus aimable et son plus beau sourire pour accueillir la cliente qui venait de franchir le seuil de la boutique et se tenait devant le comptoir droite comme un piquet et l'air aussi aimable qu'une porte de prison. 

(Ca promet...)

Elle n'avait pas l'air heureuse du tout d'être ici et vu la façon dont elle lança le pantalon, qu'elle avait apporté, sur le comptoir, Constance allait sûrement passer un sale quart d'heure.

- Les retouches ne sont pas bonnes ! Je vous avais pourtant apporté un modèle ! J'exige un remboursement.

(Pour le bonjour on repassera)

Constance pris le pantalon, le déplia et étudia les coutures.

- Oui vous m'aviez apporté un modèle, je me rappel bien, je vous avez aussi dit qu'il est plus fiable d'essayer le pantalon et de marquer les plis sur la personne directement. Est-ce trop grand ou trop court ? 

- Bien trop court ! Et croyez vous que mon mari n'ai que ça a faire de ses journées, que de venir perdre son temps ici. Il est avocat ! Croyez vous que nous sommes à votre disposition. Vous devez savoir faire votre travail non !

Constance n'avait plus la patience, surtout pas avec cette cliente et surtout pas aujourd'hui. Elle senti la moutarde lui monter au nez et pris sur elle pour ne pas sortir de ses gonds. Elle pris son temps pour répondre calmement.

- Je sais que votre mari à un poste très important et un emploi du temps surchargé, mais le mieux serait qu'il passe à la boutique pour essayer le pantalon et que je puisse effectuer les retouches directement sur lui. 

- Vous avez fait une erreur ! Assumez ! Et rembourser moi ! Je ne paierai pas deux fois pour la même prestation ! 

- Béatrice, il n'est pas question que vous payez deux fois. Je ferai les retouches gratuitement.

- Les retouches sont déjà faites ! Elles ne vont pas ! Remboursez moi !

Le visage de Béatrice était si rouge de colère qu'il en devenait presque violacé. Les mains de Constance se mirent à trembler et son souffle devint court.

(Pas une crise d'angoisse pas maintenant !)

- Ecoutez Béatrice ...

- Non je n'écoutes rien du tout. Remboursez moi ! Et appelez Mireille que je lui dise à quelle incompétente elle à laissé sa boutique.

Mireille était la propriétaire de la petite mercerie dans laquelle travaillait Constance. petit bout de femme d'une gentillesse infinie mais qui n'hésiter pas à remettre à leur place  les clients les plus désagréable comme cette Béatrice.

Constance la foudroya du regard, mais ne dit rien. A la place, elle saisit lentement le téléphone qu'elle porta à son oreille et saisit le numéro de Mireille sur le clavier à grande touches que l'on avait fait installer pour sa patronne dont la vue commençait à baisser fortement avec l'âge.

Elle n'eut pas besoin de dire grand chose, à la simple évocation de Béatrice, Mireille raccrocha après un bref "j'arrive tout de suite". Pendant ce temps là, la fameuse Béatrice s'était appuyée sur le comptoir et tapotait celui ci du bout des doigts dans un geste d'impatience.

(Ne pas s'énerver. Rester calme. Regarde moi ces deux moineaux bien dodus sur le bords de la vitrine, au moins ils ont la belle vie, personne pour les enquiquiner...)

Plongée dans l'observation des petits oiseaux sur le bords de la fenêtre, le temps avait passé bien plus vite. Et Mireille (qui habitait le logement juste au dessus de la boutique) était déjà descendu. Elle avait du se hâter dans les escaliers car il semblait à Constance qu'elle avait fait bien plus vite que d'habitude pour les descendre.

- Bonjour Béatrice. Quel bon vent t'amènes ?

- Aucun bon vent ne m'amènes, c'est même plutôt un mauvais vent qui m'a poussé jusque chez toi figure toi ! Ton employée à fait une retouche bien trop courte sur ce pantalon ! C'est pour mon mari, il est avocat, il ne peut pas se présenter en audience avec un pantalon beaucoup trop court. Il fut un temps ou tu été plus stricte avec tes employés et bien plus exigeante sur le travail effectué ici. Ca se voit bien que tu prends de l'âge, ta vigilance n'est plus la même !

Constance fût effarée d'entendre cette pimbêche parler ainsi à sa patronne. Elle pris une grande inspiration pour dire les quatre vérités à cette impolies mais du haut de ses 1,50m Mireille avait déjà attaqué.

- Ecoutes moi bien Béatrice, tu vient depuis de nombreuses années dans cette boutique parfois pour des broutilles. Mais aujourd'hui je ne supporte plus ton arrogance. Il me semble que Constance t'a bien avertis que nous préférerions faire des retouches directement sur la personne, je veux bien croire que ton mari est très occupé mais rabâcher à tout bout de champs qu'il est avocat ne te donnera aucun passe droit. Nous ne te rembourserons pas, pour la bonne et simple raison que tu m'as arnaquer une fois déjà avec une robe que je  t'avais soit disant mal reprise. Cette même robe dans laquelle tu te trémousse à la messe le dimanche matin. Alors maintenant je vais te demander de sortir et de ne plus revenir dans cette boutique. Tu n'auras qu'à aller au pressing minutes à deux rue d'ici et on verras si les prestations y sont mieux ! Oh... Et à l'avenir quand on te dit bonjour, tâches de répondre. Car l'impolitesse ne fait pas très distingué !

Tout en rabattant le caquer de Mme jesuislafemmed'unavocatetjesuislameilleure, Mireille c'était rendu à la porte de la boutique et l'avait ouverte en faisant un geste de la main, invitant Madame à quitter les lieux.

Sûrement peu habituée à être remise à sa place de la sorte, Béatrice quitta la boutique, en ayant pris soin de reprendre le pantalon trop court au passage. Elle sorti la tête haute, dédaigneuse et sans un mot.

Mireille claque la porte derrière elle, en profita pour la refermer à clé et mettre en place le panneau de fermeture. Ce que Constance trouva étrange puisqu'il n'était que onze heure. Mais elle compris vite quand Mireille se tourna vers elle. 

La petit dame un peu rondelette qui se tenait devant elle semblait avoir pris dix ans. Les poches sous les yeux indiquaient qu'elle n'avait pas du beaucoup dormir et de légers tremblements agitaient ses jambes. Constance s'approcha d'elle avec une chaise.

-Tenez Mireille asseyez vous.

- Merci ma grande tu es bien gentille. La journée est finie. J'ai besoin de repos et il faut qu'on cause toute les deux. J'ai des nouvelles à t'annoncer et malheureusement elles ne sont pas terribles.

Constance s'en doutait bien. Elle avait déjà vécu cette scène. Comme une impression de déjà vu...

La maison aux volets bleusOù les histoires vivent. Découvrez maintenant