*Flash-back de Mary*
Nous sommes en 2006 et je viens d'avoir vingt-quatre ans... Cela a vraiment été une année pourrie. Ma grand-mère est morte, ma grand-mère dont j'étais si proche. Je pouvais lui parler de tout et n'importe quoi, elle ne m'aurait jamais jugée. Quand j'avais gagné ce concours, la première édition du concours « Miss & Mister Dance », c'était la seule à m'avoir soutenue. Elle avait convaincu mes parents de me laisser ma chance. J'avais alors tout plaqué pour rejoindre New York, la ville des talents. Je me suis vite acclimatée à l'ambiance de ma nouvelle école, aux gens, au milieu cruel qu'était la danse et qui l'est toujours d'ailleurs. Je me suis rapidement fait un nom. A vingt ans, j'étais déjà connue par toutes les personnes intéressées par la danse. En plus de cela, j'apparaissais en première page de multiples magazines qui glorifiaient mon talent, ma personne et mon égo.
Puis vint l'année de malheur, celle où rien ne vous réussit et où vous n'arrivez à rien faire. Pour commencer, mon fiancé m'a quittée pour une autre femme qui se trouvait être mon ancienne professeure de danse. Par la suite, je me suis foulée la cheville, ce qui m'a fait sortir du circuit pour l'année 2006. Puis, ma grand-mère mourut...
J'ai fait la une des journaux : la grande « Mary Gaster », trompée et humiliée par un grand nom du cinéma, s'est malheureusement foulée la cheville. Malheureusement, excepté pour ses concurrentes qui n'avaient pas la moindre chance face à elle. Tout le monde lui prédisait que c'était l'année où elle aurait été au sommet de sa gloire. Mais la pauvre Mary avait dû abandonner pour cause personnelle.
Je suis rentrée à Genève, ma ville natale, là où se trouvait ma famille. Celle qui ne m'avait jamais pardonné de l'avoir abandonnée. J'ai assisté tristement à l'enterrement de la personne que j'aimais le plus au monde. Je m'interdis d'abandonner, ce n'est pas ce qu'elle aurait voulu. Je dois retourner à New York et leur montrer de quoi je suis capable. Je vais le faire pour elle, mais aussi pour moi. Elle aurait voulu que je sois heureuse et je veux l'être. Mais, avant de partir, je me suis rendue dans l'école de danse qui m'avait tout enseigné.
J'entre dans le bureau de mon ancienne professeure de danse, Madame Callie. Une merveilleuse professeure. C'était et c'est toujours la meilleure école de danse de Genève. Il faut avoir un sacré bon niveau pour pouvoir rien qu'y passer une audition.
- Mary, je suis si contente de te voir. Cela fait tellement longtemps.
- Moi aussi, vous m'avez tellement manqué !
Elle s'approche et me serre dans ses bras si maigres mais d'un si grand réconfort. Je verse quelques larmes dans son pull. Elle me caresse le dos en me soufflant que tout va bien se passer. Lorsque je me sens enfin prête, je recule et la regarde. Je vois bien que quelque chose ne va pas. Je ne pourrais pas dire ce qui cloche mais je le sens... Que va-t-il se passer ?
- Mary, je dois te parler, assieds-toi.
Je m'assois sur une chaise face à son bureau. Elle me regarde puis prend une grande inspiration.
- J'ai un cancer...Je vais mourir et je l'ai parfaitement compris. Je suis en stade terminal, il n'y a rien à faire.
Une larme roule le long de ma joue en laissant une traînée saline sur ma peau rosée. J'essaie de rester forte pour elle, je n'ai pas le droit de m'effondrer maintenant.
- Le problème c'est qu'il n'y a personne pour reprendre cette école...C'est la gloire de ma vie. Je ne veux pas l'abandonner. Tu sais, une élève me fait penser à toi, elle a un tel niveau. La seule autre fois où j'ai vu ça, c'était avec toi. Regarde ce que tu es devenue. Tu peux être fière de ce que tu as accompli et je le suis autant que ta grand-mère. Cette fille a besoin de quelqu'un qui sera son guide, son mentor, son amie, son héroïne. Je ne pourrai pas être cette personne. Ecoute, tu es la meilleure danseuse que je n'ai jamais connue. Tu n'es pas seulement une génialissime danseuse, tu es aussi notre héroïne, notre mascotte, notre signe de réussite, notre but. Tu es aussi une personne de confiance. J'ai l'honneur de te demander de reprendre l'école et de soutenir cette petite fille, d'être là pour les autres professeurs. Il n'y pas meilleure candidate que toi. J'ai confiance en toi.
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Rose
Jugendliteratur« Je ne suis qu'une fille ordinaire pourtant passionnée par la danse. Je ne pourrais même pas qualifier la danse d'une passion mais plutôt de ma vie. Je n'ai que cela dans la vie jusqu'à que deux personnes extraordinaire entrent dans celle-ci... » V...
