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GULIA
Je suis dans un trou blanc. Un vide. C'est tout. J'essaye de bouger, mais rien. Mes bras sont lourds. Mes jambes aussi. Tout est flou, comme si mes yeux n'arrivaient pas à voir correctement. Je respire, mais c'est difficile. Il y a quelque chose qui bloque. Ma gorge me brûle. Pourquoi est-ce que je ressens tout ça ? Je... je suis vivante, non ? J'entends des bruits autour de moi, mais ça semble lointain. Je sens une chaleur dans ma main. C'est doux. C'est... Antoine ? Je tourne doucement la tête, mais tout est flou. Je veux lui parler. Lui dire que ça va, que je vais bien, mais ma gorge me fait trop mal. Je serre sa main autant que je peux, mais je n'arrive même pas à respirer correctement. Je suis perdue. Dans ce silence, dans cette douleur.
Et puis la douleur. D'un coup, comme une vague de feu qui m'envahit. C'est comme si tout mon corps se mettait à crier, à se tordre. Ça fait mal. Trop mal. Je veux crier, je veux pleurer, mais... je ne peux pas. Le tube dans ma gorge m'empêche de tout, et ça m'étouffe. Je veux hurler, mais rien ne sort. Je veux qu'il sache, qu'il comprenne. Je vois Antoine, mais il ne peut pas entendre ma douleur. J'essaie de bouger, de faire quelque chose, mais c'est comme si mon corps ne m'obéissait plus. Je suis coincée ici. Coincée dans cette douleur.
ANTOINE
Je me réveille en sursaut, mon cœur bat la chamade. Je vois Gulia, ses yeux grands ouverts, paniquée. "Chérie, calme-toi, calme-toi," je dis, mais même ma voix tremble. Je me précipite vers elle, je prends sa main dans la mienne, je la serre fort, mais rien n'y fait. Elle est là, elle lutte, elle essaie de crier, mais ça ne sort pas. Je vois son corps se tendre, elle essaie de bouger, mais elle ne peut pas. Elle me regarde avec des yeux pleins de terreur. "Respire doucement, Gulia... tu es en sécurité," je murmure, mais je sais que ça ne la calme pas. Elle est loin de me comprendre, et j'ai l'impression que tout m'échappe. Elle secoue la tête, et je vois sa gorge se tendre sous le tube. "Chérie... je suis là. Tout va bien, je suis là,"je répète, mais elle ne m'entend pas. Elle souffre trop. Je panique, je presse le bouton d'appel. Les infirmières doivent arriver vite, je ne peux pas la laisser comme ça. Je n'arrive pas à la calmer. Je suis impuissant. Je vois ses yeux se remplir de larmes, mais elle ne peut pas pleurer. Elle se débat, elle tente encore de crier, mais il n'y a que des souffles courts et désespérés qui s'échappent d'elle. "Ne t'inquiète pas, ça va passer, je te promets, Gulia. Reste avec moi,"je dis, mais je sais que mes mots ne suffisent pas.
Les infirmières arrivent enfin, mais ça ne m'aide pas. Je les regarde, ils s'affairent autour d'elle. Elles parlent vite, mais je ne comprends pas tout. Je vois une d'elles tenter de la calmer, une autre ajuste les machines. "Elle est trop agitée,"dit l'une d'elles. Je les laisse faire, je recule, mais je ne peux pas m'empêcher de rester là, près d'elle. Elle est là, souffrante, et je ne peux rien faire. Je la regarde, je suis totalement impuissant. "Elle a besoin de calme. On va lui donner un peu de morphine,"dit une infirmière. Elle injecte la morphine dans la perfusion, mais ça ne fait rien. Gulia ne se calme pas. Elle est toujours aussi agitée, la douleur est trop forte. "Ça ne suffit pas," je dis, mais j'ai l'impression que mes mots flottent dans l'air, vides de sens. Les infirmières décident alors de lui administrer un gaz anesthésiant. Je les vois se dépêcher, elles lui mettent le masque. Je reste là, le cœur serré, à la regarder. Elle s'endort enfin. Mais moi, je déteste ça. Je la regarde, elle est calme maintenant, mais tout ça... je ne peux pas l'accepter. Elle souffre. Elle souffre trop. Et je suis là, spectateur, impuissant. C'est comme si ma présence ne servait à rien, comme si je ne pouvais rien faire pour elle. Je veux la rassurer, mais je n'y arrive pas. Et ça me brise.