Aucune musique n'arrivait à apaiser le tumulte dans ma poitrine lorsque mon pas ralentit devant le numéro 30. Depuis que le train m'avait déposée à Versailles, une tension sourde pesait sur mes épaules. La bâtisse en elle-même n'avait rien d'extraordinaire. Une maison comme une autre, aux teintes douces et à la façade accueillante, sur trois étages. Et pourtant, je ne pouvais m'empêcher d'y voir quelque chose d'étrange, un détail imperceptible qui me rappelait que je n'étais pas là pour une simple visite. Peut-être était-ce ces arbres plantés sur le toit, dressés comme des sentinelles silencieuses, ou bien simplement mon esprit qui tentait de me mettre en garde. Je déglutis et appuyai sur la sonnette. La porte s'ouvrit presque aussitôt sur Edgar Madson, en personne.
-Bonjour, Elia ! dit-il avec un sourire sincère. Je ne m'attendais pas à te voir si tôt.
J'hésitai, une seconde à peine, avant de franchir le seuil. L'intérieur me surprit par sa chaleur. Je m'étais attendue à un laboratoire froid, à des couloirs blancs dénués de vie. Mais ici, tout semblait conçu pour être habité. Un salon aux tons chaleureux avec des fauteuils clairs et des livres soigneusement empilés sur une table basse servait de salle d'attente. Un bureau utilisé par une secrétaire au téléphone faisait l'angle de l'entrée. Mes yeux accrochaient des photographies posées sur le mur ainsi que les prix fièrement gagnés. L'historien y figurait souvent, aux côtés d'une femme aux lunettes rectangulaires, son sourire éclatant tranchant avec l'expression plus mesurée de l'historien. Quelques instants plus tard, la femme des photos fit son apparition.
-Mademoiselle DeGrave, je présume ?
Elle s'approcha et me tendit la main, son regard perçant ancré au mien.
-Céline Guenguy, enchantée. Je vous en prie, installons nous dans mon bureau.
Sa poigne était ferme et assurée. C'était une femme qui savait exactement où elle allait. Elle nous guida le long d'un couloir puis nous fit entrer dans un bureau emplit de plantes vertes. La femme blonde s'installa dans le fauteuil derrière son bureau et croisa ses jambes d'un air détendu. Je pris place en face d'elle au côté de Edgar Madson.
- Je vous ai apporté mon CV, tenez. Monsieur Madson a évoqué un stage que je pourrai faire chez vous.
-Oh merci, répondit Céline en jetant un regard amusé à son collègue avant de reporter son attention sur moi. Sais-tu en quoi consiste ce stage ?
J'agitai ma tête de gauche à droite.
-Ce que nous faisons ici est une quête de connaissance. Un travail de recherches approfondi. Nous cherchons à comprendre le passé grâce à de nouvelles découvertes. Nous recherchons des profils spécifiques et uniques dans le monde.
Un frisson me parcourut, mais je me rassurai avec toutes les recherches que j'avais menées sur cet institut qui montrait leur renommé et leur travail de qualité. Ils avaient apporté de nombreuses réponses au vide laissé par le passé et gagné les prix les plus réputés.
-Il était important que nous prenions le temps de t'expliquer certaines choses, elle marqua une pause choisissant visiblement ses mots avec soin. Tu es étudiante en histoire, n'est-ce pas ?
J'hochai la tête.
-Alors tu sais combien il est difficile d'obtenir une vérité absolue. Les sources sont fragmentées, les récits biaisés. Chaque découverte est une reconstruction imparfaite.
-Je le sais au dépend des heures que je passe à la bibliothèque. Mais vous avez mis la lumière sur de nombreux zones d'ombre de notre Histoire.
La scientifique sourit.
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A l'égard du Temps
Ficción HistóricaQue se serait passé-t-il passé si nous étions nés à une autre époque. Qu'aurait-ce fait de vivre la Révolution ou les Années Folles ? En rêver n'est pas tout à fait pareil que de le mettre à exécution. C'est ce qui se passe lorsqu'Elia, étudiante en...
