Chapitre 15

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Neeja

Quatres jours que nous avons quitté les pirates et nos journées se ressemblent comme deux gouttes d'eau.
Nous ramons en direction du village, chacun notre tour puis nous nous arrêtons sur une étendue de sable afin de dormir et manger. Au petit matin nous nous remettons en route et ça depuis quatre jours. La fatigue s'instaure doucement dans notre petit groupe, notre allure ce fait de plus plus faible. Les poses se multiplient, les vertiges s'ajoutent, les tensions augmentent rendant cette traversée bien plus longue qu'elle ne l'est réellement.

Depuis trois jours nous naviguons entre deux pentes de terre. La roche de la falaise s'élève au dessus de nos têtes se refermant sur nous tel un piège mortel. Parfois, des éboulements ont lieu nous forçant à nous arrêter pour se mettre à l'abris.
aujourd'hui, elles sont ce qui s'apparentent à des frontières, bannissant tout êtres vivant de l'autre coté à l'oubli. 

Elles séparent le royaume d'Enderan et celui oublié de Nimmea.
Selon les voleurs une légende expliquerai cette fissure.
Le grand roi se serait épris d'une femme à la longue chevelure de lune, ils se seraient vu en cachette jusqu'à ce que quelqu'un le découvre. Un soir, alors qu'ils avaient rendez vous, elle ne vint pas, seul un parchemin s'y trouva. Son amante aurait été enlevé, en échange de sa vie l'individu aurait voulu quelque chose de précieux bien plus que l'argent, le pouvoir.
La légende dit ensuite que se serait pour elle qu'il serait parti en guerre mais Enderan serait arrivé trop tard pour la sauvée.
Elle aurait perdu la vie dans ses bras. C'est à l'endroit de sa mort que cette séparation serait apparue, montrant la rupture entre son passé et son futur sans la femme qu'il aimait.
La fissure représente depuis la perte de sa moitié.

Pour être franche je n'y crois guère mais les légendes sont toujours tirés d'une part de vérité. Reste juste à déterminer laquelle.

Je laisse ma tête retombée sur mon poing, m'accoudant au rebord. Je laisse mon regard dérivé sur le paysage qui ne semble jamais changé, des pierres, de la terre, mais plus nous nous rapprochons de notre destination plus des fissures noirs apparaissent, en me penchant d'avantage j'arrive à reconnaitre des ronces. Comme celles présentes dans le désert. Etrange. Je met cette informations avec toutes les autres que j'ai pu récupérer au sein de notre voyage.
Je soupire de lassitude. Le temps peut vous paraître long quand vous êtes entouré de deux nouveaux ennemis.

- Puisque je te dis que je connais le chemin !

- Mais bien sûr ! Nous tournons en rond !

- Je suis plus vieux que toi.

- Et alors ?! Je suis....

Je n'écoute pas la suite de leur énième dispute préférant regarder l'eau, qui d'ailleurs est translucide, elle scintille comme un diamant exposé au soleil. Mes doigts caressent la surface, elle est froide, c'est étrange, je jurerai qu'elle était chaude hier. Cette île a définitivement un problème.

Je laisse ma main retomber dans le fluide pour regarder mon amie debout sur la barque, se tenant le menton levé, les poings serrés face à Area.
Une marque de main apparaît doucement sur la joue du voleur. Je lève les yeux au ciel exaspéré par leur comportement. Je vais finir par les jeter à l'eau afin de les abandonner tous les deux, histoire qu'ils règlent leurs différents une bonne fois pour toute.

- Asseyez-vous. Vous allez nous faire chavirer. Les réprimande Ren.

Mais aucun d'eux ne l'écoute.

- Aasha ! Area ! Ça suffit ! Comportez vous en adultes. Tonais-je en sentant notre embarcation tanguer dangereusement.

C'est après s'être fusillé du regard qu'ils s'assoit chacun dans un coin de la barque.
Je roule des yeux pour la énième fois mais je ne peux m'empêcher de lancer un clin d'œil à mon apprentie.
Un sourire illumine son visage.
Entre filles il faut bien se soutenir.

Until the end (en pause)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant