Le marché d'hiver
Des étals lumineux s'ouvrent dans la froidure,
Parsemés de lanternes en éclats vacillants.
Les parfums de marrons traversent la voilure
Et les passants sourient au vent rieur, brûlant.
On touche des tissus, des épices, des trames,
On goûte au miel épais, à la confiture d'or.
Les voix, entrelacées, deviennent une âme
Qui pulse dans la nuit comme un élan plus fort.
Ce marché, sans emblème, parle de nostalgie,
Du plaisir retrouvé dans les gestes anciens,
Et d'une joie qui naît loin de toute magie.
En lui vibre un éclat qui fait du monde un bien,
Un refuge vivant où même la mélancolie
Se pose un court instant pour se sentir humain.
