Je me trouvais face à la porte d'entrée de Herros et Jasmine. Mardi dernier, j'ai reçu un message de mon ex-meilleur ami me proposant de venir à son repas de fiançailles où se trouveront seulement les deux familles des mariés et leurs témoins.
A peine ai-je toqué à la porte que Jasmine me saute dans les bras. Ses cheveux bruns et ondulés tombent sur mes épaules. Sa robe bleue marine ample lui embellie son corps de mannequin. Elle me sourit de ses dents blanches qui ne sont même pas recouvertes d'une seule once de son rouge à lèvre foncé.
— Oh ma Gaïla, si tu savais comment cela me fait plaisir de te revoir ! Me salue-t-elle.
— Le plaisir est partagé. On a du temps à rattraper ! Apparemment, tu es instit' maintenant ! Lui dis-je ne sachant pas quoi répondre.
Sur ses talons, se trouve Herros qui me sourit avant d'appeler ses parents pour leur annoncer mon arrivée.
Je me retrouve donc à enlacer Sophie et Thomas Leveque qui, lorsque j'étais encore une enfant, étaient mes parents de cœur. En effet, je passais toutes mes journées chez eux et parfois même mes nuits lorsque mes parents me l'autorisaient.
— Oh ma petite Gaïla, qu'est-ce que ça me fait plaisir de te revoir en ville ! Me jure Sophie en m'embrassant les joues.
— Moi aussi Sophie, moi aussi.
J'entre finalement dans la demeure de mes amis d'enfance pour découvrir l'entrée qui mène sur un escalier, deux portes et une arche qui est ouverte sur le salon. L'entrée est remplie de photos des deux amoureux, ce qui me fait – malgré moi – un pincement au cœur. J'aurais dû être à leur place. J'aurais dû fêter mon mariage prochain avec mon fiancé...
J'essaie d'oublier cela et remets un masque souriant à mes amis. C'est leur dîner, je n'ai pas le droit de me plaindre.
En entrant dans le salon, je découvre Sonali et Raj Uppalapati, les deux parents de Jasmine ainsi que ses deux sœurs : Priya et Pallavi. Il me semble que Pallavi est la plus âgée des trois, mais que Jasmine arrive en seconde place. J'imagine que l'homme qui se trouve à côté d'elle doit être son époux et que les deux bambins sont les siens.
— Gaïla, je te présente Johan, l'époux de Pallavi et les deux ténèbres sont leurs jumeaux ; Sam et Naya. Johan, les enfants, je vous présente Gaïla, notre amie. Nous présente-Jasmine.
Je vais donc faire la bise à Johan et aux deux bambins qui se confondraient s'ils n'étaient de genre différent. Puis je vais dire bonjour aux parents et aux sœurs de Jasmine.
Herros reçoit un appel et quitte donc la pièce en s'excusant. Jasmine nous propose alors un apéritif que nous acceptons. Je la rejoins dans la cuisine et l'aide à porter les douze verres. Puis Herros vient en soufflant dans la cuisine.
— Il va être en retard ? Suppose Jasmine.
— Comme d'habitude... Se lasse Herros, irrité.
— Vous parlez de qui ?
— Ah oui. Commence Herros alors qu'il me repère dans la pièce.
Je vois leur regard et je comprends facilement de quoi ils parlent, plutôt, de qui. Nous n'avons pas parlé de ce sujet depuis des années. Nous avons fait le choix de l'oublier, mais désormais, je comprends qu'il va revenir plus vite dans ma vie que je ne le voudrais. Finalement, Herros ose enfin me parler.
— On parle de Will. Il était censé venir dès 18h30, mais comme d'habitude, il a du retard. S'il savait comment il me fatigue de faire comme il veut ! Commence-t-il à s'énerver.
Jasmine souffle rapidement et vient l'enlacer, ce qui le calme.
— Ce n'est pas grave, on aura juste plus de nourritures pour nous ; il n'y a que du positif ! L'apaise-t-elle.
Herros lui sourit et l'embrasse : la nourriture a toujours été son point faible.
— Nan mais Jas, il doit encore être avec l'une de ses catins, il m'a même demandé s'il pouvait amener une « amie » avec lui. J'ai l'impression qu'il n'en a rien à foutre que je fête mes fiançailles ! Ça me tue !
— Chut... Il y a tes parents à côté, ça serait dommage qu'ils l'entendent. Et puis, tu l'as toujours su qu'il préférait se préoccuper de lui avant la famille. C'est William, on n'y peut rien.
Pendant toute leur discussion, je ne dis rien. J'ai l'impression que ça fait une éternité que je ne l'ai pas vu. Une chose est sûre, cela me fera bizarre de le revoir ce soir.
Nous amenons donc les plateaux avec les boissons dans la salle à manger et nous installons. Je suis en coin de table, à côté de Sophie et perpendiculaire à Herros. La chaise en face de moi est vide, j'en déduis que ce sera la place de William. Lui qui sera donc à côté de Priya car son frère n'a pas voulu rajouter une assiette pour sa copine.
Nous passons une appréciable première demi-heure à parler des faits les plus gênants des deux fiancés qui ne savent pas où se mettre mais qui se regardent en se souriant, comme s'ils se soutenaient face à ces anecdotes plus embarrassantes les unes que les autres. Leur amour crève les yeux, c'en est magnifique.
Même les jumeaux sont calmes. D'ailleurs, Johan les nourrit avant de les poser dans un parc portatif qui est déposé dans un coin de la pièce. Ils finissent par s'endormir en se collant l'un à l'autre.
Puis, la sonnette retentit. Comme un rappel à l'ordre, le silence tombe dans la salle. Herros regarde Jasmine, et inversement. Je croise leurs regards et décide de me lever.
Mon cœur bat la chamade, je n'ai rien à faire ici : c'est un repas de famille, pas d'amis.
Je tiens la poignée et attends quelques secondes avant de l'abaisser.
— Bonsoir, Morgan.
Le connard.
VOUS LISEZ
Le Vol de la Mort
Romance~Le Vol de la Mort ~ **en cours d'écriture** Personne a réussi. Et si je devenais ce "personne"? Gaïla est née dans un avion. Enfin non. Pas littéralement. Elle a grandi entourée d'avions. C'était la passion de son père. Une passion qui coule aussi...
