J'entre dans l'école. L'école c'est une place ou on est sensé apprendre et s'éduquer en matière de toutes sortes de choses. On apprends, c'est vrai, mais personnellement tout ce que j'ai appris à l'école c'est de ne jamais faire confiance à personne et de ne pas laisser montrer nos sentiments. Ici, si tu laisse montrer tes sentiments, les personnes vont te prendre pour acquis.
«Regarde là, elle pleuuuuure, et si on décidait d'aller lui faire encore plus de mal?»
C'est comme ça que les personnes pensent de nos jours, et je trouve cela effroyable. Et si un jour tu décide d'être heureuse, les autres personnes de l'école diront :
«Regarde la, l'insouciante, tout va bien dans sa vie, elle connaît pas la réalité, elle vit dans la paix et l'amour, elle, ah la garce.»
Je n'arrive tout simplement pas à croire que nous vivons dans une société où on n'est pas capable de se réjouir du bonheur d'autrui. Même que, l'absurde dans cette génération de merde, c'est que, quand une personne est heureuse, on tente de la rendre triste. Ça m'enrage ce genre de méchanceté. Quand une personne a trouvé le bonheur, laissez lui. Mon Dieu, j'espère que ce n'est qu'une passe et que les gens vont changer, car ce que font les humains de nos jours me désespère.
Quand j'étais petite, on m'a assuré que les monstres n'existent pas. Mais pourtant, c'est faux, ils existent. Ceux-ci prennent toutes sortent de formes, mais la forme la plus utilisée est l'être humain...
Une fois devant mon casier, je sens tous les regards braqués sur moi. Ils étaient tous là à me dévisager, comme si j'étais une bête de cirque. Si ils seraient restés plus longtemps comme ça, je leur aurait expliqué mon point de vue, probablement que je n'aurais pas été très pacifique par contre. Mais, heureusement pour eux, ils ont décidé d'arrêter de m'observer. Ils sont retournés à leurs petits sujets habituels: vernis à ongles, sport, souliers, maquillage, etc.
Les gens sont rendus tellement superficiels. Ils ne parlent plus, et ne pensent plus, à la nature et à tout l'univers spirituel qui les entoure. Ils ne sont même plus capables de rester dans le silence avec une autre personne près d'eux. Pour ceux-ci, c'est "malaisant". Personnellement, je ne trouve pas. Le silence est tellement...parfait. Les humains de nos jours ne peuvent même plus apprécier la simple présence d'un être qui leur est cher, il faut absolument qu'il se passe quelque chose pour que cela devienne intéressant selon eux.
Ici, personne ose me marcher sur les pieds. Ils savent que si ils tentent quoi que ce soit, ils n'auront plus de pieds pour tenter de me marcher dessus.
Je prends mon agenda et je regarde quel est mon premier cours de la journée. «Mathématiques». Quoi de pire que les maths? Rien. Sérieux les maths là... Je suis nulle comme ça ne se peut pas. Je prends mes cahiers, passe devant toutes ses personnes qui m'haïssent puis me dirige vers ma classe.
-Hannah! Mettez votre uniforme tout de suite!
Et merde.. C'est le directeur.. J'aurais pas pu tomber sur n'importe qui d'autre que lui? Il fallait vraiment que ce soit lui qui m'attrape sans mon polo.. Il va en profiter, comme d'habitude. Les premières fois, il m'a menacé d'expulsion. Les fois d'après, il m'a dit qu'il y avait bel et bien une manière d'échapper à l'expulsion, qu'il y a bel et bien une manière pour qu'il s'arrange que je reste à cette foutue école de merde, et que, en plus, je reçoive une bourse. Alors, biensûr.. J'ai accepté. Je n'avais guère le choix. L'argent, c'est ça qui contrôle tout de nos jours. Qui a l'argent a le pouvoir, qui a le pouvoir décidé de la liberté des autres.
Moi- Oui, oui biensûr.
Directeur- Qu'attendez-vous? Allez, mettez le.
Moi- Eum.. Voyez-vous, je n'en ai pas avec moi en ce moment.
Directeur- Allez tout de suite dans mon bureau! Et attendez moi là.
Putain de merde..
Je marche alors jusqu'à son espace privé, puis m'assoit sur le bureau, comme à chaque fois que des choses en ce style se produisent.Les humains sont cruels. Ils oublient que les autres aussi, bien qu'ils ne le montrent pas toujours, ont des sentiments. Où est le respect d'autrui dans notre société? Il a disparu. Littéralement disparu.
Le directeur rentre dans la pièce. Il n'est pas laid physiquement; cheveux blonds, assez longs, yeux verts, bien bâti, entre 25 et 35 ans, etc. Mais, malgrès ça, il abuse de son pouvoir envers les étudiants... Mais davantage envers les étudiantes.
Il barre la porte, ferme les rideaux, et se retourne vers moi en enlevant sa ceinture.-Prête?
-Pas le choix..
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