A cœur ouvert

561 25 7
                                        

Michael arrive. Nous allons enfin savoir les nommés de cette semaine des surprises.

-Alors, les nommés du jour sont : Masséo.

Mince encore, le pauvre...

-Emma.

Emma ? Je suis choquée.

-Et Charles.

Attend ? J'ai bien entendu ? Charles ? Oh non de non, ça ne va pas le faire du tout !

Michael s'en va et Emma se met à pleurer. Tout le monde lui fais un câlin pour la réconforter. Tout le monde sauf moi. Je suis désolée Emma, mais tu n'es pas la première de mes priorités. Je mets mes chaussures en vitesse et je cours après Charles pour le rejoindre. Lorsque j'arrive à son niveau, je lui fais un câlin par derrière, consciente de son mal être. Il s'arrête, on reste un moment comme ça jusqu'à ce que je lui prenne la main pour le mener à la salle de théâtre. Il ne pleure pas, une faculté fascinante chez lui, mais je vois à son visage qu'il en a marre, que ça le saoule. On s'allonge sur le sol de la scène comme à notre habitude et nous restons dans le silence, juste tous les deux. Je ne le force pas à parler, je sais que certaines personnes n'aiment pas ça, moi la première, mais je reste avec lui pour lui signaler que je suis là pour lui.

-Peut-être que je devrais partir et comme ça je rejoindrai Noah, murmure-t-il.

-Oui, ou peut-être que tu peux juste rester et te battre pour la place que tu mérites.

-Mais elle n'existe pas cette place, j'ai rien a foutre ici, je progresse pas, je fais toujours les mêmes erreurs !

-Mais justement, tu dois rester pour leur prouver que tu peux le faire, que tu peux y arriver !

-Mais j'y arriverai pas ! Et puis sans Noah c'est plus la même ! Tout le monde me fait des reproches en ce moment, y'a rien qui va ! Même mes parents s'y mettent, j'ai une minute et ils l'utilisent pour me faire des reproches, j'en ai marre à la fin ! T'en a sacrément de la chance, toi, de ne pas avoir de parents !

Je me redresse d'un coup, choquée par ses propos. Les larmes me montent aux yeux immédiatement et je me précipite dehors, sans un mot de plus. Je cours jusque dans le foyer, où je pensais ne trouver personne, les larmes roulant sur mes joues. Ulysse si trouvant me voit débarquer en pleurant toutes les larmes de mon corps.

-Sasha ?! Qu'est ce qu'il y a ?

Je m'effondre dans ses bras et je tente de lui expliquer comme je peux entre 2 sanglots.

-Eh Sasha, calme toi d'abord. Il est énervé, je suis sûr qu'il ne le pensais pas et qu'il le regrette amèrement maintenant. Je comprends tout à fait l'état dans lequel tu es mais ne fais pas attention à ce qu'il t'a dit, il n'est pas dans son état "normal". Je vais aller lui parler, ne t'en fais pas.

Je sèche mes larmes, ce souvenir amer en mémoire. Ulysse me joue un morceau à la guitare avant que ça ne sonne, mais il n'arrive à atténuer ma peine qu'un petit peu.

Toute la journée nous suivons nos cours. Je fais exprès d'éviter Charles et je crois que Marine s'en est rendu compte mais elle ne dit rien. Le soir arrive et au moment d'aller me coucher, je dis bonne nuit à tous les garçons sauf à Charles. Lorsque je me dirige vers la porte de leur chambre, j'entends un "Vas-y" dans mon dos. C'est alors que Charles me saisis le bras.

-On pourrait parler un peu, juste toi et moi, dehors ?

J'hoche la tête et il libère mon bras de son emprise. Je le suis jusque devant la porte, le froid me mordant les joues et le bout du nez.

-Ecoute Sasha, je voulais vraiment vraiment m'excuser pour tout à l'heure, je suis vraiment le roi des cons. J'étais énervé et j'ai pas réalisé l'impact de mes mots. C'est pas une excuse valable, je sais bien, mais je n'ai que ça. Ce n'est qu'en te voyant partir que je m'en suis rendu compte et c'était vraiment horrible ce que j'ai dis, je ne voulais vraiment vraiment pas te blesser. Je me doute à quel point c'est dur pour toi de ne pas avoir de parents et je suis vraiment un idiot de t'avoir dit ça. Tu comptes tellement pour moi, tu es tout le temps là quand je vais pas bien, quand j'ai besoin et moi je te remercie comme ça... Je suis vraiment le pire de tous les connards sur Terre. Je comprendrai tout à fait si tu veux pas me pardonner mais je voulais vraiment que tu saches que je n'en pensais pas un mot et que je vais surement regretter toute ma vie.

Une saison avec vousDes histoires addictives. Découvrez maintenant