DES CONFESSIONS NOUÉES
Jeudi 6 juin
— Meuf on est obligé d'y aller ? Grommela Charline à l'égard de Lise qui finissait de remplir sa gourde d'eau.
Sans lui répondre, Lise referma soigneusement le goulot et le rangea dans son sac sous le regard ahuri de notre amie.
— À tout à l'heure Rose, me lança-t-elle avant de récupérer Charline par le bras et de la traîner jusqu'à leur cours de sport.
Je regardai la scène, amusée et me tournai vers les miroirs des toilettes du troisième étage.
Deux heures à présent à attendre.
Avant de sortir, je profitai d'être seule pour remettre correctement mon corset. Mon tee-shirt posé sur les lavabos, j'observai ma silhouette entourée de cette orthèse depuis bientôt deux ans. Un sourire crispé se dessina quand je repensai à la phrase de ce spécialiste « huit mois de corset ».
On en était bien loin...
Mes mains serrèrent les lacets où les points définis pendaient après les attaches. Depuis mon opération, j'avais perdu quatre kilos. Chaque jour je ressentais le changement et flottais dans le corset comme la plupart de mes pantalons. Ma taille se marquait beaucoup plus, alimentant des regards d'adolescents à la curiosité développée.
En reprenant mon tee-shirt, j'engloutis mon compagnon sous le tissu. Les vêtements larges me permettaient de me protéger des questions toujours plus intrusives d'inconnus.
« Je suis à côté de Lise dans le bus !!!!!!!!!!!!! »
- Mathias
Mon téléphone dans la main, un rictus sur mes lèvres, je lui répondis et poussai la porte. Le couloir était vide. Personne ne flânait, aucune discussion ne s'animait. Même les murs en pierre semblaient endormis. En descendant les escaliers menant à la salle de pause, j'entendis le couinement de mes baskets à chaque marche franchie.
Le calme. Jusqu'à, des bruits. Comme des pas précipités. Trop proches. Une intersection entre deux escaliers.
Le choc.
Je tombai en arrière. Mon corset amortit la chute. Devant moi, Sacha, livide, se confondait en excuse. Sa main récupéra la mienne et il me releva.
Une douleur, vive comme un pic grimpa jusqu'à la première vertèbre. Je grinçai des dents quand je récupérais mon sac à dos.
— Rose, je suis sincèrement désolé, je ne voulais pas te faire du mal. Oh pardon-pardon.
Sacha débita de nouveau des excuses que j'acceptai en le rassurant.
Son corps se relâcha. Partiellement. De nouveaux pas se rapprochèrent. Sa main agrippa mon bras. Il sortit une clé de sa poche et nous poussa dans la salle d'art plastique. J'aperçus quelques secondes plus tard, une surveillante. À sa chevelure, je reconnus celle qui m'avait reproché de jouer au basket sans mon corset avec Ethan. Une vague de chaleur moite me saisit à ce souvenir. Je me rappelais de son attention et de son sweat plié dans mon placard.
— Elle est partie ?
Sacha me coupa dans ma bulle nostalgique. Il sortit derrière le placard, les mains tremblantes. Le dos affaissé comme-ci il voulait se faire oublier, honteux.
Je vérifiais, m'approchant de la porte. Un coup d'œil à droite, à gauche.
— Elle est partie, répondis-je en me retournant.
Il se détendit de nouveau, une main sur sa poitrine, elle se gonfla.
— Sacha tu te caches de la surveillante pour ne pas aller en sport ?
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SCOLIO'ME ( ancienne version)
Fiction généraleOn le sait tous dans l'obscurité se cache toujours un faisceau de lumière. Comment devinez que par une simple annonce, notre vie tout entière bascule. Que par le simple fait d'un changement c'est une lutte acharnée pour guérir qui s'annonce. Plonge...
