Isyra :
Je m'étais assoupi, mais je me suis réveillé brusquement.
Un bruit confus, des cris déchirants, surtout un que je reconnais entre mille, qui m'entre au cœur et me le fend comme un coup de couteau. C'est la voix de ma mère...
Je saute au bas de l'échelle de mon lit, en chemise ; l'échelle n'était pas accrochée correctement et je tombe avec fracas.
Je me suis presque fendu le genou sur le parquet.
C'est dans l'escalier que le drame se passe ; entre ma mère qui est renversée sur la rampe, les yeux hagards, et mon père qui la tire à lui, pâle, échevelée.
Je me jette en pleurant au milieu d'eux. Qu'y a-t-il ?
Je veux crier, je veux savoir ce qui arrive à maman
- Non, non ! Crie mon père en me fermant la bouche, non !
Il me brise presque les dents sous son poing.
- C'est faux, non ! Il y a autant de colère que de terreur dans sa voix.
Je me penche sur ma mère évanouie ; j'inonde sa face de mes larmes. C'est bon, il paraît, des larmes d'enfant qui tombent sur les fronts des mères. La mienne ouvre tout d'un coup les yeux, et me reconnaît, elle me chuchote quelques mots.
- Ça va aller Isyra, je te promets que tout va s'arranger, mon secret. Elle prend ma main dans la sienne, et elle la presse.
C'est la dernière fois de sa vie et je l'ai compris.
Je reconnais la douceur de la peau de ses doigts, le vert foncé de ses yeux et le son de sa voix : en ce moment, elle eut une minute d'abandon, un excès de tendresse, une faiblesse d'âme, elle laissa aller doucement sa main et son cœur.
Je sentis à ce mouvement que ce sera le dernier, je sentis que tous les gestes bons auraient eu raison de moi dans la vie.
- Part, retourne te coucher, me dit mon père.
Je me réveille en sursaut, le cœur battant la chamade. Le cauchemar qui m'avait tourmentée laissait encore des traces dans mon esprit. C'est le même, depuis sa mort, je fais et refais le même cauchemar. Je me lève lentement, la lumière du soleil filtrant à travers les rideaux, projetant des rayons dans ma chambre. Je me frottai les yeux, essayant de chasser les images terrifiantes qui venaient de me hanter à l'instant.
La gorge sèche, je sens le besoin immédiat d'un verre d'eau, je décide de descendre pour prendre ce dont j'ai besoin. En traversant le couloir, je sens une légère brise froide à cause de la différence de température entre mon lit et le couloir. Je descends les escaliers avec précaution, sans faire un seul bruit. Lorsque j'atteins la cuisine, j'ouvre le placard au dessus du robinet et me dirige vers le frigo. J'appuie sur le bouton pour laisser couler l'eau dans mon verre, au moment où le liquide rencontre ma bouche, la fraîcheur de l'eau apaisa un peu mes pensées troublées.
Soudain, un bruit strident me fit sursauter. Je me retourne pour voir qui a failli m'envoyer au ciel et sans grand étonnement je tombe sur Valentino, debout dans l'ombre. Son visage était marqué par une expression d'irritation.
- Qu'est-ce que tu fais ici à cette heure ? Demanda-t-il, sa voix pleine de reproches.
- Pourquoi quelle heure est-il? De toute façon, je voulais juste un verre d'eau.
Mais Valentino ne semble pas apte à me comprendre. Il s'avance, les bras croisés.
- Il est sept heures du matin, s'exclama-t-il, sa colère palpable. La prochaine fois, fais moins de bruit, tu as réveillé toute la ville.
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Lies To Hide
RomanceIsyra s'apprête à fêter son vingtième anniversaire, la tradition de la famille veut qu'elle ait sa première mission à partir de cet âge-là. En tant que membre de la plus grande mafia vénézuélienne, il est impératif de faire preuve de puissance et d...
