Ouverture facile

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Quand elle se réveilla, Ken dormait encore, elle se leva sans bruit et s'habilla. Laura enfila un legging, des baskets et une brassière de sport et referma la porte.

La salle n'était pas très loin, et courir au début, l'échauffait pour la suite. La salle n'était pas vraiment bondée à cette heure-ci de la matinée; il y avait juste quelques personnes. Laura s'approcha du tapis de course et monta dessus. Elle enfila ses écouteurs et augmenta peu à peu la vitesse. Laura savait qu'elle ne sentirait pas ses muscles tirailler tout de suite et en profita pour vite s'échauffer et se défouler. Toute la difficulté de sa semaine s'évaporait et elle se vidait la tête, elle respirait de moins en moins facilement, mais c'était agréable. Le tapis défilait vite sous ses pieds. Au bout de dix minutes à sprinter, elle s'arrêta petit à petit pour s'immobiliser et sortir. La salle s'était un peu plus remplie.

Laura continua à se dépenser pendant encore trente minutes et essuya la sueur qui coulait sur son front. Elle récupéra son sac et le remit sur son épaule puis sortit.

Le temps était frais dehors, elle partait se doucher et Laura irait ensuite réviser à la bibliothèque universitaire.

Ken était partit, il avait refait le lit et laver la vaisselle.
Laura déposa tout dans la panière à linge et entra dans la cabine de douche.

Elle savait bien que ses partielles étaient terminées, et que son année était maintenant finie, mais elle qui était avide de son domaine, décidait tout de même d'aller flâner à la BU (bibliothèque universitaire) pour recueillir plus de connaissances et approfondir ce qu'elle connaissait déjà.

Elle enfila un pantalon large en toile, avec un tee shirt et des baskets. Elle fourra son bloc-notes et sa trousse dans un sac et sortit de son appartement.

Il faisait plus frais, et le ciel était blanc. Avec de la lumière, mais sans aucune once de bleu.

En cette fin d'année, la bibliothèque était vide, et seuls quelques étudiants planchaient sur leurs thèses.

Laura s'installa dans un coin et disposa ses affaires puis attrapa quelques livres de sa prochaine année. Elle épluchait la table des matière tranquillement, quand Eléonor apparut.

- Ça fait longtemps que je t'ai pas vu! Dit Eléonor avec un grand sourire, comment tu vas?

- Bien et toi? Ouais j'étais occupée avec des potes. Alors, cette année?

- Bien, bien, tranquillement. Et toi?

- Je pense que les partielles se sont bien passées.

Son téléphone vibra:

De: Ken

Soirée à 21h chez moi, tu viens?

De: Laura

Ça marche

- C'est qui? Demanda Eléonore.

- Un ami.

- Rien de plus?

- Léo, tu es une fouine, rit Laura.

Son ami rit, et reposa sa tête sur ses cours.

- On va manger? Proposa Laura.

- Ouais, je connais un super bon burger pas loin, pas trop cher.

Laura n'avait jamais autant mangé. Jamais. Les frites au fromage l'avaient achevés. Elle rentrait chez elle, quand elle aperçut Ken, qui l'attendait.

- Ken? Qu'est-ce que tu fais là?

- Rien, je me sentais pas des masses bien, tu veux bien qu'on discute?

- Ouais je t'en pris, monte. Elle le laissa avancer, c'est gentil d'avoir fait la vaisselle et le lit et tout...

- C'était normal.

- Dis moi ce qui va pas?

- Je sais pas, j'étouffe. Je stresse pour l'album, je sais pas, je flippe...

Laura l'écoutait, elle regardait comment ses mains s'essuyaient sur son jean.
Il peinait à trouver ses mots, debout au milieu de son salon.
Elle l'observa et s'approcha.

Ken était anxieux. Elle n'était pas au courant, et ne s'en serait jamais douté non plus.

- Tu devrais arrêter d'y penser Ken, ce que tu écris est super, tu as installé un haut niveau avec Feu, tu réussiras à le maintenir.

Il regardait le sol, les sourcils froncés. Elle posa sa main sur sa joue pour le forcer à la regarder.

Il doutait encore, mais voir Laura, avec une certaine quiétude quand à sa réussite, le calma.

Il respira et sourit.

- Viens, on se matte une série, dit elle doucement.

Elle s'installa sur le lit et alluma la télévision.
Ken grimpa sur le lit et s'assit à côté d'elle. Elle regardait la télé, à la recherche d'une série, Ken en profita. Il voulait de la tendresse, il voulait être rassuré, et Laura avait l'air apte à remplir ses attentes.

Il se drapa autour d'elle, les jambes entrelacées avec les siennes, les bras autour de sa taille, la tête dans son cou et le regard posé sur l'écran.

Laura déposa sa main sur ses cheveux et caressa sa tête distraitement. Elle sentait bien le coeur de Ken battre furieusement, et le garder auprès d'elle jusqu'à ce qu'il se sente apte à aller de l'avant de nouveau.

La série commença, et Ken ne s'en serra que plus autour d'elle. Elle ne disait rien, et laissait Ken se ressourcer, sans un mot.
Elle comprenait bien ses besoins: c'était une brute, et même Les brutes ont besoin d'être au calme, à l'abri quelques temps.

- Je sais pas pourquoi je suis comme ça, je suis désolée.

- C'est pas compliquée à comprendre: tu te montres comme une brute, comme un mec violent et déchiré tout le temps, tu joues la dessus, sur ce que ça t'amène, et forcément au bout d'un moment, t'as besoin de te recoudre sauf que quand t'es trop abîmé, tu peux plus te recoudre seul, du coup tu as besoin de quelqu'un.

Elle avait sortit ça d'une traite, sans trop quitter les yeux de la télévision.

Ken se sentait très à nu, il se sentait découvert, et la voix compréhensive et sans jugement de Laura, l'avait conforté sur elle.

Il releva la tête et l'embrassa fort.

Mais il n'y avait aucun désir sexuel, il y avait juste énormément de reconnaissance, et beaucoup de force.

- Ça va ? Demanda-t-elle.

- Je t'aime.















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