- Bonjour Mademoiselle.
- Bonjour.
- Alors... Je vais demander à vos parents de quitter la pièce.
Je vois maman et papa partir sans un mot, ni un regard.
- Merci beaucoup, reprend-elle
- Vous savez ce que j'ai ?
- Oui oui on a déjà une petite idée mais on va d'abord te réexaminer avant de se prononcer.
- Mais c'est grave ?
- On ne dira rien avant d'être sûr.
- Bon, d'accord.
J'avoue que je suis un peu déçue.
- Donc maintenant je vais t'ausculter.
- D'accord.
- Je vais te demander de t'asseoir sur le bord du lit.
J'essaye de m'asseoir... Impossible... Mes jambes ne suivent pas. Je n'arrive pas à les bouger. La panique me gagne. Les larmes me montent aux yeux. Je n'arrive pas à contrôler mes larmes qui commencent à couler le long de mes joues.
- Euh, je n'arrive pas à bouger mes jambes !
- Restez-la. Ne bougez surtout pas. J'appelle des infirmiers !
Ca doit être normal... Je ne vais pas rester comme ça... Non non impossible ! Je les entends. Ils arrivent. J'ai vraiment peur.
- Bon alors mademoiselle, ne paniquez pas, on va bouger vos jambes et vous allez me dire si vous sentez ce que l'on fait. Alors ?
Je ne sens absolument rien. J'éclate en sanglot.
- Je ne sens vraiment rien. Dites moi juste que vous ne m'avez pas touché et que donc c'est normal que je n'ai rien senti. S'il vous plait...
- J'aimerai bien vous le dire, mais... ce n'est pas le cas. Je suis désolée mademoiselle.
Ils continuent à me faire des tonnes de tests, mais tous donnent le même résultat... Je ne sens rien. Absolument rien.
- Bon on va aller regarder nos résultats et on revient vous voir.
J'acquiesce, impossible de prononcer le moindre mot. Je vois la chirurgienne parler avec mes parents, je n'entends pas ce qu'elle leurs dit, les battements de mon cœur s'accélèrent, le stress monte en voyant dans les yeux de ma mère une mauvaise nouvelle. On toque à la porte...
- Mademoiselle, j ai le regret de vous apprendre qu'à cause de votre chute, vous avez perdu l'usage de vos jambes.
Et là tout s'effondre... J'avais peur que ce soit ça mais je trouvais des excuses pour me rassurer mais bon... C'est le pire. Ce que je croyais impossible est arrivé. Je me voyais déjà championne Olympique de gymnastique, c'était l'avenir que l'on m'avait prédis... Comme quoi, ça n'arrive pas qu'aux autres...
- Nous sommes désolés, on va vous laisser avec votre famille.
- Oui merci.
Mes parents arrivent avec un fauteuil roulant. UN FAUTEUIL ROULANT. C'est après l'avoir vu que je me rends vraiment compte de la gravité des choses. C'est affreux. Et là, ma mère s'effondre dans mes bras, suivie de mon père. Je ne sais plus quoi faire. Je suis perdue entre les pleurs de mes parents. Le temps s'est arrêté, je n'arrive pas à mettre de mots sur mes sentiments.
Maman : Bon, allez, j'arrête de pleurer. Ça suffit. Comment te sens-tu ?
Moi : Ca pourrait aller mieux... mais bon, c'est trop tard...
Maman : Ne t'inquiètes pas ma chérie. Le chirurgien m'a dit que l'on pouvait te ramener à la maison, on y va ?
Moi : D'accord maman.
Mon père me porte et m'installe sur le fauteuil. J'essaye quand même de bouger les jambes, mais non, rien ne se passe. Je me mets a pleurer. J'abandonne. Je ne marcherai plus. Jamais. On arrive à la voiture. C'est la grosse galère pour rentrer... Je me rends compte que ma vie a basculé d'un côté dont je ne connaissais pas l'existence et je ne sais pas si ça va me plaire... Pendant le trajet je m'endors. Je me réveille une fois arrivée à la maison. Ma chambre est a l'étage, ça va être compliqué ça aussi... Je m'en veux tellement de faire vivre ça à mes parents. Mon père me porte jusqu'à ma chambre et je me rendors. Quand je me réveille je ne sais absolument pas l'heure qu'il est, ce que je sais c'est que ma chambre est rangée. Pour moi tout ce qui s'est passé ces derniers jours n'est qu'un mauvais rêve... Les volets sont ouverts et mon téléphone portable est à coté de moi. Je l'allume et je me rends compte que la compétition s'est passée il y a déjà plusieurs jours. J'ai plein de messages, toutes les filles de l'équipe, toute ma famille, tous mes amis du lycée... Bon, ok, presque tous les amis que j'ai au lycée sont des garçons car je n'aime pas l'hypocrisie de la majeure partie des filles de mon lycée. Kylie ce n'est pas pareil, je la connais depuis que je suis toute petite, je ne le lui ai jamais dit mais elle est comme ma sœur.
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Nouveau départ
RomanceBonjour, j'ai commencé à écrire il y a quelque temps (je n'ai pas encore le titre définitif) et j'espère avoir des avis pour savoir ce que je peux améliorer. Donc c'est l'histoire d'une jeune gymnaste américaine qui fait une chute qui l'handicape à...