Jean se grouillait de prendre le métro pour arriver au lycée à l'heure. Pour une fois.
Il fallait le voir dans la rue...on aurait pu le confondre avec un coureur d'élite. (Je vous jure les gens pour prendre leurs train ils mettent leur vie en jeu)
Son sac, à moitié ouvert, ses vieilles baskets aux lacets défaits, ses cheveux dans tout les sens. Rien n'allait. La soirée de la veille lui avait laissé de grosses cernes en guise de souvenir. Merci beaucoup Netflix !
À la limite de s'encoubler, il réussit à intégrer la population du métro et se fraya un chemin jusqu'aux barres fixes. (déjà que monsieur n'est pas présentable, il ne faudrait pas qu'il tombe sur les gens...)
Le souffle coupé, il se mit à respirer fortement pour récupérer un rythme cardiaque normal. Quelques personnes autour le regardaient du coin de l'œil. Une grand-mère leva les yeux aux ciel et le détailla de haut en bas. Elle me juge, cte vieille folle ?' pensa-t-il.
Encore deux arrêts et Jean allait descendre, courir à nouveaux et monter la cinquantaine d'escaliers pour atteindre son école. Il ne pu s'empêcher de soupirer. La vie lui mettait clairement un doigt.
Il observa les gens à proximité. C'était obligé, il le faisait tout le temps. Jean était le genre de personne à remarquer les moindres petits détails, il regardait les autres et s'amusait à leur inventer une vie selon leur style vestimentaire et leur expression faciales. Et c'est ce qu'il fit.
Il remarqua un grand brun appuyé contre l'une des barres. Ses cheveux formaient un petit chignon et le reste de ses mèches retombaient jusqu'à sa nuque et sur le devant de son visage. Il avait un bouquin à la main. Pour quelque chose d'inhabituel, c'était vraiment inhabituel.
Depuis quand, on voyait une personne un bouquin à la main dans le métro ?
Curieux, il continua de l'observer. Le brun portait un blazer noir et un pantalon de smoking noir. Il avait également une chemise blanche sous son tailleur et de nombreuses bagues en argent décoraient ses doigts. Vers son cou, il lui sembla voir un tatouage de loin.
Ses yeux descendirent plus bas et atterrirent sur ses bottes noires, aux lacets noirs. 'Beaucoup de noir...'
D'après Jean, le jeune homme devait faire son âge à peu près. À moins qu'il n'aie quarante ans et qu'il porte encore des sac à dos, car l'inconnu lui portait un sac à dos beige et il avait l'air plein. Plein de cahiers. Ou d'autre chose mais ça...c'était impossible de le savoir à moins qu'il n'aille fouiller dedans. Ce qu'il n'allait jamais, ô grand jamais faire.
Il releva les yeux et fut surpris de tomber directement sur son regard. 'Ah..il me fixe parce qu'il a vu que je le fixais. Merde.'
Avant de détourner les yeux, il eut le temps de voir que ses pupilles étaient vertes. Un vert émeraude.
Mais la tentation était trop forte. Il releva les yeux et retomba, comme espéré, sur ses prunelles vertes. 'Putain...j'ai le cœur qui bat à cent à l'heure.'
Le regard du brun était comme...profond. Un de ces regards qui vous donnent la chair de poule mais dans le bon sens du terme.
Et maintenant que le deuxième contact visuel avait été fait, Jean n'osait plus le détourner. Ou ne le voulait pas.
Il se mit même à rougir comme si il avait de nouveau quinze ans et joua nerveusement avec son pouce. L'inconnu, qui avait arrêté sa lecture pour observer le châtain, commença à sourire. Bien qu'étrange, c'était amusant à voir.
Ça devait faire peut-être dix minutes que Jean avait loupé son arrêt de métro. (et bien évidemment, il ne l'avait pas remarqué)
Le brun s'approcha finalement et à deux centimètres de lui, il le prit dans ses bras en chuchotant quelque chose comme 'idiot'.
Il sentait une odeur de thym et un peu la cigarette. 'Il a recommencer à fumer...il avait promis.'
Comme si il lisait dans ses pensées le bouquiniste dit :
— Je sais ce que tu penses. J'en ai juste fumer une hier soir, quand on parlait au téléphone.
— C'est de ma faute ? marmonna-t-il, la voix endormie.
— Tu m'as stressé avec ton message, "il faut qu'on parle". J'ai cru que t'allais me larguer comme une merde.
— Après trois ans à te supporter ? il rit. J'aurais trop peur que tu deviennes fou et me tues par jalousie.
Eren pouffa de rire et le ventre de Jean se tordit dans tous les sens. 'Foutu papillons de mes deux.'
— Combien cette fois-ci ? demanda le brun.
— Trois. Trois putain d'heures de sommeil.
— Ah...j'aurais pas besoin de te tuer tu vas te tuer toi-même.
— Gnagnagna. Retourne lire ton bouquin !
— Dis celui qui me dévorait du regard...
— C'est faux !
— Tellement intense et perçant que j'en ai la peau brûlée.
Jean leva les yeux au ciel et posa sa tête sur l'épaule d'Eren par fatigue. Il commençait déjà à somnoler.
— Hey Jean ! chuchota-t-il.
— Mhm..?
— Embrasse-moi.
— Nan.
— Et pourquoi pas ??
— Ch'u fatigué connard.
— Mon mec ne veut même pas m'embrasser et me traite de connard. C'est super.
Le châtain sourit puis rapprocha légèrement sa tête avant de coller ses lèvres à celles du faux inconnu. Leur baiser dura quelque secondes et il se décala.
— Content ?
— Très.
Il reposa sa tête sur son épaule et se mit à dormir. Quand le métro s'arrêta à l'arrêt d'Eren, il réveilla le châtain et ils descendirent ensembles. Main dans la main.
