Chapitre 2

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L’amitié est quelque chose de pur. Elle est si belle et précieuse qu’il faut tout faire pour la préserver. Car, quand vous avez trouvé de véritables amis, il faut faire tout notre possible pour ne pas les perdre.

Ceci, Zovah l’avait compris dès le départ. Sa rencontre avec Lizzie lui avait été plus que bénéfique. En plus de lui faire un bien fou, elle n’était plus seule désormais. Elle pouvait enfin partager ses rires, ses peines et ses joies. Et cela, l’islandaise en rêvait depuis longtemps.

***

Un sourire gris. Un enfant gris. Une ville grise… Zovah traçait les détails de son dessin à la perfection. Elle devait rendre sa planche à la fin de la semaine, et sa bande dessinée à la fin de l’année.

Le projet du cours d’art de la jeune femme est de créer son propre ouvrage avant la fin du mois de mai afin de pouvoir le présenter à la classe en fin d’année. Ce n’était que le mois de septembre et elle avait déjà du mal à s’y faire.

L’histoire de l’œuvre devait être unique. Le professeur avait bien été clair dans ses instructions. Chaque lecteur devait pouvoir s’approprier l’histoire comme si c’était la sienne. Et malheureusement, c’est ce qui posait problème à Zovah. Comment proposer quelque chose que tout le monde pourrait vivre ?

La sonnerie retentit comme un doux supplice dans les oreilles de la brune. Celle-ci se leva en mimant un léger soupir et partit de sa salle de classe, tête baissée. Elle était déçue de ce qu’elle faisait. Elle n’arrivait pas à avancer dans ce cours et cela énervait la perfectionniste qui dormait en elle.

Zovah rejoint la sortie de l’université d’un pas mécanique. Elle ne remarquait la tornade brune qui courrait derrière elle.

- Zovah attend moi, voyons !

La concernée se tourna lentement vers son amie et lui adressa un petit sourire.

- Oh. Salut Lizzie.

La new-yorkaise fit une moue boudeuse et prit l’islandaise par la manche.

- On dirait que tu n’es pas heureuse de me voir. lui dit-elle

- Je suis juste fatiguée.

Bien sûr que Zovah était contente de revoir Lizzie ! Elle avait juste le moral au plus bas. Sa planche n’avançait pas et Zovah non plus.

- Juste fatiguée ? Je vais te bouger un peu et on va voir si tu l’es toujours ! Ce soir, nous sortons.

L’islandaise stoppa nette quand elle entendit ces mots. Sortir…  ? Très mauvaise idée. Elle n’aimait pas se mêler à d’autres personnes, encore moins quand celles-ci ne comprennent à peine un mot de ce qu’elle dit. Car il ne faut pas l’oublier, elle aura toujours son éternel accent.

- Nous sortons ? Et où ça ? siffla Zovah

- Dans un bar. Où voudrais-tu aller !

Dans un… Bar ? Hors de question ! Qui dit bar, dit alcool. Et qui dit alcool dit bêtises. De plus, elle n’avait pas la majorité américaine.

- Non. Je n’irai pas là-bas.

- Mais pourquoi ?

- Parce que ! Ces endroits ne m’inspirent rien et je ne suis pas majeur ici.

Lizzie s’arrêta à son tour et se mit face à son amie. Elle avait peur, et elle le voyait. Elle mit ses mains sur les épaules de l’islandaise et la regarda droit dans les yeux.

- Zovah Kjeld. Tu vas arrêter tes bêtises, d’accord ? Il faut que tu me fasses confiance. Tu voulais découvrir la ville ? Eh bien c’est ce que l’on va faire. Je connais le barman de ce bar et cela te fera sortir un peu. Je ne te forcerai pas à boire, promis.

- Eg… Je…

- En plus mon frère joue là-bas ce soir avec ses amis. S’il te plaît viens.

- Ton frère ?

Lizzie avait très peu parlé de lui. Donc Zovah ne savait pas grand-chose, si ce n’est rien sur lui.

- Mais oui ! Harry est dans la même école que nous mais il préfère jouer avec son groupe de musique. Étudier n’a jamais été une grande passion pour lui. Depuis que l’on est petit il est comme ça…

Zovah pu apercevoir une vague de nostalgie passer dans les yeux de son amie. Elle l’aimait, c’était certain.

- Bon d’accord, je viens. Mais c’est juste pour te faire plaisir.

La brune regarda l’islandaise avec de grands yeux puis poussa un immense cri de victoire, attirant plusieurs regards de passants.

- Dis surtout que c’est pour mater mon frère… C’est évident qu’il va te plaire. dit-elle avec un sourire en coin

Zovah émit un ricanement et donna une petite tape sur l’épaule de l’américaine. C’est certain qu’elle appréhendait le reste de la soirée… Mais elle allait essayer d’en profiter. C’est donc avec curiosité qu’elle suivit Lizzie qui déambulait dans les rues de la métropole.

The Heartbreaker Où les histoires vivent. Découvrez maintenant