Black Russian

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À l'arrière d'un de ses bars qu'il a hérité de son père, une pièce sombre sans fenêtre, Black écoute diligemment le rapport de son bras droit Gale. Passant en revue un à un la longue liste de ses établissements : pour un tel bagarre d'ivrogne, pour un autre personnel défaillant, ... Les noms des commerces à problèmes sont toujours un peu les mêmes. En effet, Black n'était pas le favori de son père et n'a eu en héritage que les affaires les plus problématiques contrairement à ses frères.

Mais il ne s'en plaint pas, car, grâce à l'expérience acquise, il a ouvert d'autres commerces bien plus rentables. Aujourd'hui, il est le frère le plus riche et le plus respecté !

En parlant de ses propres créations, un nom l'interpelle, car depuis qu'il a ouvert il y a 4 ans, le rapport est toujours le même (RAS). Tout d'un coup, trouvant ça suspect, il interroge son employé : « Depuis combien de temps n'ai-je pas visité le Fallen Angel ? »

Gale, stoppant net sa litanie en levant les yeux de sa tablette. Il regarde fixement son boss cherchant dans sa mémoire. Puis, sur le même ton lassant : « Vous l'avez visité deux fois l'année de son ouverture, c'est tout. »

Cette réponse ravivant une certaine paranoïa chez lui, il demande : « De qui tient-on les informations et le rapport de ce bar ? »

Gale et son ton lascif « de Titus »

Le cerveau de Black ne fait qu'un tour, c'est louche, ce soir il s'y arrêtera.

Quelques heures plus tard, juste avant l'aube et la fermeture de ses commerces, c'est le moment privilégié selon Black pour une inspection.

Comme d'habitude, il se dirige vers l'entrée du bar à pied après avoir garé sa voiture un peu plus loin. Une silhouette qu'il connaît bien, son ami d'enfance à qui il a accordé un petit boulot tranquille il y a quelques années après une décennie à ses côtés, Titus.
Le videur, surpris, lui sourit, alors il pose le doigt sur sa bouche avec un clin d'œil, ce que son ami comprend très bien.

Le géant lui sort alors son speech sur les conditions du bar et lui ouvre la porte.

La salle, les décorations, l'ambiance sont toujours les mêmes, la salle est presque vide, les derniers clients s'apprêtant à rentrer chez eux. Il aperçoit de jeunes garçons en short très court en train de ranger et nettoyer les tables.

Mécaniquement, il se dirige vers le bar, mais à quelques enjambées, il s'arrête comme foudroyé, derrière le bar, de dos, une vision qu'il ne pourra jamais oublier... De longues jambes fines et sensuelles, une peau de porcelaine, surmontées d'un très joli fessier rebondi. Son esprit divague immédiatement. Il voit sa main glisser de ses chevilles jusqu'à ses fesses : "Que cette peau doit être douce !" Il se dit que ses lèvres seraient comblées au creux de ses cuisses. Une taille fine et bien dessinée ; "Mon bras épouserait parfaitement la forme de ses hanches !" Des mains fines et élégantes et des bras fins mais fermes. Des épaules si érotiques, une nuque élancée et digne.

Perdu dans son fantasme, il ne peut que fixer cette apparition inattendue.

Puis l'ange se retourne, un visage magnifique, de jolis yeux bruns, un regard chaleureux, des lèvres pulpeuses, un petit nez, un torse étroit mais bien dessiné, un ventre plat et souple et ses cuisses... Enivré par cette vision et n'arrivant plus à détacher son regard du jeune homme, il est surpris par son sourire et sa charmante voix.

Il se demande encore à quel moment ses pieds ont fait les derniers mètres jusqu'au bar.

Il se rappelle avoir balbutié quelque chose et un cocktail est délicatement posé devant lui.

Un Old Fashioned, son breuvage préféré. Cet ange est-il devin ?

Non seulement il est surpris de recevoir ce cocktail précis, mais il l'est encore plus car sa réalisation est parfaite.

Soudain, la voix rauque et puissante de Titus résonne dans le bar en signifiant sa fermeture et la musique est arrêtée.

Il aurait aimé rester admirer cet adorable jeune homme encore pendant des heures, mais il se rappelle qu'il n'est pas là pour ça.

Il balance un billet sur le bar et il lui faudra se faire violence pour détourner enfin ses yeux du barman et se diriger vers la sortie. Quand celui-ci l'interrompit dans son élan, il lui fallut se raisonner plusieurs fois pour ne pas se jeter sur lui. « Tu peux garder la monnaie, mon ange, prends tout ! », se dit-il.

En sortant, il s'arrête devant son vieil ami. « Quel est le nom du barman ? » « Sweetheart », lui répond Titus, circonspect.

Un sourire se dessinant sur son visage, une chaleur qu'il avait oubliée lui parcourant le corps, il regagne sa voiture en psalmodiant « SweetHeart, my SweetHeart... »

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