ESTHER NE PEUT S'EMPÊCHER DE SOURIRE AU BARMAN.
La sympathie des américains est la chose qu'elle retiendra le plus de son séjour aux Etats-Unis. Leurs sourires conciliants, leur ouverture d'esprit, leur sociabilité. La plupart des personnes qu'elle a rencontré dans ce nouveau pays sont tous des êtres bienveillants - même les inconnus qu'elle n'a croisé qu'une seule fois ont marqué Esther. Ils sont si ouverts aux autres qu'elle en garde une bonne image, peut-être un peu trop idéalisée. Ses amies la préviennent que tous les américains ne sont pas comme ça, mais Esther ignore leurs propos. Elle ne veut croire que en ce qu'elle a vu. Ce n'est pas sa faute si elle ne voit que le bien chez les autres.
Alors le geste du serveur est pour elle est une preuve de sa générosité. Il suffit qu'elle regarde dans ses yeux pour s'apercevoir de sa bonté.
— Adorable, ce barman !
— On le sait, Esther, tu n'arrêtes pas de le répéter, soupire son amie aux lunettes.
Esther ne peut s'empêcher de rigoler, un rire proche de l'hystérie. Les personnes autour d'elles pourraient croire qu'elle a un peu trop bu, mais ce n'est pas le cas. La jeune femme est toujours d'humour joyeuse. Rare sont les fois où elle s'énerve ou pleure. Esther est d'autant plus dans un sentiment d'euphorie quand l'ambiance s'adonne à la fête. Musique entraînante, danse à volonté et ses amies auprès d'elle, un environnement tel que le Moonlight est propice à la joie. Une aura de gaieté entoure Esther et elle atteint facilement les autres. Elle n'a pas besoin de consommer de l'alcool pour se sentir bien, cette atmosphère suffit pour qu'elle s'amuse.
Situé au bar, le serveur tourne la tête pour s'assurer que tout aille bien vers la table des quatre étudiantes. Esther lui adresse un énième sourire en finissant son verre de martini. Peu importe le nombre de fois où elle la remercié, elle préfère le dire une fois de trop que de paraître impolie
Une nouvelle chanson débute. Dos à la scène, Esther reconnaît les premières notes de musique. Un large sourire vient se dessiner sur ses lèvres, elle qui ne s'attendait pas à entendre une chanson française à New York. Elle se souvient du vieux vinyle de son père qui jouait Le Pénitencier tard le soir. Alors qu'elle devait dormir, Esther brisait les règles et sortait discrètement de sa chambre. Elle allait écouter à sa porte les musiques de son père, et celle-ci fut répétée souvent. Elle a toujours apprécié ce petit moment musical, et c'est ce qui lui a formé sa culture. Les yeux fermés, elle apprécie le début du morceau et les notes de guitare. Elle ne s'imaginait pas qu'une simple chanson puisse la rendre si nostalgique. Pourtant, la France est plus proche d'elle qu'elle ne le croit. Bien que ses proches dans son pays natal lui manquent, elle n'a pas envie de quitter les Etats-Unis.
Mais Esther est tout à coup troublée quand elle se rend compte que les paroles sont en anglais. Elle rouvre brusquement les yeux, se rendant compte que la version est la toute première par The Animals, et non celle qu'elle apprécie tant. Pourtant, elle doit avouer que la voix du chanteur de ce soir s'accorde très bien à cette version.
— En France, on a une reprise de cette musique par un chanteur très connu, commente Esther.
Ses amis anglophones cessent leur discussion pour l'écouter.
— Ah ouais ? s'étonne la blonde.
— Connais pas, ajoute l'étudiante aux cheveux rouges avant de boire une gorgée.
Les notes récurrentes de la guitare donnent le rythme aux paroles. Esther attend que le chanteur commence un nouveau couplet pour le suivre.
— Les portes du pénitencier, bientôt vont se refermer, et c'est là que je finirai ma vie, comme d'autres gars l'ont finie...
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DANCING IN THE MOONLIGHT
Aktuelle LiteraturManhattan, New York. À la tombée de la nuit, les rues de West Village s'animent de musiques entraînantes et de lumières scintillantes. L'heure de l'ouverture des clubs a sonné, les touristes et habitants de la métropole envahissent le quartier. La b...
