Nolan enleva ses chaussures trempées comme l'avait demandé le garçon avant de sortir. Il les déposa laissant de grosses traces sur le parquet, puis retira sa veste imbibée d'eau pour la poser sur le petit rebord sous la fenêtre.
Mais n'était-ce pas imprudent de la part du garçon de laisser un inconnu seul dans sa chambre sans surveillance ? Remarque, rien de cette situation n'était réellement prudent ou censé...
Il tourna la tête et explora la chambre du regard.
Juste en face de lui se trouvait un bureau et une chaise avec au dessus une immense bibliothèque comme il n'en avait jamais vue auparavant, montant pratiquement au plafond, incrustée dans les murs et s'étalant sur une bonne partie de la chambre.
Entre les étagères gorgées de livres se baladaient de fines guirlandes lumineuses qui apportaient un peu de chaleur.
Beaucoup de dessins étaient aussi accrochés aux murs, des paysages, des portraits... il aurait aimé s'approcher pour les voir de plus près mais n'osait pas bouger, alors il les contemplait de loin, essayant de deviner les détails de chacun.
Un grand lit était collé au mur à droite, avec les draps défaits et les couvertures trainant par terre.
En observant plus attentivement, il remarqua quelque chose qui l'intrigua : Une fenêtre derrière lui, une sur les deux mur à ses cotés, une quatrième plus petite en hublot au dessus du lit, et une autre de même forme sur la porte.
Cela faisait donc cinq au total.
Mais s'il comptait bien, la pièce était un octogone et l'extérieur montrait une fenêtre sur chaque face.
Étaient ce de fausses fenêtres à l'extérieur ? Ou bien condamnées par les murs ?
Décidément, cette maison restait fidèle à elle même jusqu'au bout : un véritable mystère.
Quoi qu'il en soit, il aimait bien cette chambre aux aspects de chalet.
Elle était mignonne, joliment décorée, et avait une ambiance agréablement chaleureuse.
La porte s'ouvrit et sans qu'il s'y attende, Nolan reçut deux serviettes au visage.
– Merci, articula-t-il bien que secoué.
Le châtain s'appuya contre son bureau, lui faisant face.
Aucun des deux ne parlaient et Nolan se sentit rapidement mal à l'aise, dévisagé ainsi.
Il voulait essayer d'engager une discussion, mais ne savait pas comment s'y prendre.
Ce n'était pourtant pas dans ses habitudes d'être aussi peu confiant pour parler à quelqu'un, lui qui était si sociable et sans-gêne. Mais il ne pouvait pas s'en vouloir, vu la situation pour le moins... inhabituelle.
Il eut soudain une illumination :
– Ah oui et... je m'appelle Nolan.
Il sourit, espérant une quelconque réaction en retour, mais rien.
Le châtain n'avait pas bougé d'un poil, ses yeux verts le transperçaient toujours avec méfiance.
Bien, c'était un échec.
À moins que...
Le garçon commença à bouger ses lèvres, s'apprêtant à enfin dire quelque chose, mais il se stoppa et détourna le regard.
Au final, le blanc persistait.
Nolan, toujours aussi gêné, commença à s'essuyer les cheveux, descendant vers sa nuque puis passa sur son visage.
On entendait toujours les gouttes s'abattre sur le toit avec la même intensité, formant un bruit de fond qui comblait tant bien que mal ce silence.
Il soupira doucement, il pouvait presque entendre dans sa tête la voix d'Alan lui hurler dessus : "Mais putain qu'est ce qui t'a pris ?! Nolan tu vas trop loin !"
Il était allé trop loin ? Sûrement.
Mais bizarrement, il n'arrivait pas à s'en vouloir, c'était plus fort que lui.
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Le Petit Prince
Teen Fiction"Le château fou". Voici le nom qu'avaient choisis les citadins pour désigner cette maison farfelue qu'on voyait émerger du coeur de la forêt au loin, au dessus de la crique. Personne ne savait grand chose sur la famille qui y habitait et la plupart...
