Bismillah
« J'agrée Allah comme Seigneur, l'Islam comme religion et Muhammad comme prophète. »
رَضِيتُ بِاللهِ رَبّاً وَ بِالإِسْلاَمِ دِيناً وَ بِمُحَمَّدٍ نَبِيّاً.
Radîtu bi-llâhi rabban wa bi-l-islâmi dînan wa bi-Muhammadin nabiyyâ.
Le prophète ﷺ* a dit : Celui qui récitera cette invocation aura droit au Paradis.
As-Sahîhah n° 334.
Assalamou 'aleykoum wa rahmatoullah
Aujourd'hui est le jour tant attendu. L'un des partenariats les plus prestigieuses du marché du bâtiment va enfin être conclu. Durant le weekend, tout le monde y a vivement participé, même Bineta (cousine sorcière de Lamine qui est devenue une fée) a quitté son domicile pour nous prêter main forte à cette occasion. Elle occupe un poste de RH dans une région voisine après avoir réussi son stage dans la boite familiale.
Ne vous inquiétez pas, on saura très bientôt si c'est le loup dans l'enclos ou pas.
Le parfum enivrant du gowé se faisait remarquer de toute part, se mêlant à l'arôme lointaine du thiep bou dieune national qui émanaient de la cuisine. Dans la vaste salle à manger de la villa des NDIAYE, une tension palpable flottait dans l'air, plus dense encore que la chaleur estivale. Lamine, le patriarche, ajusta sa cravate en soie, son regard balayant la table dressée avec une précision militaire. Chaque couvert était parfaitement aligné, chaque verre de cristal étincelait sous la fine lumière qui s'échappait du balcon qui s'ouvre sur le jardin. Rien n'était laissé au hasard, car ce soir, l'enjeu était colossal : la signature du contrat de fusion avec les actionnaires espagnols, un accord qui allait propulser leur empire immobilier vers de nouveaux sommets, ou le précipiter dans l'abîme.
À ses côtés, Soumaya, son épouse, rayonnait d'une élégance discrète dans une robe ample, d'une discrète couleur pourpre. Son sourire, habituellement si chaleureux, était aujourd'hui figé, teinté d'une anxiété qu'elle s'efforçait de dissimuler. Elle jetait des coups d'œil furtifs à son frère, Médoune, qui, malgré son costume, semblait aussi à l'aise qu'un poisson dans l'eau. Médoune, l'artiste, le rêveur, l'âme libre de la famille, a choisi contre tout attente de se vêtir normalement. Mais il a fallu qu'il couronne de tout d'un chapeau tel que celui des danseurs de flamenco. Il était là par obligation, son rôle ne se limitant pas à charmer les invités avec son esprit vif et son humour décalé, une tâche qu'il accomplissait avec une grâce naturelle.
Et puis il y avait Fatima, une femme d'une beauté farouche, aux yeux de braise. Elle était assise à l'écart, près de la fenêtre, sirotant un verre de bissap blanc avec une intensité qui trahissait son agitation intérieure. Son regard ne quittait pas Médoune, une flamme secrète brûlant dans ses pupilles. Fatima aimait Médoune d'un amour silencieux, ardent, un amour qui la rongeait depuis des années, mais que Médoune, dans son insouciance, semblait incapable de percevoir. Pour lui, elle était la sœur de son meilleur ami, une amie elle-même, rien de plus. Et ce soir, la jalousie lui tordait les entrailles, car elle savait que Joana, la fille du puissant actionnaire espagnol, Pablo Vila, serait présente. Et elle savait aussi que Joana, avec son audace et son charme exotique dont elle a eu des échos, ne se priverait pas de montrer son intérêt pour Médoune.
Un coup de sonnette retentit, brisant le silence tendu. Les invités espagnols étaient arrivés. Lamine, avec un beau sourire, se dirigea vers la porte, suivi de Soumaya. Médoune, après un bref regard vers Fatima, qui détourna les yeux, les rejoignit. Fatima resta seule un instant, le cœur battant la chamade, sentant le piège se refermer sur elle.
Senor Vila, cet homme imposant à la moustache soignée et au regard perçant, entra le premier, suivi de sa fille, Joana et de la dame Hernandez. Et là, Fatima sentit son sang se glacer. Joana était une apparition. Une robe rouge flamboyante qui épousait ses courbes généreuses, des cheveux d'ébène ondulant sur ses épaules nues, et un sourire carnassier qui promettait des étincelles. Elle était l'incarnation même de la passion espagnole, et Fatima, dans sa robe vert émeraude, se sentit soudain terne, invisible.
Le regard de Joana balaya la pièce, s'attardant un instant sur le couple de ses hôtes, puis s'arrêtant, avec une intensité presque palpable, sur Médoune. Un sourire malicieux étira ses lèvres, et elle s'approcha de lui avec une assurance déconcertante.
—Médoune, dit-elle d'une voix rauque, sa main effleurant son bras. Ravi de te revoir, j'aime beaucoup ta tenue. Aïe aïe aïe muy macho !
Médoune, visiblement flatté et un peu décontenancé, sourit légèrement.
— Le plaisir est pour moi, Mademoiselle... euh... Joana, répondit-il, un sourire hésitant aux lèvres.
Fatima serra les dents. Elle avait envie de hurler, de jeter son verre contre le mur, de faire quelque chose pour briser cette bulle d'intimité qui venait de se former entre eux. Mais elle resta immobile, prisonnière de sa jalousie, de son impuissance.
Le déjeuner commença. La conversation, d'abord formelle et centrée sur les affaires, dériva rapidement vers des sujets plus légers, sous l'impulsion de Joana. Elle racontait des anecdotes de voyage, des histoires drôles, et son rire cristallin résonnait dans la pièce, attirant tous les regards, y compris celui de Médoune. Il était faussement captivé, fasciné par cette femme libre et audacieuse, si différente des femmes qu'il fréquentait habituellement.
Trop bruyante.
Fatima observait la scène, le cœur lourd. Elle voyait les regards échangés, les sourires complices, un peu trop souvent. Elle sentait la distance se creuser entre elle et Médoune, une distance qu'elle n'avait jamais osé franchir, et que Joana, elle, franchissait avec une facilité déconcertante.
Lamine, soucieux de maintenir le cap sur les affaires, tenta de ramener la conversation sur le contrat de fusion. Mais Joana, avec un geste désinvolte, écarta le sujet.
— Les affaires attendront, Lamine, dit-elle avec un clin d'œil. Ahora, c'est la fête. Ce soir, nous parlerons chiffres et clauses. N'est-ce pas, Médoune ?
Médoune, pris au dépourvu, hocha la tête, un peu gêné. Fatima sentit une bouffée de colère monter en elle. Joana était en train de manipuler tout le monde, de détourner l'attention de l'objectif principal de la soirée, et personne ne semblait s'en rendre compte, ou du moins, personne n'osait la contredire.
Trop génante.
Le repas se poursuivit dans une atmosphère de plus en plus électrique. Les plats circulèrent, les rires fusèrent, et la tension entre Fatima et Joana devint presque palpable. À chaque fois que Joana tombait de rire à côté de Médoune, que ses yeux se posaient sur lui avec une intensité possessive, Fatima sentait une piqûre, une brûlure, une douleur sourde qui la consumait de l'intérieur.
Soumaya, percevant la détresse de sa belle-sœur, tenta de la réconforter d'un regard, mais Raquel était trop absorbée par sa propre souffrance pour y prêter attention. Elle se sentait trahie, non pas par Médoune, qui ne lui avait jamais rien promis, mais par cette situation, par cette femme qui s'immisçait dans sa vie et menaçait de lui voler le seul homme qu'elle n'ait jamais aimé.
Vers la fin du repas, alors que les desserts étaient attendus, Joana se leva, un verre à la main.
— Je voudrais porter un toast, dit-elle, sa voix portant loin dans le silence qui s'était fait. À l'amitié, aux nouvelles alliances, et aux belles rencontres. Et plus particulièrement, à Médoune, qui a su égayer cette journée de sa présence charmante et de son esprit pétillant. J'espère que nous aurons l'occasion de nous revoir très bientôt, collègue. J'ai l'impression que nous avons beaucoup de choses à partager.
Elle lui ôta son chapeau pour la poser sur sa tête. Elle lui lança un regard appuyé, un sourire provocateur qui ne laissait aucune place au doute quant à ses intentions. Médoune, visiblement mal à l'aise, répondit par un sourire timide.
Trop
Fatima sentit une rage froide l'envahir. C'était trop. Elle ne pouvait plus supporter cette mascarade. Elle se leva brusquement, faisant grincer sa chaise sur le parquet. Tous les regards se tournèrent vers elle.
— Je vous demande pardon, dit-elle d'une voix étonnamment calme, malgré le tremblement de ses mains. Mais je crois que j'ai besoin de prendre l'air.
Elle quitta la pièce sans un mot de plus, laissant derrière elle un silence gêné. Lamine la regardait partir, un froncement de sourcils sur le visage. Soumaya, elle, avait un regard de compassion. Le principal concerné, lui, semblait perdu, ne comprenant pas la réaction de Fatima.
Quant à la source de tout ce vacarme, elle afficha un sourire de victoire. Elle avait marqué un point.
Fatima se réfugia dans le balcon opposé à la salle à manger. Elle s'assit derrière un rideau qui la cachait des regards dans son dos, profitant ainsi grandement du vent qui emportait le bout de son voile sans calculer sa destination.
POV DE FATIMA
Je savais que l'amour était beau. Mais décidément, je n'en goutte que la partie amère. J'ai pourtant tenté de l'oublier mais son souvenir persiste, et s'accroche à mon existence plus que jamais. Plus j'essaie de m'en détacher, plus il me résiste. Et le pire est lorsque son parfum m'atteint de loin alors qu'il entre à peine dans le salon. Non, il y a pire. Il y a ces fois ou, sa voix résonne en moi alors qu'il s'amuse avec les jumeaux, m'empêchement de sortir de ma chambre les dimanches. Peut-on être timide à ce point.
Un sentiment de joie et d'amertume se mélangeaient en moi. En sentant mes larmes me dominer, je décide d'appeler Raby, ma jumelle. Elle est devenue ma confidente au fil du temps. J'ai appris à la connaitre et à me reconnaitre en elle.
On discutait calmement parlant de tout et de rien. Je lui racontais aussi ce qui venait de se passait avec Joana. Nous lui avons même donné un surnom : khalé bou rew bi.
— Il y a des gens qui viennent d'arrivée, je vais raccrocher à présent
— C'est d'accord mais ne sois pas triste stp. Je viendrai te rendre visite très bientôt, promis
— Inshaa allah je t'attendrai bisouuu
— Bisou prends soin de toi
Des voix se firent entendre dans la pièce opposée après que la sonnette retentit. C'étaient les gens du bureau accompagnés par 3 représentants espagnols venus pour le contrat. Les salutations et les bienvenus se succédaient avec les présentations. Et c'est dans ce grouillement que Médoune, s'échappe discrètement de la salle à manger pour aller prendre l'air.
POV DE MEDOUNE
J'ai assez animé ce repas qui a duré plus que prévu ! J'ai tellement affiché mon sourire que j'en ai mal à la mâchoire. Sans parler de Joana qui me met dans la sauce à chaque anecdote qu'elle raconte.
Je suivais le vent qui venait de l'autre côté. Il était accompagné d'un doux parfum, le même qui embaumait la maison lorsque je venais d'arriver. Arrivé au niveau du rideau qui s'envolait, j'arrivais à distinguer la personne qui se cachait derrière. Elle était presque immobile, distraite par son téléphone...
Conversation
— Fatima ?
La voix de Médoune la fit sursauter. Il était là, debout derrière elle, son visage éclairé par la lueur que reflète les cristaux décoratifs au soleil.
— Qu'est-ce qui ne va pas ? demanda-t-il, son ton empreint d'une sincère inquiétude. Tu es partie si brusquement.
Elle se releva, essuyant ses larmes d'un revers de main. Elle ne voulait pas qu'il la voie faible, vulnérable.
— Rien, répondit-elle, sa voix cassée. Juste un peu de fatigue. Le déjeuner était... intense.
Médoune s'approcha d'elle, son regard doux et interrogateur.
— C'est à cause de Joana, n'est-ce pas ? demanda-t-il doucement.
Fatima le regarda, surprise. Il avait donc remarqué.
— Elle est... très entreprenante, dit-elle, essayant de masquer l'amertume dans sa voix.
Médoune sourit, un sourire triste.
— Oui, elle l'est. Mais... tu sais, ce n'est pas ce que tu penses, elle n'est pas dans le projet. Je veux dire qu'on n'est même pas collègue, elle accompagne juste son père. Elle ne m'intéresse pas aussi. Elle est trop... flamboyante. Trop... calculatrice.
Notre petite fleur sentit une lueur d'espoir s'allumer en elle.
— Calculatrice ?
— Oui. Elle est là pour les affaires de son père, et elle utilise son charme pour obtenir ce qu'elle veut. Je ne suis qu'un moyen pour elle d'atteindre ses objectifs. Je ne suis pas dupe.
Il fit un pas de plus vers elle, son regard plongeant dans le sien.
— Tu sais, j'ai toujours apprécié ta discrétion, ta sincérité. Tu es... tu es différente.
Le cœur de Fatima battait la chamade. Elle n'osait pas y croire.
— Je... je ne sais pas quoi dire, murmura-t-elle.
— Ne dis rien, répondit-il. Juste... reste là, en l'observant tandis qu'elle fuyait son regard.
Comme je me sentais gêné, je lui ai poliment proposé de faire à prière de asr ensemble. Je ne savais plus quoi dire...
Dans le salon à l'étage, la signature du contrat touchait à sa fin. José et Lamine étaient en pleine discussion, au moment où le adhan se faisait entendre depuis son téléphone. Soumaya souriait, satisfaite. Elle en a profité pour distribuer des petits cadeaux composés de produits locaux. Joana, elle, cherchait Médoune du regard, un froncement de sourcils sur son visage. Elle avait l'impression d'avoir perdu à son propre jeu, sans comprendre pourquoi.
Le parti espagnol fit ses aurevoirs à la famille NDIAYE en les remerciant encore pour cette belle journée et surtout ce bon repas.
POV DE SAKINA FAYE (Mère de Khadija)
La soirée débute bien dans mon foyer. Le chant des oiseaux que l'on entend dans l'ombrage des bananiers qui ornent la cour vient casser le silence du coin. Par sa douceur infinie, Assia leur dépose chaque matin deux petits plateaux de graines comestibles et de l'eau en cette période de chaleur.
Assia, qu'est-ce qu'elle a grandi ! Après la disparition de sa sœur, elle ne trouvait pas goût à grand-chose. Elle se sentait seule malgré que je sois là. Mais avec l'aide de nos proche elle s'en est remise petit à petit. Sa cousine Gnilane a quitté le village avec son frère Ahmed Aly qui devait commencer ses études supérieures. Ils nous tiennent compagnie mais Aly préfère s'installer au campus universitaire. Il passe ses weekends à la maison et nous appelle très souvent.
Je me dépêche d'aller ouvrir la porte. La sonnette retentissait au moment où je terminais ma prière. J'ouvre la porte et je tombe sur un monsieur, grand de taille. Il est de dos mais j'arrive facilement à le reconnaitre avec sa barbe si bien entretenu et l'odeur de ce musc que je reconnais de lui....
—Imam !
....
N'oubliez pas de toucher la petite étoile.
🌟😉
VOUS LISEZ
Soumaya,l'épreuve de la foi
Ficción GeneralSoumaya, fille d'un imam respecté, grandit dans l'ombre des enseignements religieux de son père. Mais lorsque la vie lui impose des épreuves inattendues - pertes, doutes et défis -, elle découvre que la foi ne se limite pas aux mots, mais se renforc...
