2020 - Juillet

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TW : Opération 

Vendredi 17 juillet

Le noir inonda la pièce. La fenêtre de la chambre laissait entrapercevoir le parking de l'hôpital, je m'y installai. Mes coudes s'enfoncèrent dans le rebord, j'allais avoir des marques. Les fars s'allumaient ou s'éteignaient dans un ballet syncronisé.

En regardant le spectacle, je sentis l'odeur des moteurs s'encrasser avant de filer vers les grandes routes.

Rose !

Mon corps se raidit. Je me détournai, agrippant le radiateur en soutien.

Rien.

Je tendis l'oreille. Quelques secondes. Silence.

Numéro 32 c'est à vous.

Les chuchotements s'infiltrèrent dans mon esprit. Mon poux accéléra. Je jeter un coup d'oeil, le lit à côté du mien. Il était vide.

En quelques secondes, je parcouru les pas me séparant de la porte. Un couloir. Sombre. Éclairait par les panneaux sorties de secours aux extrémités.

Des pas... de pointes ? . Un frisson. Mes doigts tremblant, frottèrent ma nuque. Rien. Pas de courant d'air. Pas de transpiration. Juste le silence. Angoissant. Effrayant.

Rose, suit moi, on va être en retard.

La voix. Elle avait résonné dans les hauts parleurs avant de s'échapper affolé.

Je longeai les murs. La lumière verte n'éclairait que partiellement l'étendue du couloir.

Des ricanements. Je me stoppai. Les jambes tremblantes. Qui était-ce ?

Rose, je t'attends.

Sophie ? Cette voix se manifesta derrière la porte. Une main effleura mon épaule. Je m'écartai. Personne. Je tournai autour de moi, affolée.

Tu vas te ridiculiser.

Je reconnu celle de Charline. Pourtant, elle n'était pas là.

Je couru, à travers le couloir où j'esquivai de justesse un chariot rempli de bétadine s'élançant devant moi à toute allure.

Les mains sur les cuisses. Une respiration, puis deux, puis trois. Il fallait que je reprenne mon souffle.

Rose, tu vas être en retard. Dépêches-toi.

En levant la tête, je clignai plusieurs fois des yeux. Des projecteurs m'aveuglèrent. Je roulais. Quelqu'un me tira. Mes jambes... Elles étaient pliées, bandés. Un fauteuil roulant ? Je regardai autour de moi. Une scène. Un jury. Le bruit des mines sur leurs papiers.

Je déglutis. On tourna les roues. Ma main couvrit ma bouche étouffant mes hurlements. Martin était là, à l'opposé de moi. Vêtu de son costume de prince. Il regardait à sa droite. Je cherchai son regard. Rien. Il passa devant moi, sans même m'adresser à un sourire. Une fille sortie des coulisses. Une fée des dragées. J'aperçue ses yeux s'illuminer quand il déposa ses lèvres sur sa main avant de l'amener au centre de la scène devant la directrice de recrutement.

Martin vous allez danser avec cette future élève.

Je subis son sourire, sa main effleurant la sienne.

Quelqu'un peut sortir la fille, là bas. Elle gêne, prononça la directrice.

Quatre hommes arrivèrent derrière moi. L'un tira mon fauteuil à une allure folle. Nous passâmes de portes en portes. Elles se refermèrent tous.

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