Je me réveille en sursaut, alertée par le réveil de mon téléphone qui n’avait pas pas retenti depuis plus de deux mois.
Cette sonnerie s’est déclenchée pour me rappeler qu’à partir d'aujourd'hui, mes vacances et ma tranquillité sont terminées.Je sors mollement de mon lit, sans me presser, prenant mes affaires choisies la veille. Que des choses simples pour se faire remarquer le moins possible: un t-shirt bordeau, un pantalon noir, une ceinture, et une paire de baskets de ville également bordeaux.
Habillée, je m’observe dans le miroir. Rien de sensationnel, rien de banal non plus, je suis juste moi, Charlotte, fille de quinze ans pas très attirante de mon point de vue. Je remarque juste que le bordeau met en valeur mes longs cheveux roux et mes yeux bleus. Mes cheveux qui sont d’ailleurs encore emmêlés. Une fois ma crinière démêlée et mon mascara mit,je descends les escaliers et rejoins ma famille dans le salon.J’entends déjà leurs piaillements d'impatience que je ne partage pas du tout, au contraire: j’ai horreur des rentrées scolaires, et celle-ci encore plus.
Ma très chère grande sœur, Margaux fait des études afin de devenir orthodontiste, sa rentrée n’est donc pas aujourd’hui alors elle emmène notre petit frère, Arthur qui rentre en quatrième.
Quant à moi, je vais au lycée en seconde, et c’est ma mère qui m’y conduit à mon plus grand plaisir car elle respecte mon silence dû au stress.
D’autant plus qu’il vaut mieux pour elle qu’elle ne dise rien, puisque c’est bel et bien ma mère qui m’a forcée à aller dans ce lycée. Un lycée privé ressemblant à un ancien couvent sinistre pour bonnes sœurs, sans mes amis, personne hormis peut-être une ou deux que je connais mais que je n'apprécie pas. D’après ma mère, ce lycée me permettra de garder mon bon niveau scolaire. Nous verrons bien.Mon ami Nathanaël a préféré aller dans le lycée de secteur malgré la mauvaise réputation, parce qu'il rêve de devenir un grand journaliste dans les plus grandes chaînes de télévisions. Si il réussit ça sera étrange de le voir sur les écrans, mais je serais contente pour lui qu’il atteigne son but.
Je le connais depuis que nous avons trois ans, nous avons toujours été dans la même école, et très souvent dans la même classe. Il sera étrange de ne plus le voir.
Mon amie Léa, elle, est complètement partie. Ses parents ont fait une demande de mutation pour être dans la même ville que sa grand-mère veuve depuis peu. Je ne me fais pas trop de soucis pour elle, je sais qu’elle se fera facilement des amis.Assise à la table du salon,perdue dans mes pensées, je n’entend pas ma mère qui me hurle de me dépêcher de manger si je ne veux pas arriver en retard.
Je m’inquiète de l’heure seulement lorsque je vois mon père me faire un signe de la main avant de partir travailler.
Malgré toute ma bonne volonté, je n’avale pas grand-chose.
Je remonte en vitesse dans notre salle de bain pour me laver les dents et je rejoins ma mère qui m’attend dans sa Dacia Sandero, prenant entre-temps mon sac de cours.Une fois assise et la ceinture bouclée, une énorme masse se loge au creux de mon ventre; mais pourquoi ?
En vérité, je le sais: c’est parce que je vais dans un endroit que je ne connais pas, avec des professeurs et camarades qui me sont inconnus, un nouveau bâtiment scolaire, une organisation différente et je n’aime pas beaucoup les changements.
Le pire c’est que mentalement je ne suis pas vraiment stressée, c’est juste que -je crois- une part de moi-même ne peut s’en empêcher.
En revanche, le fait d’être seule me dérange peu car je suis plutôt solitaire et par conséquent je n’ai que très peu d’amis, ce qui d’ailleurs me convient très bien.Le silence règne dans cette voiture, on entend que le moteur.
Ma mère doit sentir que je ne suis pas dans mon état normal, et que je lui en veux de m’exiler un peu de mon seul ami proche qu’il me reste, car elle ne dit rien de tout le trajet.
Ça m'arrange qu’elle ne dise rien, je peux me concentrer pour évacuer cette saleté de poids qui me pèse dans l’estomac.
Même si j’habite à plusieurs minutes de mon lycée, le trajet est trop rapide à mon goût.
Maintenant que la voiture est arrêtée devant cet espèce de vieux château , je me plonge dans les yeux verts de ma mère.
Elle doit comprendre que la panique prend le dessus car elle me dit d’une voix encourageante et affreusement enjouée: “ on y va?”
J'acquiesce, mets mon sac sur mes épaules, et la suis dans la cour.
Je scrute le moindre détail de cette école, et très franchement, malgré le fait qu’elle ressemble plus à un couvent qu’à un lycée, sa petite taille est plutôt rassurante.
Nous marchons en direction des listes des classes.
Je lis la première liste sans trouver mon nom, sur la deuxième je remarque le nom de Simon Dulac,( un garçon qui a été dans ma classe au collège) mais pas mon nom. Toujours rien sur la troisième et je constate avec horreur que c’est la dernière.
Ma mère, ayant toute sa tête à ce moment-là, me trouva avant que je ne lui fasse remarquer l'absence de mon nom.
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tome 1: La face cachée
ParanormalCharlotte Roy, une jeune femme de 15 ans, rentre en seconde, se fait de nouveaux amis un peu étranges, commes des jumeaux télépates, ou un garçon mystérieux, mais jusque là tout va bien. Très vite, elle va avoir de drôles d'expérience , se rendant...