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[Makhala]

Angleterre, Londres, 3 ans plus tôt

" - Aaron...t'es sûr que ça va aller? Tu n'es pas obligé de partir si tu veux. Mon regard inquiet vient s'ancrer dans le sien, faussement rassuré.

Il resserre ses bras autour de moi, alors que nous étions paisiblement allongés dans son canapé où je passais le trois quart de mon temps. Il pose son menton sur le haut de ma tête et prend une grande inspiration avant de me répondre.

- Hum, t'en fais pas mon coeur, ça ne va pas durer longtemps, okay? Il s'éloigne un peu de moi, juste assez pour que je puisse apercevoir son visage, un sourire vient étirer les commissures de ses lèvres. Et puis on a toujours quelque chose à fêter, non? Ce n'est pas tous les jours qu'on est diplômé de l'école de police.

Pendant un instant il réussit à me faire oublier toute l'inquiétude que j'éprouve à son égard en m'arrachant un sourire des lèvres. Son doux sourire scotché aux lèvres ,il vient gentiment capturer mon visage ,plus précisément mes joues, entres ses grandes mains.

- Tu n'a toujours pas prévenu ton père et ta petite sœur n'est ce pas? Vas-y appelle les pendant mon absence, je serais revenu avant même que tu finisses ton appel.

- Hum, t'a raison je ne les ai toujours pas prévenu. A vrai dire ça fait un moment qu'ils ne répondent pas trop mais je suis sur qu'ils vont être tellement heureux d'apprendre la nouvelle, enfin diplômée!

Il approche doucement ces lèvres de mon front avant de presser un doux baiser sur celui-ci.

- Voilà mon coeur fais ça et ne t'en fais pas, je reviens vite, okay?

Je hoche la tête avant de le voir, à contre cœur, se dégager de notre embrasse et me serrer brièvement la main avant de se tourner vers la porte et de finalement sortir.

La pièce tombe dans un silence lourd, presque malaisant. Si il y a encore peu l'atmosphère ne dégageait que chaleur et sécurité il y a maintenant un vide. Le problème n'est pas la courte absence d'Aaron, je ne vais mourir s' il n'est pas collé à moi non plus, mais c'est de le savoir auprès de son père, Isaac Grey. Un homme mauvais et calculateur et c'est le moins que je puisse dire. Si Aaron me parlait peu de lui, j'avais décelé dans son ton aigre sa haine ou ̶e̶t̶ sa crainte envers cet homme. Au cours de cette relation et de nos échanges j'arrivais, petit à petit, à assembler les pièces de puzzles de son enfance, malheureusement taché à l'encre noir par son père.

Son père lui avait envoyé, un peu ,plus tôt un message l'intimant de venir au plus vite. Si d'habitude Aaron ignorait ces messages, il y avait dans le ton de son paternel une sorte de besoin urgent, il avait donc décidé de l'écouter pour une fois et d'aller le rejoindre. Nous menant ainsi dans cette situation.

Je repense à ce qu'il m'avait dit plus tôt, au fait de ne pas m'inquiéter, il a raison je devrais plutôt appeler mon père, même si celui-ci ne répond pas aux appels vidéo depuis un moment, priorisant inhabituellement les messages ou les appels vocaux.

Un sourire apparait sur mon visage quant au simple fait de penser à mon père.

Mon père est un pilier dans ma vie, une bouée de sauvetage, sans lui je ne sais même pas qui je suis. Après la mort de ma mère, lors de l'accouchement de ma petite soeur, mon père s'est occupé de nous alors que ma petite soeur était encore nourrisson est que je n'avais que quatre ans. Il nous a élevé de la meilleure des façons. Il a comblé le manque de figure maternelle sans pourtant nous faire oublier qui était notre mère. Fidèle à celle qui considérait comme l'amour de sa vie, il n'a jamais voulu se remarier. Il donne sa vie à notre éducation et au fait de subvenir à nos besoins. Je ne suis pas née avec une cuillère d'argent dans la bouche, loin de là, et pourtant je n'ai jamais manqué de rien.

The Hate Between UsOù les histoires vivent. Découvrez maintenant