Après quelques jours passés à l'hôpital, Martin était rentré chez eux. Les deux hommes avaient décidés de vivre ensemble bien que le déménagement ne sois prévu que dans quelques semaines. Il avaient besoin l'un de l'autre, mais Martin avait surtout besoin que l'on veille sur lui. Yann quant à lui avait du retourner au lycée dès le lendemain, n'ayant pas de grandes séquelles. Il avait fait promettre à Oliver de ne parler à personne de ce qu'il s'était passé, même pas à la directrice. A son retour, le professeur avait du affronter les regards aussi étonnés de la part de ses collègue que des adolescents et avait eu droit à des questionnements de la part de ses élèves. Il faut dire que Yann n'était pas du genre à se faire remarquer : toujours habillé simplement pour se fondre dans la masse, il n'était pas du tout du genre à se battre, il était aimé de tout le monde alors cet hématome et son absence avait raison d'en inquiéter plus d'un.
- Vous allez bien monsieur ? avait demandé une de ses élèves lors de son premier cours de la journée.
- Oh ça ? c'est rien, c'est juste mon grand ami Tarantino qui m'a appelé hier pour tourner dans son prochain film, vous connaissez son goût pour la violence !
Cette répartie improvisé avait fait rire ses élèves et ainsi détendu l'atmosphère. Il avait donc décidé d'en faire son "excuse publique", celle qu'il raconterait à tout ceux et celles qui lui poserait des questions sur sa blessure.
Le soir, l'homme aux cheveux poivre et sel rentrait chez eux et s'occupait de son compagnon, qui malgré tout le repos prescrit souffrait.
- Mais pourquoi tu refuses de les prendre ? insista Yann
- Laisse tomber je te dis, je prendrai pas ces médicaments.
C'était la première fois que les deux hommes haussaient le ton.
- Mais Martin si tu prends pas ce que tu prescrit ton médecin comment tu compte réduire la douleur hein ?
- Et bah laisse moi dans ma souffrance j'ai pas besoin de toi.
Le jeune homme était assis sur leur canapé, concentré sur l'émission qu'il avait déjà regardé toute la journée. Yann s'empara de la télécommande, éteint la télévision qui obnubilait Martin et s'assit doucement à ses cotés.
- J'ai besoin que tu m'expliques pourquoi. Je vois bien qu'il ya quelque chose qui va pas mais si tu ne me dit pas quoi je vais pas pouvoir t'aider mon cœur...
- J'ai pas envie d'en parler...
Martin avait détourné le regard et tournait maintenant la tête en direction de la fenêtre, située à l'opposé du visage de son amant. Le quarantenaire posa sa main sur la nuque du plus jeune et passa une main dans ses cheveux. Il savait que ces grattouilles l'apaiseraient.
- Quand j'avais 16 ans je me suis cassé la jambe, je suis tombé à vélo, un truc tout con. Pour avoir moins mal on m'à donné des anti douleurs. Et en gros j'suis devenu accro à ses merdes la. Aux états unis ils t'en prescrivent pour un rien et ça rend accro tout le monde. Enfin bref j'étais addict et ça c'est pas très bien passé...
Le jeune homme marqua une pause, il fronçait les sourcils même si les caresses de son compagnon le détendaient. Parler de tout cela l'avait toujours gêner au plus haut point. Il avait l'impression de pouvoir ressentir encore aujourd'hui le mal être qu'il avait à cette époque, comme si il était replongé dans cette situation.
- J'me suis pas arrêté la, j'suis tombé dans des trucs mauvais très mauvais. J'étais jeune et con et j'ai commencé à chercher quelque chose pour remplacer les médicaments. Au début c'était une dose comme ça, puis c'est devenu régulier jusqu'à devenir quotidien, même plusieurs fois par jours. Ça à duré longtemps, presque un an et mes parents bossaient comme des dingues ils ont rien vu. J'ai finit par faire une overdose dans le lycée et j'ai été pris en mains : j'ai fait une cure de désintox' et j'ai pu m'en sortir mais j'ai juré de jamais reprendre ces trucs.
Martin retira délicatement le pull bleu marine qu'il portait appartenant à son compagnon et lui tendi son bras droit.
- J'ai ça qui me le rappelle déjà tous les jours.
Le plis du bras du jeune homme était rempli de petites cicatrices. Les marques de ses seringues. Elles avaient cicatrisés avec le temps, mais restaient sur sa peau comme un rappel. Un rappel de ce par quoi il était passé et contre quoi il devait lutter maintenant.
- J'avais remarqué tu sais.
Martin tourna la tête en direction de Yann, surprit.
- J'ai pas voulu t'en parler parce que je savais que ce serais pas facile pour toi. Mais j'avais remarqué Martin. Et je comprend. Je jetterais ces médicaments.
- Merci...
Les deux hommes s'embrassèrent tendrement.
- A mon tour maintenant. Tu t'es livré, ya pas de raison pour que tu connaisse pas mes petits secret aussi. Tu sais moi je crois au fait que chacun pendant son adolescence à un bon gros problème qui vient lui gâcher une partie de sa vie. Bon c'est plus ou moins grave selon les personnes mais je pense qu'on à tous notre grosse emmerde d'ado.
Yann pris une grande inspiration et commença son récit tout en regardant son amant dans les yeux. Il n'avait plus peur de raconter cette histoire, il s'était renforcé depuis et avait appris à se maîtriser. Et le regard noisettes de l'homme qu'il aimait en face de lui lui donnaient du courage.
- Et donc moi mon problème c'était les autres. Je me suis fait harceler pendant toute mes années de collège et de lycée. Aujourd'hui encore je sais même pas vraiment pourquoi mais en gros j'étais devenu la tête de turc de tout le monde et le fait que j'ai les même personnes dans ma classes de la 6ème à la terminale ça a pas aidé. J'entendais toutes les semaines des nouvelles rumeurs sur moi, des trucs ridicules en plus ils avaient même pas d'inspiration ces idiots : un coup j'avais couché avec un mec dans les toilettes du lycée, un autre je sortais avec une prof et puis après j'étais une balance enfin j'en ai vu passer beaucoup. Je me faisait balancer de œufs, des sac de farine entier sur la tête toutes les fins d'années, on affichait des montage photo de moi dans tout le lycée... Pas mal de trucs comme ça. Du coup un jour j'en ai eu marre je pouvais plus le supporter alors j'ai fait une bêtise. J'ai pris une lame de rasoir de mon père et j'ai essayé de m'ouvrir la carotide. Heureusement je me suis loupé et j'ai juste finit à l'hôpital avec quelques points de suture.
Le quarantenaire passa sa main sur la cicatrice qu'il avait sur le coté droit de son cou.
- Mais après mon bac je suis partis étudier à Bordeaux et tout à changer. J'ai appris à me scinder en quelque sorte en deux Yann : celui qui à peur de rien, qui est avenant et que tout le monde aime et celui qui a pas du tout confiance en lui, qui pleure dès qu'il est face à un problème, qui s'évanouit dès qu'il a à faire à une aiguille, qui aime les hommes. Qui t'aime toi.
- T'étais pas obligé de me dire tout ça tu sais...
- Je sais, mais j'en avais envie. Je veux plus rien te cacher, je veux que tu saches tout sur moi...et je veux tout savoir sur toi.
Les deux hommes échangèrent un baiser passionné avant de s'endormir sur leur canapé, dans les bras l'un de l'autre.

VOUS LISEZ
Learning to love
FanfictionYann Barthès est un professeur de cinéma très apprécié dans le lycée où il enseigne. L'arrivé d'un nouvel enseignant , Martin Weill, très convoité par les jeunes adolescentes, va bouleverser le quotidien du professeur. // ATTENTION CETTE HISTOIRE ES...