Épisode 58

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19h55
Hana

Seule dans ma chambre, je constate que le soleil était en train de se coucher. Cet évènement induisait une infinité de couleurs dans le ciel. Un dégradé allant de l'orange, jusqu'au violet, se présentait à moi.

J'adore admirer le coucher de soleil. J'aurais peut-être dû me poser sur le toit.

En y réfléchissant, je me dis que, du jardin en cours de travaux, j'aurais une belle vue pour admirer le crépuscule.
Je le note dans un petit coin de ma tête, dans ma liste de choses à faire, et reprends ma tâche.

J'étais assise sur mon lit, en train de plier mon linge propre, le son de la télé m'accompagnant. Une occupation de mère au foyer, attendant impatiemment l'heure pour aller chercher ses enfants à l'école, avant de leur préparer un goûter et d'attendre que son mari ne rentre du travail.

Fut un temps où cette vie m'attirait. Ne pas avoir à travailler, et avoir de l'argent qui rentrait. Ça donnait plutôt envie.
Mais bon, les choses ont vite changé et j'ai dû abandonner mes rêves. J'ignore si j'aurai un jour des enfants.

Vingt-cinq ans et toujours personne pour habiter mon quotidien...

La Hana de quinze ans serait déçue. Elle qui avait prévu de se marier à ses vingt-quatre ans, d'adopter un chat, un chien, et une chèvre, et d'avoir son premier enfant un an après, d'acheter une grande maison avec jardin encore un an après, avant d'enchaîner avec le deuxième enfant.

Dix ans plus tard, je suis toujours bloquée à la première étape.

Carrément, l'étape zéro: trouver quelqu'un avec qui se marier.

Mon téléphone se met à sonner, me sortant de mes pensées. J'y jette un bref coup d'oeil même si je savais qui m'appelait.

Je n'avais pas envie de lui répondre. De toute manière, même si je le faisais, je ne saurais pas quoi dire. Je ne suis plus spécialement énervée, juste toujours déçue et triste d'avoir entendu ça. Et un peu étonnée aussi.

Je pensais pas qu'il m'imaginait comme ça. Moi qui pensais qu'on avait établi une relation de confiance...
Pour lui, je suis une fille comme toutes celles qui ont travaillé pour le Bonten, jusqu'ici.

« Comment on appelle ce genre de filles, à ton avis ? »

Je lève la tête, la tapant contre la tête du lit au passage.
Je suis tellement choquée qu'il ait dit ça.
Et je suis encore plus choquée de voir à quel point ça m'atteint.

Même si, oui, je ne nierai pas ressentir quelque chose de spécial pour lui. C'est peut-être d'ailleurs pour ça que je suis toujours aussi triste. Je m'en veux d'avoir cru qu'il s'intéressait un minimum à moi pour de vrai.

Quand le téléphone finit de sonner, je pousse un long soupir. Je devrais peut-être aller lui parler. S'il force autant, c'est qu'il a quelque chose à dire.

Ou peut-être qu'il veut continuer à m'humilier. À méditer.

D'ailleurs, à cause de ça, je ne sais même plus ce que je ressens. Plus tôt aujourd'hui, après que mon entrevue avec Rindo soit terminée, ce dernier m'a raccompagné chez moi.

Petit flashback...

J'ouvre la porte de chez moi en rangeant ma carte dans son boîtier, dans l'entrée, et laisse la place à Rindo pour qu'il entre à son tour.

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