La Tentation

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Elle est venue sans bruit, au bord de ma nuit,
Avec dans le regard quelque éclat d'aurore,
Un murmure si doux qu'il ressemblait à l'oubli,
Une promesse à peine éclose, et que j'espère encore.

Je savais le chemin qui s'efface en ses pas,
La douceur du vertige et le prix du désir ;
Pourtant mon cœur, traître aux serments d'autrefois,
S'est penché vers sa flamme avec un lent soupir.

Elle n'a rien demandé. Elle n'a rien promis.
Elle était seulement là, fragile et lumineuse,
Comme ces fleurs qui naissent au bord des précipices
Et rendent le danger presque merveilleux.

J'aurais pu détourner les yeux,
Refermer mes mains sur ce qui m'était certain.
Mais comment condamner l'éclat d'un ciel nouveau
Lorsqu'il vient éclairer le creux de nos matins ?

Alors je suis resté, immobile, à la frontière,
Entre le doux mensonge et la vérité nue,
À sentir dans mon sang courir une lumière
Que ma raison pourtant savait défendue.

Ô tentation, pourquoi prends-tu les visages
De tout ce que le cœur désire en secret ?
Pourquoi fais-tu du doute un si tendre naufrage,
Et du fruit interdit, le plus doux des regrets ?

Je ne t'ai pas suivie.
Mais je ne t'ai pas fuie.

Et depuis, quelque part entre mes nuits sans sommeil,
Ton souvenir demeure, obstiné, presque tendre :
La trace d'une flamme au bord de mes merveilles,
Et le goût d'un baiser que je n'ai pas osé prendre.


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