|Chapitre 8|

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-Mademoiselle, il faudrait que vous passiez demain au poste de police. Nous avons quelques questions à vous poser, mais on vous laisse cette soirée pour vous remettre. Il faudrait juste que je prenne vos cordonnés, me dit l'agent.

Je hoche la tête, et lui donne ce qu'il veut savoir d'une toute petite voix, avant qu'il ne me quitte.

J'ai l'impression d'être un personnage de film et que tout ceci n'est pas réel. Les gyrophares des voitures de polices et d'ambulances reflètent sur les vitres du balcon pendant que les policiers s'activent à l'endroit où le corps à été trouvé. Ils prennent aussi des dépositions d'invités qui auraient aperçus la victime juste avant le meurtre, du moins c'est ce que j'ai cru entendre.
Je ne sais pas trop où est le reste d'invités. Je crois qu'ils ont été évacués quand les secours ont été appelés. Je ne sais même pas où est ma mère. Et je ne sais même pas si elle sait ce qu'il se passe. Mon téléphone n'a plus de batterie et je n'ai pas osé demandé aux policiers.
Je suis juste assise là, sur un rebord, une couverture posée sur mes épaules tremblantes. Mes cheveux sont en bataille, mon maquillage a coulé et mes yeux sont encore embués de larmes. La lune me fait parvenir ses rayons lumieux sur ma robe, traçant de larges bandes irrégulières.

Je ne comprends pas. Tout est mélangé dans ma tête. Je me suis pincée, et même giflée! Mais je ne me suis pas réveillée de ce cauchemar. Je revois ce visage. Ce visage blaffard. Ces boucles brunes et ce costume. Je revois Cody. Cody et ses grands yeux ouverts. Cody qui, quant on palpe son poux et à qui on fait des massages cardiaques ne se réveillent pas. Cody qui dort profondément et qui ne se réveille pas. Qui ne se réveilleras plus jamais.

Puis je pense à sa famille. Sont-ils au courant ? À l'heure qu'il est je le pense. Ella. Au non, il y a Ella aussi. Le chagrin me prend vivement et des larmes menancent de couler.

Je sens une main se posé sur mon épaule. Je me retourne et découvre Ethan. Il me regarde tristement et tente d'esquissé un sourire. Je ne sais pas trop pourquoi il est là, mais je m'en fiche. Il est juste là et c'est ce qu'il compte. Un visage familier. Il me murmure quelques mots à l'oreille. Je n'arrive pas à tout saisir, mais je crois qu'il a pu venir jusqu'au balcon parce que ses parents ont organisé cette soirée, et qu'il est venu me récuperer. Je crois avoir aussi compris que ma mère avait bien du quitter la salle avec tous les autres convives.
Il me tient par la main et me fait traverser le jardin. Il m'emmène jusqu'à sa voiture, je présume. Je ne fais pas trop attention à ce qui m'entourne. Les lumières m'agressent plus qu'autre chose.

Je suis là sans être là. Présente physiquement, mais intérieurement Allie est partie. Très loin.

Je parviens à me hisser sur le siège, et une fois qu'Ethan à refermé sa portière, je m'abandonne au chargrin. Saletés de larmes-và ! Et je pleure pendant de longues minutes. De puissants bras m'encerclent. Ils sont chaleureux et me font sentir en sécurité. Une odeur de parfum pour homme me chatouille les narines, tandis que j'enfonce un peu plus mon visage dans l'entreinte. Nous restons un bon moment comme ça avant qu'Ethan redémarre. La route se fait silencieuse et mes yeux commencent à se fermer petit à petit.

🌜* 💄* 🌛

-Allie ? Allie... On est arrivés.

-Mmh, grommélé-je.
J'entrouvre les yeux, m'étire et baille. Pas très glam-glam tout ça! Mais après ce qu'il s'est passé, je n'ai pas la force de ne serait-ce qu'aborder un sourire plein d'entrain.
Je remercie sincèrement Ethan puis sort de la voiture. Je regarde celle-ci s'éloigné au loin dans un bruit presque assourdisant, cassant le silence de la rue.
La rue est déserte et plongée dans le noir. Seuls quels que lampadaires de part et d'autre, illuminent faiblement la rue. Je cours jusqu'à mon porche et ouvre la porte avec la clé.

La lumière du salon est allumée. Je me rends jusqu'à la pièce et découvre ma mère assise sur le canapé, en peignoir avec une tasse de café fumante. Ses traits du visage sont creusés par la fatigue, l'angoisse et... la peur? C'est ce que je ressens moi aussi, tout ça mélangé à d'autres émotions indescriptibles.

Lorsque ma mère m'apperçoit son visage s'illumine.

-Oh ma chérie ! J'ai eu tellement peur !
Elle court et me prends dans ses bras. Je la serre un peu plus. Elle semble si fragile !

-Quand on nous a dit de vite partir, j'ai tout de suite compris qu'il se passait quelques chose. Des gens pleurés et on nous a pas laissés le temps de riposter ou de demander ce qu'il se passait. Quand tu n'est pas partie avec moi, j'ai eu vraiment peur et je croyais qu'il t'étais arrivée quelque chose ! Mais Ethan ma rassuré sur ton état, et il a dit qu'il te rammenerait à la maison. Alors je l'ai laissé faire et je suis partie avec Lisa son mari et Maddison, souffle-t-elle, toujours sérrées dans l'encollade.

On s'assoit alors sur le fauteil et je raconte tout à ma mère entre deux sanglots. La soirée avant le meurtre, quand j'ai découvert Cody mort puis après avec les agents. D'ailleurs demain ils doivent me poser des questions.
Ma mère me berce dans ses bras, et me dit que tout vas bien se passait et qu'il vont retrouvé l'ignoble personne qui a fait ça. Il ne faut pas s'inquiété me précise-t-elle.

Comment voulez-vous ne pas vous inquiété quand votre ami s'est fait tué ?

Et que le meurtrier est parmi nous...

...Qu'il peut être votre voisin, le marchand à qui vous achetez des légumes ou même votre ami... !

...Tout le monde est suspect...

...À qui se fier... ?

...À qui faire confiance maintenant... ?

            ~ Mem ~
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Moon And Lipstick For A Perfect Murder [En Pause]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant