Soudain, je sens une main se plaquer sur ma bouche. Je crie, je tente de donner un oup de pied à mon agresseur, mais rien n’y fait. Nous sommes au beau milieu de la nuit, et je suis en train de me faire enlever. Comprenant que mes efforts sont inutiles et qu’ils ne font que m’épuiser, j’arrête de me débattre. Qu’est-ce que j’ai bien pu faire pour me faire enlever ? Naïali avait pourtant dit que seule une poignée de dieux étaient au courant… Et Étoiélo, dans tout ça ? Je ne m’étais pas rendue compte que je tenais à ce point à lui… Ça ne fait pas longtemps que l’on se connaît, et pourtant, j’ai l’impression d’avoir vécu toute ma vie avec lui. Ses yeux turquoise me manquent déjà, alors que mon agresseur ne m’a même pas encore enlevée. Mince, à quel moment je suis aussi intéressée par cet elfe ? Bon, c’est vrai qu’il a des yeux vraiment magnifiques et un corps si musclé que cela devrait être interdit, mais il m’a raconté sa vie, et j’ai découvert qu’il dirigeait le royaume elfe depuis deux cents cinquante-quatre ans, ce qui veut dire qu’il est considérablement plus vieux que moi, qui ai seulement vingt et un an ! Je ne peux décemment pas tomber amoureuse d’un être aussi vieux ! Je…
Je n’ai pas le temps de penser quoi que ce soit d’autre. Le malfaiteur m’a assené un coup brutal, et me voilà évanouie.
*
Lorsque je me réveille, je suis ligotée à un poteau de bois humide, bâillonnée, ce qui fait que je ne peux appeler ni mes amis ni un animal à l’aide. Devant moi, mon agresseur sifflote un air qui m’est inconnu, tout en aiguisant paisiblement son couteau qui est pourtant déjà bien assez tranchant à mon goût.
“-Dis-moi, Aïna, ça te dirait que je teste le tranchant de mon couteau sur toi ? Non ? Quel dommage… Explique-moi, que fait la princesse impériale dans cette contrée si éloignée de son précieux palais ? Écoute, j’ai besoin de Erialimis pour parvenir au pouvoir dans mon royaume, alors tu vas être bien gentille et tu vas rester ici, histoire de ne pas contrarier mes plans.”
Ça y est, le voilà qui me sort le discours du bon petit mercenaire, et je n’ai déjà plus envie de l’écouter. Très vite, je perds le fil de son monologue. Je l’observe. Il est habillé entièrement en noir, de la tête aux pieds, et je ne peux apercevoir que ses yeux sombres. Ah, si seulement, je pouvais invoquer un animal puissant qui me délivrerait de cet affreux personnage égocentrique… Il cracherait toutes les flammes de l’enfer sur lui et sur ses compagnons que ‘entends discuter derrière le rocher auquel il est adossé. Oui, si seulement c’était poss…
Je n’ai pas le temps de finir ma phrase. Juste devant moi se reese une gigantesque dragonne aux écailles dorées. Une minuscule souris blanche que je distingue à peine est juchée sur son garrot, à une hauteur que j’estime à six mètres, alors même qu’elle n’est que sur ses quatres pattes ! Si elle se mets debout sur ses pattes arrières, je pense qu’elle culminera au moins à seize mètres, et donc, puisque la longueur totale d’un dragon correspond au double de sa longueur sans sa queue, elle doit être aussi longue qu’un immeuble elfe de dix étages, c’est à dire environ trente mètres ! Sans compter que son envergure doit être équivalente. La minuscule souris descend du dos de la dragonne en glissant sur les écailles lisses, puis court rapidement sur le sol caillouteux pour ronger mes liens. Dès que mes mains sont libres, je retire mon bâillon avec rage. Durant le peu de temps qu’a duré l’opération de la souris, le dragonne a fait fuir le criminel en lui roussissant la pointe des cheveux. Lorsque la souris finit enfin de ronger les cordes qui entravaient mes pieds, je me rue sur le dos de la dragonne, et nous décollons sans plus attendre. Mes ailes sont froissées et mes articulations me font mal, j’ai dû rester évanouie bien plus de temps que je ne le croyais.
“-Comment vous appelez vous ? leur demandé-je.
-Mon nom est Pépite, pour te servir.”
Je la regarde plus attentivement, intriguée par ce nom étrange et… Mais ! Cette dragonne est constituée uniquement de choses précieuses ! Tout son corps est recouvert d’écailles d’or plus grandes que Luno, excepté sous ses ailes ou elles sont plus petites et de saphir, comme ses cornes. Ses crocs et ses griffes semblent de diamant, et je ne serais pas étonnée d’apprendre qu’elle peut les empoisonner à volonté. Elle porte un pendentif de jade qui représente une aile de dragon griffue, qui semble insignifiant sur elle mais que je serais bien en peine de porter, car il doit atteindre la taille de ma tête. Ses yeux bleus de la même teinte que le dessous de ses ailes reflètent les étoiles qui brillent par millier au-dessus de nos têtes. Sa crête dorsale, bien plus développée que celle de Luno, d’argent pur, par du bout de son museau et s’étend jusqu’à la pointe de sa queue. La petite souris blanche s’est placée entre les cornes gigantesques de Pépite, afin que je puisse m’installer confortablement.
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Aïna, fée et bien plus
FantasyJe m'appelle Aïna. Je suis la princesse héritière de l'empire fé de Ganélia, mais les grands sages ne sont pas tout à fait de cet avis. Pour pouvoir rentrer chez moi, je vais devoir tuer le tyran qui terrorise le monde de Zolm : Erialimis. Mais comm...