2020 - Juin

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 5_6_7_8 ET LE RÊVE ARRIVE 


Jeudi 11 juin

9h46

Je déglutis devant l'hôpital où des patients entrèrent et sortirent. Un ballet de masque au yeux cernés, rougis ou encore vide devant les miens impuissants. Dans mon esprit, les rendez-vous flottés, certains s'échouèrent au fur à mesure sur la terre.

La salle d'attente écoutait mes tremblements. Ma peau s'arrachant de nervosité. Je jetai un coup d'oeil à l'espace enfant, une petite fille où deux couettes encadrant son visage rond et aux yeux où l'innocence inondait son propre esprit. Elle coloriait, une grande craie rose dans les mains, sa mère se tenait à quelques pas. Les mains jointes les une sur les autres, son regard fixant sa fille.

— Mademoiselle Soréna ?

Je me retournai vers la voix cachée sous ce masque chirurgicale.

— Je t'attends ici, me prévenue ma mère en lâchant ma main.

La cardiologue referma la porte blanche, autant que la pièce.

— Bonjour, elle feuilleta son agenda, Rose c'est ça ?

J'acquiesçai.

— Parfait, comme tu le sais pour que tu puisses te faire opérer tu as plusieurs examens médicaux à réaliser pour que chaque professionnel concerné et ton chirurgien puisse vérifier que ton corps est en capacité de recevoir l'intervention, me rappela-t-elle, un sourire rassurant dessiné dans le plissement de ses yeux.

Je hochai la tête, répondant uniquement pour confirmer des informations administratives.

— Avant de commencer, es-tu stressée, as-tu des questions auxquels je pourrai répondre ? Elle ajouta, je te rappelle qu'il n'y a aucune question bête.

— Rien, répondis-je d'une petite voix tremblante.

— Dans ce cas, je te laisse te mettre torse nue et t'installer sur la table pour commencer l'examen.

Torse nue ?

Moment d'hésitation, la boule dans mon ventre s'installa.

— Quand vous dîtes torse, torse nue bégayai-je Vous voulez-dire sans...

— Sans soutien-gorge, oui.

Je déglutis, sentant la boule s'étirer jusque dans ma gorge.

— Je comprends que cela puisse te mettre mal à l'aise, me rassura-t-elle avec bienveillance. C'est uniquement dans un contexte médicale Rose. Je ne suis pas la pour te juger ou te dire quoi que se soit sur ton apparence. Elle laissa un silence. Si tu veux, je peux te laisser deux minutes pour que tu respires et-

— Non, la coupai-je précipitamment. Je m'éclaircis la gorge. Pardon, je veux dire, ça va aller.

J'essayai de me convaincre par moi-même, imaginant un tee-shirt couvrant ma poitrine beaucoup trop souvent reluqué. Je secouai la tête, chassant ces souvenirs, les enfermants à double tour dans un coin de ma mémoire. Très loin.

Installée sur la table, le froid parsema ma peau.

La cardiologue à ma droite ouvrit un tub de gel qu'elle appliqua en quantité généreuse à même ma peau.

— Ça risque d'être un peu froid.

J'eu à peine le temps de ressentir la température qu'elle déposa une sonde avant de la mouver tout autour de mon coeur. En temps réel, elle écoutait distinctement les battements.

SCOLIO'ME ( ancienne version) Des histoires addictives. Découvrez maintenant