132. L'arbre nu

7 1 0
                                        


L'arbre nu

Un arbre sans feuillage étend ses bras tranquilles
Dans l'air givré du soir aux parfums de cristal.
Sa silhouette fine accueille les fusilles
De la lune qui passe en éclat virginal.

On dirait un vieux sage en prière immobile,
Gardien silencieux de la nuit qui descend.
Son tronc porte les ans d'une patience utile,
Et son ombre s'étend comme un tapis de sang.

Pourtant, dans ce dénuement que la neige enlace,
Un bourgeon minuscule attend l'heure de sortir,
Promesse en hibernation sous l'immense espace.

Ainsi l'âme en hiver, prête à se recueillir,
Sait qu'un printemps secret sommeille dans sa place
Et qu'un souffle, un matin, viendra la refleurir.

FragmentsDes histoires addictives. Découvrez maintenant