Chapitre 11

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Au réveil je me sens mieux et le reste de la matinée passe très vite, je n'ai pas eu d'autres appels bizarres je suppose que Jane avait raison je m'inquiète pour rien.
- On déjeune ensemble ?
- Je pensais prendre un sandwich et aller travailler à la bibliothèque cet après midi.
- Comme tu veux. Je vais appeler Davis alors ?
- D'accord.
Je ne vois pas beaucoup Davis en ce moment il passe son temps à préparer son audition pour le music hall, il me manque mais mes projets aussi sont sur le point de se concrétiser et il faut que je me prépare. J'avale mon sandwich au poulet et je file à la bibliothèque. Il n'y a pas beaucoup de monde à cette heure de la journée et c'est tant mieux. La bibliothèque est immense, je suis apaisée par le calme de l'endroit et l'odeur de vieux papiers qui s'en dégage. Je prends plusieurs bouquins ainsi que des vieux journaux afin de travailler la structure et le contenu d'un bon article. Je ne vois pas l'heure passer. Je m'attarde sur les journaux du Times et passe en revue les différentes rubriques. Je baille et je sens que mes paupières sont lourdes, cela fait des heures que je travaille et un peu de repos ne me ferait pas de mal. Pourtant je veux à tout prix réussir ces entretiens alors je me lève et me sert un café bien corsé. Son goût amer me booste. Je me sens à nouveau d'attaque. Prête à en découdre avec mes concurrents.

Le soleil décline dans le ciel et le café ne fait plus effet je m'assoupis le nez dans mes livres.
- Lucie...Lucie.
Cette voix, j'aime cette voix.
Une main délicate caresse ma joue, j'aime la finesse dont elle fait preuve. J'ouvre les yeux et je suis surprise de trouver Evan accroupit à ma hauteur.
- Je ... Pardon j'ai dû m'endormir.
- Vous n'avez pas à vous excusez.
La faible lumière assombrit son regard il est encore plus beau qu'à la lumière du jour, plus sauvage. Son regard glisse sur mes lèvres. Une tension s'installe, une tension sexuelle.
- Je vais y aller.
- Vous rentrez comment ?
- Jane va venir me chercher.
- A cette heure ?
Je regarde ma montre. Il est une heure du matin. Je tente d'appeler Jane mais elle ne décroche pas et Davis non plus.
- Cela m'ennuie de vous demander ça mais...
- Je vais vous ramener.

Nous nous dirigeons en silence vers le parking des enseignants. Il sort les clés de son Audi A3 noire. Elle est très belle, très masculine et confortable de surcroît.
Il roule doucement ce qui me surprend quand on remarque la voiture qu'il possède. Nous échangeons quelques mots sur les rues de New York et la peuplade de touristes à cette époque de l'année.
Quand nous arrivons en bas de chez moi je n'ai pas envie de sortir de la voiture je veux que ce moment dure une éternité. Je décide de rompre le silence palpable.
- Bon je vais rentrer.
Je détache ma ceinture et m'apprête à sortir de l'Audi mais il m'arrête.
- Lucie attendez ... Vos entretiens vous les avez préparés ?
Quoi ?
- Oui, j'ai travaillé dessus toute la journée. Et la suite vous la connaissez.
- Bien.
- Bien.
- Je ne peux pas faire ça, chuchote-il.
- Faire quoi ?
- Passer du temps avec toi. C'est mal.
J'ai les larmes aux yeux pourtant je ne peux pas partir comme ça. Pas avec le regard qu'il me lance. Je m'apprête à me pencher vers lui, mais il me devance. Il dépose un délicieux baiser sur ma joue sa main s'attardant sur l'autre, quand il laisse glisser sa tête pour me faire face, j'ai une furieuse envie de l'embrasser. Je sens son haleine acidulée et sa respiration s'accélérer, je le regarde avec insistance pendant qu'il fait glisser sa main sur ma nuque. Ma respiration est saccadée. Je mords ma lèvre inférieure. Lui me regarde avec la même intensité.
- Je ne peux pas faire ça, répète t-il, sa main quittant ma nuque.
- Pourquoi ?
- Tu devrais rentrer.
- Evan...
- S'il te plaît, rentre chez toi.
Son ton a changé, il est sec, la tension retombe d'un coup, je suis déçue mais je me résigne à quitter l'habitacle.
- Bonne nuit Evan.

Il part sans même m'adresser un mot. Je rentre à l'appartement complétement abasourdi par cette fin de soirée. Je me couche en pensant à ce qui aurait pu se passer si je n'étais pas sa putain d'étudiante. Pour une fois que je trouve un mec bien, intelligent, sexy, voilà qu'il est maintenant trop respectueux. Mais j'aime cette idée il est différent de tout ce que j'ai pu connaître et ça attise mes sens.

Columbia : L'amour au delà de l'interdit.Où les histoires vivent. Découvrez maintenant