Chapitre 9

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Après manger, ils s'installèrent dans le salon et firent toutes sortes de jeu tous ensemble. À chaque manche, le gagnant était toujours le même, Lilian, au plus grand désespoir de Dilys qui se renfrognait au fur et à mesure. Au bout de plusieurs heures, où seule une envie de revanche les faisaient tenir devant les différents plateaux, ils finirent par faire la routine du soir qui se constitue de manger et pipi au lit.

Dans la chambre du frère et de la soeur, le silence était roi. Seul le fracassemment des vagues sur la falaise, avait le culot de vouloir le détrôner.

Newt, accoudé sur la rambarde du balcon, surplombait les horizons. Il couvrait du regard toute la lande. L'écume de la mer sombre sur les rochers en contrebas. Les arbres aux feuilles émeraudes pliés par le souffle venant du nord. L'herbe des pâturages qui paraissaient danser sous la force du vent. Ce vent qui provoquait tous ces changements dans le paysage. Ce vent qui était maître sur ces lieux. Ce vent qui remettait les autres à leur place. Qui montrait sa toute puissance. Un vent digne.

Newt finit par refermer la fenêtre, ainsi que les volets et rejoigna sa soeur dans la chambre. Elle était dans son lit, la tête entre ses mains, un coussin pressé sur sa poitrine par la force de ses cuisses. Newt s'avança vers elle mais ne sachant que faire ensuite, il préféra se réfugier lui aussi sous les édredons de son propre lit. Il posa la tête sur son oreiller qui s'enfonça. Dilys finit par laisser sa position inconfortable de côté et se laissa doucement porter par la chaleur de sa couche qui l'emmena dans un sommeil profond. La journée du lendemain apporterai sûrement son lot de surprise et il valait mieux se reposer pour avancer la tête droit et le sourire aux lèvres, le jour suivant.

Un faisceau de lumière pointait le bout de son nez sous les volets faisant scintiller les minuscules poussières de l'atmosphère. Newt émergea doucement. Il se redressa sur ses coudes et engloba la large pièce du regard. Ses yeux se posèrent d'eux mêmes sur les meubles en bois de la pièce, ainsi que la fresque du plafond, représentant des animaux de légendes. Le phœnix et le dragon était particulièrement réussis.

Newt cligna plusieurs fois des yeux, son cerveau prenant quelques secondes à se souvenir des récents événements. Il finit par quitter son lit douillet et posa ses pieds sur le sol frais. Il se dirigea vers son sac qui avait glissé sous le bureau en chêne à l'autre bout de la pièce pendant la bataille de coussins et en sortit son livre qu'il continua avec avidité, tout seul, debout au milieu de la chambre et silencieux.

Quand Dilys se réveilla, elle fut tout d'abord très surprise de voir son frère debout au milieu de la pièce en train de crier sur son livre, mais elle se rappela bien vite qu'il s'agissait de Newt et que dans son cas, c'était normal. Elle se leva tout naturellement et se dirigea vers la salle de bain attenante à la chambre en passant par sa valise prendre de simples habits.

Ce ne fut que lorsque Newt entendit le loquet de la salle d'eau qu'il réalisa qu'il avait crié, ce qui avait sûrement réveillé sa soeur et que celle-ci avait absolument tout vu. Il y avait peut être plus grave mais Newt se sentait mal. Il suivit donc l'exemple de sa soeur et se changea.

Peu de temps après, tout deux entraient dans la cuisine où ils trouvèrent Lilian préparant son petit déjeuner. Ils suivirent son exemple et se retrouvèrent à table.

- Où sont Kiasmy et Yoel ?

Lilian regarda son cousin d'un œil réprobateur.

- Ils sont partis chez Lorenz, un autre gardien pour travailler, annonça t-il dans le plus grand des calmes.

- Mais on est dimanche, non ? demanda Dilys en s'incrustant dans la conversation.

- Mes parents ont un rôle très important qui ne peut leur permettre de prendre des jours de congé quand ils veulent. Pas comme les votre.

Weakness and mourners [En pause pour les vacances]Où les histoires vivent. Découvrez maintenant