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Ça fait un long moment que mon esprit ne s'est pas torturé à former de belles phrases pour son public fantôme. Personne.

Pourtant dans ma tête c'était tout juste hier que j'étais au pays du soleil levant, dernière ma tablette, un thé vert bien chaud à ma gauche. Quatre mois pour le commun des mortel mais à peine deux battements de cils pour mon espirt.

C'est probablement bon signe ou pas. Tout dépend du point de vue que l'on  décide de prendre sur l'état actuel des choses. Si je ne ressens le besoin d'écrire c'est peut-être parce que mon esprit se sent apaiser et ne ressent point le besoin d'extérioriser. Au contraire peut-être que mon esprit était à  court de mots. Enfuis dans une latence répétitive, je me faisais engloutir avec une tendresse paradoxale à la finalité de cette tragédie.

Je préfère me dire que c'est un peu des deux, j'allais assez bien pour ne pas avoir à  me torturer les neurones afin de pouvoir comprendre ma complexité interne. Mais peut-être que tout étais semblable, je n'allais faire que réutiliser des mots et des phrases que j'ai écrite des centaines de fois.

Ce rendre compte qu'on  tourne en rond. Les mêmes mots encore et encore. Les mêmes blessures qui explosent en des milliers d'étoiles  dans mon firmament mental. Encore, encore et encore et encore. Clairement,ça n'en finit jamais.

En fin de compte relire mes anciennes lettres. Elles sont en résonances entre elles mais aussi avec ce que je vis. Arriver à un stade où je ne cherche plus mes mots mais mes lettres, qui auront les mots pour moi. Des mots que je suis parvenue à avoir un jour. Un jour qui peut sembler lointain dans mes noyades les plus infernale.

Puis finalement, je me rend compte en même temps que vous de la calomnieuse que je suis. Ces mots, ils ont un public. Silencieuse, pleurnicheuse, souvent avalée toute crue par toute la tristesse de son monde plein de complexité. Ces mots sont pour la moi qui en aura besoin. Peut-être qu'elle pleurera encore plus en relisant certains de mes mots. Au point de penser qu'elle pourrait mourir de dessèchement. Ou bien elle y trouvera un réconfort qui lui est vitale. Comme une bulle de tendresse et d'amour qui ne l'attendais qu'elle.Très sûrement un parfait entre deux si je vous devez une honnêteté blanche comme la neige.

Mais je ne vous doit rien. Même à ma plus fidèle lectrice,moi, je ne me montre pas tout le temps honnête. Je la caresse dans le sens du poil. Je lui baratine la vérité qu'elle veut entendre, souvent à des années lumières de notre réalité fade et cruel.

Parce que la réalité c'est aimé et être aimé par des gens qui nous connaissent pas. En tout cas pas réellement. C'est offrir son cœur à des (presque) étrangers. Comme quoi l'amour ne fait pas tout. La réalité, c'est la blessure que nous procure la réalisation qu'on est incompris, que c'est inévitable. Avoir appris à être honnête avec soi-même et ainsi qu'avec son entourage mais finir par se mentir, à mentir, constamment mentir.  Se leurrer une réalité plus agréable. "Ceux  qui m'aime me comprennent". On espère qu'ils apprennent à nous connaître à travers nos gestes, des questions, nos habitudes. Être aimé c'est être vu non? Ou est-ce un de ses mensonges que je me racontais à moi-même? Un de ses mensonges tellement beaux que j'accepte l'illusion, le dur retour à la réalité qui risque de me frapper. Une illusion. De la poussière de fée.

Peut-être que ce n'est que de la pauvre poussière en fin de compte. Mais on s'enfou  de sa véritable valeur nan? Le plus important  c'est la valeur que je lui donne. Enfin, je l'espère...

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⏰ Dernière mise à jour : Oct 23, 2025 ⏰

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