J'entends des voix, elles fusent,mes oreilles bourdonnent,et ma tête est lourde,comme si des milliers d'ouvriers s'activaient à la chaîne,Thomas dit souvent la tête dans le seau et puis je me rappelle que cette sensation n'est pas agréable. Thomas...
Quelqu'un crie mon nom,un homme,sa voix si familière et lointaine m'effraie mais aiguise ma curiosité. Aussitôt je sors,il faut que j'aille à sa rencontre,je cours vite, légère comme une plume portée par le vent,je l'aperçois au loin,son visage dans un halo m'éblouit,me fascine.
Qui es-tu??? J'avance mais la lumière est trop forte, et quelqu'un retient mon corps immobile...
- Mamaaaaaan!!!
- INFIRMIÈRE!!! Claude regarde-moi, je suis là...chuuuuut,tu as fait un mauvais rêve.
- Monsieur s'il vous plaît je vais vous demander d'attendre dans le couloir,nous allons l'examiner.
- Il faut que je reste,elle est bien trop agitée pour que je la laisse seule.
- Ayez confiance,laissez-moi faire mon travail et allez vous prendre un café au bout du couloir. Je vous tiens informé.
- Bien...
- Où suis-je?
- Madame vous êtes à la clinique Chambrier,vous avez eu un accident de circulation il y'a quelques jours. Vous êtes restés dans le coma pendant 48h,l'opération s'est bien passé mais nous allons vous garder encore 3 jours en observation.
Je quoi?! Non ce n'est pas possible,ça fait trop d'informations pour moi et ma tête me fait un mal de chien. Je tâte mon corps,ils ont opéré quoi?! Ma jambe Seigneur...
- Vous faites erreur madame l'infirmière,je...snif...vais bien,je n'ai pas pu...je
- Calmez-vous je vous prie, vous pourrez remarcher d'ici un mois avec la rééducation et...
- Taisez-vous et sortez!
- Mais madame?!
- Laissez-moi seule...s'il vous plaît.
Il ne peut s'agir que d'un mauvais rêve,je veux me réveiller,je dois me réveiller,il faut que je me réveille. Ce n'est pas possible,comment ferai-je pour me rendre à mon lieu de travail? Et vivre au quotidien avec Oréo?
- L'infirmière m'a autorisé à entrer. Comment te sens-tu?
- Tu as déjà eu un membre fracturé?! Eh bien voici comment je me sens. Maintenant sois gentil et passes moi les cachets sur la table.
- Je savais pas s'il fallait informer tes parents...
- Quels parents? De quels parents parles-tu? T'ai-je déjà présenté à mes parents,en peinture ou en caricature?!
- Écoutes,je comprends pas pourquoi tu me cries dessus? J'essaie d'aider mais de toute évidence ce n'est pas ce dont tu as besoin en ce moment. Je vais y aller!
- Non restes, s'il te plaît. Je...c'est difficile pour moi mec. Putain ils m'ont opéré et toi t'étais là à rien faire pour empêcher qu'on m'ouvre.
- Et tu voulais que je fasse quoi,huh? Que je te laisses mourir? On sait tous que tu ne tiens pas à cette vie, mais penses aux dommages collatéraux...
Je n'ai qu'un dommage collatéral et il s'appelle Thomas!
Tu partiras quand il sera temps. En attendant tu vas devoir apprendre à vivre avec ta jambe blessée pendant un mois,je t'aiderai,si tu es sage.
- Je veux bien essayer,mais de grâce fais-moi sortir d'ici,trois jours c'est long et ma maison me manque.
- Je vois ce que je peux faire, essaies de te reposer.
Alors qu'il s'apprêtait à quitter la salle, je fondis en larmes: la gorge nouée,le regard hagard,et l'envie de me libérer d'un poids que je portais depuis trop longtemps déjà,Daniel comprend les pleurs,les miens en particulier.
Il m'offrit mécaniquement ses bras,je me blottis contre son torse en prenant soin de déverser tout mon sanglot sur sa chemise. Il tentait tant bien que mal de calmer les spasmes qui secouraient mon corps.
- Je l'ai revu...je l'aurai touché si ma mère n'était pas intervenu.
Il n'eut pour seul réflexe que de faire tourner ses doigts froids dans le creux de ma paume.
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Le sang et la cyprine
RandomOn dit que les hommes sont comme des fruits que chaque femme consomme à sa guise. Il en a qui aime les salades et les cocktails de fruits,tandis que d'autres n'en prennent qu'un par jour,c'est selon! En ce qui me concerne,je suis une petite gourman...
