- Evidemment.. C'est à l'autre bout du campus!
Ses pas martelant les marches de bois poli, Lou maudissait sa curiosité. Lorsque le jeune homme lui avait annoncé devoir retraverser le site en sens inverse, elle s'était imaginé redescendre rapidement et rejoindre une de ces vielles bicoques abandonnées à l'orée du bois. Pas une seule seconde elle ne s'était figuré que des galeries puissent s'étendre quatre niveaux sous la surface. Galeries qui n'avaient pas l'air de vouloir les mener à bon port. Le dédale de couloirs, tous plus vides les uns que les autres, courrait sans fin dans un univers tapissé de blanc et d'ocre. Les murs lisses, aux angles arrondis et au plafond en arche, ne lui laissaient pour discerner le haut du bas que des marches aléatoires et ce que Newton se plaisait à appeler gravité. Elle envisagea un temps de traîner des pieds expressivement, de sorte à ce que Saturnin lui accorde au moins un rythme décent, avant de se raviser. Non, si elle voulait un jour voir la fin de ce labyrinthe, elle se contenterait de courir sur les talons de son guide, essayant de ne pas le perdre à un croisement sous peine de voir la lumière au bout du mauvais tunnel. Franchement, elle ne tenait pas à expérimenter la mort par déshydratation. Elle se résigna à compter les motifs de lys dorés à intervalles réguliers, détonants sous la peinture terne. Ils avaient dû emprunter à minima une douzaine d'escaliers abrupts et le double de portes dissimulées entre les dorures, quand un rythme pressé martela le parquet. La jeune fille, déjà tiraillée par la sensation de ne pas être à sa place, eut un mouvement de recul, prête à détaler au moindre signe de son guide. Qui la retînt d'une poigne ferme:
-Ne te dégage surtout pas avant que je te le dise.
Son ton s'était fait grave et ses yeux d'un gris terne. Il semblait perdu dans un mauvais souvenir, mais Lou n'eut pas le temps de s'étendre sur le sujet. Il passait déjà à l'action. Ses pupilles se rétractèrent jusqu'à disparaître, étouffées par une brume semblant provenir de son crâne même. La brume envahit tout son être, s'en sépara silencieusement, tirant derrière elle le bras de la jeune fille. Elle écarquilla les yeux. Non, voulut écarquiller les yeux. Elle n'avait plus aucun contrôle sur son corps, n'était même plus ce corps. Simple nuage aux contours confus, elle sentit son enveloppe se désagréger lentement derrière elle. Elle disparaissait. Alors qu'elle se sentait s'éparpiller dans l'air, la main de Saturnin, plus solide que tout à cet instant, la rappela à l'ordre d'une pression sur son bras. Elle se laissa tirer à travers le mur de gauche comme à travers de l'eau, trop sonnée pour faire quoi que ce soit. De toute manière, elle se serait trouvée bien en peine à cet instant là de simplement lever un sourcil. La silhouette vague qu'elle supposait être l'esprit de son compagnon s'arrêta de l'autre côté du mur, et se retourna vers elle. Un mouvement sur son visage, qu'elle supposa être un sourire, lui signifia qu'ils étaient en sureté, et elle sentit la main de brume redevenir tangible. Son corps reprit également lentement son apparence ordinaire, et lorsque l'effet se fut propagé jusqu'à ses orteils, Saturnin laissa retomber son bras.
-Diviseur, dit-il simplement.
-Toi, ou la chose qui est passée ? répondit-elle, surprise elle même de ne s'étonner qu'à moitié de la créature qu'elle avait entraperçue avant de se fondre complètement dans le mur. Le jeune homme étouffa rire.
-Moi. Non, cette espèce de nain de jardin velu, c'est ce qui fait tourner les films comme Rebelle. Un feu follet!Lou ne saisit pas immédiatement ce que le garçon entendait par là. Feu follet... Son cerveau lui imposa instantanément un temps de pause, essayant de toutes ses forces d'associer ces petites flammèches virevoltantes à la chose poilue d'un gris sale qui courait de toute la force de ses jambes de vingt centimètres, traînant une immense pile de courrier dans un chariot derrière lui. Pas moyen. Son compagnon, ayant clairement remarqué son doute, coupa court à ses réflexions:
-Ils ont les mêmes caractéristiques que certains champignons bioluminescents. La nuit, une fois par an, ils se mettent à briller d'une lueur bleutée qui évacue par la même occasion toutes les toxines que leur corps à emmagasiné. Ils deviennent plus légers, à tel point que le vent arrive à les porter. C'est la purge, sans doute l'évènement le plus génial qui existe, depuis que tout le monde s'est mit à le célébrer. Il faut absolument que tu y assiste l'an prochain!
-D'accord, d'accord! Doucement!La jeune fille étouffa un rire. Au ton qu'avait pris son ami, il semblait véritablement adorer cette fête. À vrai dire, elle aussi avait envie de voir ce à quoi ça ressemblait. Elle hésita, mais lança:
-Alors... Tu n'auras qu'a me faire voir par toi même! Qu'en dis-tu?
-Pas de problème! Lança-t-il immédiatement, comme s'il n'attendait que sa proposition. Dans ce cas, rendez-vous le jeudi 2 juin, au café de d'habitude?
-Attends... C'est la semaine prochaine?Elle s'arrêta un instant, réfléchissant à ce qu'elle avait prévu ce jour là. Evidemment, il y avait les cours. Puis elle avait prévu de sortir en ville avec Hannah, sa meilleure amie, pour lui trouver une nouvelle robe. Celle-ci devait assister le soir même à sa remise de diplôme. D'après elle, ça tenait plus du festival que de la cérémonie bien rangée, comme on pourrait le croire. Après tout, elle était élève dans un établissement de la haute société, le genre de site sous haute surveillance auquel n'accèdent que les élèves sélectionnés avec soin et leur proche famille. Pourtant, une fois par an, le petit groupe fermé que constituait l'école relâchait un peu la pression sur ses étudiants. Ce qui comme n'importe où, entraînait à coup sûr un évènement. Les professeurs avaient beau faire leur possible pour les coincer, les élèves parvenaient toujours à organiser une soirée dans un des bâtiments. Cette année ne dérogeait pas à a règle.
-Je devrait pouvoir venir, finit-elle par confirmer. À condition que j'aie jusqu'à 19 heures. Je t'attendrai avec une amie sur la banquette du fond.
Ce à quoi il répondit avec un enthousiasme peu commun :
-Génial ! Alors c'est réglé !Avec un sourire, elle haussa un sourcil et acquiesça. Lou s'était toujours figuré qu'il était quelqu'un de plutôt pragmatique, toujours à calculer ses paroles, et sans vraiment montrer d'intérêt pour quoi que ce soit. Pourtant, lorsqu'ils empruntèrent une porte fondue dans le mur opposé de la pièce entièrement vide où ils s'étaient retrouvés, pour reprendre leur chemin dans un couloir parallèle aussi semblable à l'ancien que les droites AB et A'B', elle nota qu'il serait finalement plutôt amusant à côtoyer. D'ailleurs, il faudrait qu'elle réussisse à lui faire boire à nouveau du café. La grimace expressive qu'il ne pouvait s'empêcher d'exhiber était à n'en pas douter la huitième merveille du monde. Hannah ne pouvait décemment pas passer à côté.
***
Heyy!!
Me revoilà ! Oui, je sais, j'ai mis littéralement deux mois à finir ce chapitre, mais j'avais le rythme lycée à prendre et d'autres projets en parallèle.
Donc... Pitié pardonnez moi T.T
À part ça, j'ai pas grand chose à racconter, alors on va juste conclure sur:
Prenez soins de vous, et mangez de la raclette! (profitez-en, c'est l'hiver!!)
Eh bien... J'espère poster avant l'année prochaine, hein! Kiss <3
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⟨⟨ We can't catch a cloud ⟩⟩ --En Pause--
ParanormalWARNING/!\ → Cette histoire est en Français. [Oui c'est juste moi qui aime HAbLaR EnGliSH. -.°+ ( ̄ω ̄) +°.- ] Note > histoire en pause pour me laisser le temps de rebosser les premiers chapitres, parce qu'à la longue je m'améliore, et que c'étai...