Chapitre 17

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J'avais passé plusieurs jours à ne rien faire et à pleurer la disparition de Mackenzie avant finalement de me dire que malheureusement la vie devait continuer. Je m'étais donc repris et avais recommencé à vivre ma vie comme avant en pensant juste que la vie était courte et qu'il fallait profiter de chaque jours. J'étais retournée au bureau après un peu de temps d'absence, le premier numéro se vendait très bien, plus même qu'on avait pu l'imaginer. On recevait déjà des centaines de lettres et d'emails de lectrices qui adoraient notre concept et qui étaient ravis de pouvoir se retrouver dans la taille des mannequins. On préparait donc notre prochain numéro qui sortait maintenant dans une semaine. J'avais, comme prévu, engagé un autre photographe qui était un homme ce qui n'avait pas forcément beaucoup plus à Jay, mais j'avais réussi à vaincre ses réticences en lui expliquant que pour avoir un point de vue différent il était préférable d'avoir deux photographes de sexe différent. Il n'avait pas vraiment cessé d'être jaloux mais il me faisait confiance ce qui ne l'empêcher pas de souvent venir à l'improviste au studio puisqu'il n'avait pas encore commencé le tournage de son prochain film.
J'avais aussi commencer à faire quelques heures de conduite, j'essayais d'en faire le plus possible pour avoir mon permis au plus vite et cesser de toujours chercher un taxi. Savannah et Drew c'étaient également inscrit et avaient commencé à apprendre le code.
Je n'avais pas cessé de penser à mon père, je n'arrivais pas à savoir si j'avais ou non envie de lui pardonner car si je lui pardonnais à lui pourquoi ne pas pardonner à ma mère... sauf que celle-ci avait surement fait pire que lui en me laissant complètement seule, alors que mon père lui pensait m'avoir laissé en sécurité avec elle. J'avais, à plusieurs reprises, commencé à lui écrire des lettres, demandant des réponses aux questions que je me posais comme : est-ce que sa femme était au courant de mon existence ? Après mon esclandre de la dernière fois je ne pense pas qu'il avait pu lui cacher. Mais ces lettres avaient toute finis de la même façon : froissés puis dans la poubelle. J'avais donc renoncé à lui écrire pour le moment, le temps que je me décide si je voulais ou non vraiment reprendre contact ou juste avoir mes réponses et définitivement en finir avec lui.
Du moins c'est ce que j'avais décidé jusqu'à aujourd'hui. En prenant le courrier je remarquai de suite une des lettres qui m'était adressé, difficile de ne pas reconnaitre cette écriture après tout ce qui était arrivé par la suite, c'était la même que celle où j'avais eu l'adresse de mon père. Je l'ouvris immédiatement plutôt que d'attendre comme je l'avais déjà fait.
" Bonjour Cassie-Joyce.
Je suis Peter Lopkins Junior, comme tu t'en doutes je suis ton demi-frère. Je tenais à t'écrire pour m'excuser de tout le mal que j'ai pu te causer depuis que je t'ai envoyé mon adresse..."
Cela me faisait déjà une question de moins à me poser. Je poursuivi ma lecture.
" J'ignorais totalement que tu pensais que mon père était mort et si je l'avais su je n'aurais jamais fait cela. Tu ne dois pas vraiment me comprendre, je vais tenter de t'expliquer en résumant. Ma mère, Lena -ma petite sœur, enfin la nôtre- et moi savions que tu existais, mon père n'a jamais caché ton existence ni celle de ta mère, il nous avait juste raconté que c'est toi qui ne voulais plus le voir. Mais il a gardé un tas de photos de toi et garde absolument tous les magazines, les articles Internet et les photos dans lesquels tu apparais depuis que tu es avec Jay Letson, il a même récemment acheté ton magazine en disant qu'il était fière de toi. J'ai été jaloux de voir à quel point il s'intéressait à toi, j'avais l'impression qu'il t'aimait plus que moi, même si c'est un très bon père je me sentais un peu à l'écart. Je savais que tu ne connaissais pas mon existence alors j'ai voulu te mettre au courant et c'est quand tu as débarqué et que tu as vu mon père que j'ai compris que quelque chose n'allait pas. Mon père nous a tout expliqué. Il nous a dit qu'en réalité ce n'est pas toi qui ne voulait plus le voir mais que c'est lui qui ne le pouvait pas car quand il a quitté ta mère la mienne n'était pas au courant et la tienne avait menacé de tout raconter. Mais quand il a tout expliqué à ma mère quelque années après sur ton existence, il a eu honte d'avouer qu'il c'était fait passé pour mort et nous l'avait donc caché. On a donc découvert la supercherie en même temps que toi, il y a eu quelques disputes entre mes parents, ma mère reprochant le fait que mon père lui ait menti et surtout qu'il t'ait menti. Tout va mieux maintenant mais mon père s'en veut beaucoup de ce qu'il t'a fait et je regrette car c'est en parti ma faute, il ne pensait pas que ta mère avait pu t'abandonner. Je ne sais pas si je serais moi-même capable de lui pardonner s'il m'avait fait cela mais j'aimerais te demander d'y penser ou au moins de lui parler.
J'espère ne pas t'avoir ennuyé et je m'excuse encore une fois. Je te joins mon adresse Email.
Peter Jr. "
J'étais sonnée par ce que je venais de lire, le fait que mon père garde tout ce qui pouvait parler de moi alors qu'il ne pouvait pas savoir si cela était vrai ou non. On ne pouvait pas vraiment connaitre quelqu'un quand on lisait seulement ce que des magazines people disaient sur elle... Combien de fois avait-il pensé qu'il allait être grand père ? Combien de fois avait-il pu penser que j'allais me séparer de mon fiancé à l'époque ? Je ne savais plus quoi penser, il avait voulu me connaitre à travers des articles, des photos, c'était humain... paternel. Mais il aurait pu me contacter, il avait dit à sa famille que j'existais et même sans leur raconter qu'il était censé être mort il aurait pu tenter de me recontacter. Même si j'aurais probablement cru à une très mauvaise blague, j'aurais su qu'il avait essayé or il n'a rien tenté. Alors est ce que je devais oui ou non tenter quelque chose. Je n'en avais pas la moindre idée.
Je partis réveiller Jay pour lui en parler. Je m'allongeai près de lui commençant à lui caresser les cheveux. À l'embrasser sur la joue puis les lèvres. Je le sentis sourire, il m'enlaça, m'attira contre lui et me rendit mes baisers.
- Comment va ma femme ce matin ?
- J'ai connu un peu mieux.
Il se redressa et ouvrit ses yeux pour sûrement vérifier si je pleurais ou si j'avais pleuré. Ne voyant aucune larme je vis son visage se rassurer. Avant qu'il ne demande ce qu'il y avait je lui tendis la lettre, il fronça les sourcils et détailla la lettre. Il commença à peine à lire qu'un "oh" s'échappa de sa bouche.
- Continue à lire, lui dis-je, je vais faire ton café.
Je l'embrassai et descendis. Je remontai à peine cinq minutes plus tard et il venait de poser la lettre sur le lit.
- Que de révélation, tenta-t-il de plaisanter.
- Oui...
- Que vas-tu faire ?
- Justement je ne sais pas.
- Tu pourrais lui envoyer un Email, suggéra-t-il.
- Je pourrais...
- Mais tu ne le feras pas ?
- Je n'en sais rien, j'ai plein de travail en retard. D'ailleurs je devrais déjà être au studio. J'ai un article à finir et une séance photo en extérieur.
Je commença à me lever pressée de m'échapper mais il me rattrapa par le bras et me stoppa dans mon élan.
- Pas si vite. Tes excuses ne fonctionnent pas sachant qu'un Email ne te prendra pas beaucoup de ton temps et tu peux l'écrire de ton bureau.
- Je vais y réfléchir.
- Promis.
- Oui, je suis en retard. Je t'aime à ce soir.
- Je t'aime.
Il m'embrassa et me laissa partir en me remettant la lettre dans les mains pour que je puisse avoir l'adresse Email sur moi.

Coup dur (provisoire)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant