Le matin, alors que la maison était encore plongée dans l'obscurité, Francesca se leva en silence. Elle attrapa un sac à dos dans lequel elle avait glissé quelques affaires, puis marcha sur la pointe des pieds jusqu'à la porte d'entrée. D'un geste précautionneux, elle déverrouilla la serrure et s'éclipsa.
Une fois dehors, elle se mit à courir, aussi vite que ses jambes le permettaient. Mais sans s'en rendre compte, elle s'engagea dans un quartier dangereux, un endroit qu'elle aurait dû éviter.
En avançant, elle aperçut un groupe de jeunes assis sur un trottoir, fumant nonchalamment. Son souffle se coupa net lorsqu'elle remarqua les foulards verts noués autour du cou de deux d'entre eux.
Alors qu'elle tentait de rebrousser chemin discrètement, son pied glissa sur une flaque, et elle s'effondra au sol. Le bruit attira immédiatement l'attention du groupe, qui se tourna vers elle.
— Oh, tiens donc, mais qui voilà ? lança un jeune homme au foulard vert, un sourire carnassier aux lèvres. Son accessoire, signe d'un rang élevé au sein du gang, ne laissait aucun doute sur son autorité. Il s'approcha d'elle d'un pas lent et assuré, une démarche de prédateur.
Francesca se releva précipitamment, les larmes perlant déjà sur son visage. Elle recula de quelques pas, tremblante.
— Diablo, tu vois pas qu'elle a peur ? intervint un autre, mimant un pistolet avec ses doigts, qu'il pointa sur elle en riant.
— Moi, lui faire peur ? Jamais ! répondit Diablo d'un ton faussement innocent avant de se mettre à courir vers elle, une main tenant son pantalon qui glissait.
Paniquée, Francesca fit volte-face et se mit à courir de toutes ses forces. Mais Diablo ne semblait pas vouloir abandonner.
— Ne t'inquiète pas, mi amor ! cria-t-il, s'arrêtant soudainement. Je sais où tu habites maintenant. On se retrouvera très vite, toi et moi, mi amor.
Il rebroussa chemin vers son groupe, un joint à la bouche.
— Je la veux, déclara-t-il en tirant une longue bouffée. Demain, elle sera à moi. Elle ne pourra plus m'échapper. Un sourire effrayant déforma son visage.
Pendant ce temps, Pablo était rentré du travail et avait préparé le déjeuner. Mais lorsqu'il alla chercher Francesca, il ne la trouva ni dans sa chambre, ni ailleurs dans la maison. Après deux heures d'attente, l'inquiétude céda place à la colère.
— Francesca... je vais te détruire, murmura-t-il pour lui-même, les mâchoires serrées. Tellement que même pleurer te fera mal.
Francesca, de son côté, courait toujours. Essoufflée, elle finit par atteindre la porte de la maison et entra précipitamment, tentant de reprendre son souffle. Mais elle n'eut pas le temps de refermer derrière elle : elle fut projetée contre le mur avec violence. La porte claqua derrière Pablo, dont le regard brûlait de rage.
— Pa... Pablo... balbutia-t-elle, se cachant le visage avec ses mains. J'étais partie voir... le lever du soleil...
— Ne me prends pas pour un con ! rugit-il, avant de lui asséner un coup de pied à la jambe, la faisant tomber au sol.
Il se pencha sur elle, ses yeux remplis d'une colère incontrôlable.
— Tu refuses de m'écouter quand je parle ? Très bien. Il est temps de passer à un autre mode de communication.
Sa main se referma sur le cou frêle de Francesca, serrant jusqu'à ce qu'elle suffoque. Il s'arrêta un instant, puis recommença, comme possédé par sa fureur. La soulevant par le cou, il la relâcha brutalement avant de lui asséner un coup de poing dans le ventre.
— Arrête... Pablo, je t'en supplie... sanglota-t-elle en tentant de reprendre son souffle.
— Non ! hurla-t-il. Il est trop tard, Francesca. Je déciderai quand ça s'arrêtera.
Le crissement d'un frein de voiture résonna soudain dans la rue, suivi d'un départ précipité. Mais Pablo n'y prêta pas attention. Il gifla Francesca à plusieurs reprises avant de la tirer vers sa chambre, où il la jeta violemment sur le lit.
— Tu veux continuer à maigrir ? Très bien ! Tu ne mangeras pas aujourd'hui ! fulmina-t-il, claquant la porte derrière lui. Un bruit de serrure se fit entendre.
Francesca, le corps meurtri, se redressa péniblement et se dirigea vers le miroir. Son visage était marqué de bleus et de rougeurs. Des larmes silencieuses coulèrent le long de ses joues.
Elle vida le contenu de son sac sur le lit, puis sortit un sac de sport plus grand. Elle y rangea quelques survêtements, des sous-vêtements, son chargeur, son vieux doudou, et son portefeuille. Réglant son alarme sur 6h du matin, elle posa son téléphone à côté du sac avant de saisir une photo de sa mère.
Elle caressa doucement le visage de sa mère sur l'image.
— Ne t'inquiète pas, maman. Je serai bientôt avec toi, murmura-t-elle, déposant un baiser sur la photo avant de la ranger précautionneusement dans le sac qu'elle glissa sous le lit.
Se tenant le ventre de douleur, Francesca s'allongea enfin sur son lit. Épuisée par les événements, elle sombra rapidement dans un sommeil agité.
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Trop tard Mi Amor !
RandomFrancesca, une adolescente de 16 ans, traversait une période sombre après la perte de sa mère. Désormais, elle vivait seule avec son frère, mais ce dernier peinait à gérer son éducation. Récemment, il avait découvert qu'elle souffrait d'anorexie, un...
