Parvenir jusqu'à Connors ne fut pas aisé, car tout le monde refluait vers la verrière, dans un désordre confus et paniqué, suite à l'annonce tout sauf diplomate de Kaine. Décidemment, cet homme était peut-être un très bon combattant, mais niveau tact et discrétion...il pouvait repasser ! Il s'était contenter de réveiller tout le monde en beuglant que le site était contaminé et qu'il fallait évacuer immédiatement...d'où la panique hagarde des pauvres survivants déjà bien éprouvés.
Nous ne fûmes autorisés à entrer, qu'une fois les personnes à risque identifiés et l'accès à cette partie de l'usine grossièrement obstruée à l'aide de tout un tas d'objets hétéroclites, entassés pêle-mêle devant la porte. Au final nous n'étions plus que huit, dont Isy, Justin et Connie.
— Quel est le mode de transmission exact de ce virus, demandai-je à Lynch tandis que nous approchions de Connors, toujours dans la même position que lorsque je l'avais quitté à peine une heure auparavant.
— Par contact. Avec tous ce qu'une personne malade a touché, le taux de contamination atteint les 50 pourcents. Mais s'il y a contact directement peau à peau...un simple effleurement peut suffire et là, le risque d'être infecté passe à 90 pourcent, m'expliqua-t-il d'un ton clinique et impersonnel tandis qu'il fixait la silhouette de Connors d'un regard vide.
— En résumé...nous sommes tous condamnés, résuma Connie d'une voix triste mais résigné, debout à quelques pas de là, n'osant visiblement pas s'approcher plus près.
— Vous avez du matériel médical ici ?! demandai-je d'une voix un peu sèche et plus autoritaire que je l'aurai voulu.
— Que l'essentiel...dans une caisse là-bas, me répondit Lynch sur le même ton, en m'indiquant le centre de la pièce d'un signe de tête.
Je refusai de me laisser abattre, me dis-je rageusement tandis que je me dirigeai d'une démarche difficile vers la table de fortune. Ce serai si facile, de baisser les bras et d'attendre docilement l'issue fatale. Je me battais d'autant plus, parce que quelque part au fond de moi...j'en avais envie. Ce serait si commode, d'aller m'assoir dans un coin et d'attendre...enfin du repos et le confort de ne pas avoir à prendre de décisions. Mais cela aurait été une attitude lâche et irresponsable. D'autant plus que Connors avait peut-être tout autre chose de potentiellement soignable et que si ce n'était pas ce fichu virus, nous pourrions tous sortir de cette pièce et commencer à élaborer un plan pour porter secours à nos amis.
Je trouvai ladite caisse, posée à même le sol et en profitai pour augmenter la luminosité, puis je me mis à fourrager dans le capharnaüm avec un soupir excédé. Au bout de cinq minutes de recherches stériles, ne sachant pas vraiment de quoi j'aurai besoin, je jugeai plus utile de prendre carrément le carton. Malgré la faible distance, j'arrivai essoufflée au chevet de Connors et c'est avec soulagement que je m'agenouillai près de lui. Je réussi à dénicher une paire de gant et un masque et c'est affublé de mes protections dérisoires et quasi inutiles que je m'approchai de lui, le cœur battant la chamade.
Mon premier geste fut d'éclairer son visage pour voir si le saignement avait repris...non, à mon grand soulagement. Je lui posai la main sur le front, appréhendant de le découvrir brulant...mais non. Mais il fallait bien avouer qu'avec des gants, s'était compliqué de se rendre compte de la température de quelqu'un.
— Dites-moi que vous avez un thermomètre dans ce bazar ? demandai-je en me rendant compte que c'était la première chose que j'aurai dû chercher.
— Oui, mais je ne te promets pas qu'il ne sera pas cassé, me répondit une jeune fille que je ne connaissais pas.
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Isolated System - Tome 1
Science Fiction*Vainqueur du concours Award Rentrée 2016 dans la catégorie science-fiction* Hayden fait partie des survivants. Descendante des quelques centaines de chanceux, rescapés du grand cataclysme ayant ravagé la terre, une centaine d'années auparavant...
