Neeja
Le soleil se lève progressivement, réchauffant l'atmosphère, baignant le paysage d'une douce clarté orangée.
Je ferme un instant les yeux savourant cet instant, jusqu'à ce que je me souvienne l'aube et le crépuscule ont toujours été mon moment préféré, l'instant où le monde semble en paix, chacun admirant ce spectacle. Remerciant la vie de nous permettre d'y assister une nouvelle fois.
Chaque jour est différent, nous apportant son lot de souffrances mais aussi de bonheur.
Ce moment nous prouve que nous avons survécu à l'enfer un jour de plus.
J'inspire avant de reprendre ma marche courant presque pour rattraper les deux garçons à cheval qui discute gaiement.
Je les observe à les dérober évaluant ses gestes, son attitude. Mais c'est sur le sourire de mon meilleur ami que je m'attarde.
Comment Ren peut-il si vite lui faire confiance ?
Il arrive toujours à voir le positif dans l'âme des personnes qu'il côtoie. Il s'agit de sa plus grande qualité mais c'est ce qui causera sa perte si je ne suis pas ici pour surveiller ses arrières.
Mais bien souvent son instinct se révèle être dépourvu de toutes fautes.
Alors je vais essayer d'être plus gentille avec notre voleur.
Cela fait désormais deux heures que nous marchons et il n'y a toujours aucun signe de son prétendu abri.
Le soleil tape sur ma tête, l'air brûle mes poumons à chaque inspiration, mes pieds frappent le sol recouvert d'une fine couche de sable, sable qui augmente au fur et à mesure des mètres que nous parcourons.
- Bienvenue dans la vallée de la mort ! S'exclame Area les bras ouverts balayant l'étendu désertique.
- Pardon ? Je crois avoir mal entendu. Repliquais-je vivement sentant la colère monter.
- Je te rassure ton audition est parfaite. Rétorque mon meilleur ami sceptique.
Mes poings se serrent. Je me mords la lèvre tentant de retenir le flot d'insultes qui me vient en tête.
Notre compagnon saute à terre et je saisis cette occasion pour foncer sur lui afin de lui décocher un crochet du droit. Je décharge toutes émotions négatives de mon corps dans ce coup qui lui vaudra probablement un bon hématome.
- Neeja ! Hurle Ren.
- Mais ça va pas ?! S'offusque le voleur une main sur la joue.
- Ça fait des heures que nous marchons sous la promesse d'un abri et nous voilà dans la vallée de la mort ! Avoue le ! Tu veux nous tuer !
- Quoi ? Mais pas du tout ! J'habite ici. C'est le lieu de vie de notre peuple. Je me nomme Area qui signifie sable. Tu doutes à ce point de moi ?
- Et comment ! Tu as déjà voulu nous tuer une fois qui me dit que tu ne le feras pas une deuxième fois ? Les traîtres sont courants dans votre monde.
- Je ne le ferai pas.
La main de mon meilleur ami se pose sur la mienne me tirant tendrement en arrière.
- Calme toi lilium.
Il penche légèrement la tête sur le côté gauche afin de trouver mon regard.
Je prends une grande inspiration puis je lâche mon souffle comme si je souhaitais faire de la buée, relâchant la pression prisonnière dans mes muscles.
À ma droite, Area me fixe se massant la pommette.
- Si tu attends des excuses tu peux aller te faire foutre. Lui indiquais-je.
Il lève ses mains vers le ciel en signe de résignation.
Certe j'ai dit que j'essaierai d'être gentille pas que je le serai constamment.
- Je l'ai cherché. Vous pouvez prendre le cheval, je suis habitué à marcher sous cette chaleur.
Et c'est ce que nous faisons, le reste du trajet se passe dans le silence, la gorge trop sèche pour parler.
Nous arrivons à l'entrée d'une ville, enfin plutôt ce qu'il en reste. Des ruines se dévoilent à nous, autrefois il devait y avoir une ville ici. Elle semble avoir été attaquée.
L'arche en pierre sous laquelle nous passons est en partie détruire, du sable la recouvrant, entouré par ce qui semble être des ronces.
Je fronce les sourcils face à ce constat, que font des ronces dans le désert ?
Je ne m'attarde pas plus sur la question préférant analyser le reste de mon environnement.
Des pierres jonchent le sol, des restes de tours et d'habitations sont postées de part et d'autre de la route.
- Tu habites vraiment ici ?
- Pas exactement.
Mon front se plisse en réaction à mon incompréhension ne comprenant pas sa réponse.
Il rigole avant de nous faire signe de descendre de notre monture.
Une fois à ses côtés je pose mes mains sur mes hanches attendant une explication.
- Parfois il ne suffit pas de voir, il faut savoir regarder.
Il tend son bras devant lui, ses doigts s'enroulant autour de l'air.
Puis doucement il déplace son bars sur la droite, dévoilant une rue marchande bordée de maison faites de sable, des tissus sont étendues entre elles, donnant le l'ombre aux habitants qui circulent entre les allées. Des enfants se courent après rigolant quand l'un d'eux tombe.
Un léger sourire s'accroche à mon visage à mesure que je découvre les lieux.
- Soyez les bienvenus à Adrshy.
Je continue de m'émerveiller devant les constructions ne prêtant pas attention aux gens me dévisageant curieux.
Un tissu jeté au visage me ramène sur terre. Je fusille du regard le voleur.
- Pour cacher votre tête.
- Pourquoi ça ?
- Ren au cas où vous l'auriez oublié nous ne sommes pas habitué à croiser des elfes. Ça ne court pas les rues.
- Il a raison. Résonne une voix inconnue.
Nous nous retournons de concert avec mon meilleur ami pointant notre épée sur le cou de la personne encapuchonné qui est suivie d'un petit groupe d'individus.
- Who who. Elle lève les mains afin de repousser nos lames puis sa capuche retombe dans son dos nous permettant de découvrir une jeune femme à la peau noire, aux cheveux courts bouclés semblable à la couleur du sable. Ses yeux abordent les même tâches dorés que notre guide.
Les autres retire tour à tour leur tour leur cape nour révélant leur apparence.
Mon attention se porte d'abord sur les deux hommes encadrant leur cheffe, l'un a le crâne rasé décoré de tatouages blanc ressortant grâce à sa chair foncée, le deuxième lui ressemble comme deux gouttes d'eau à la différence qu'il a des cheveux noir coupé à ras. quant à la femme qui se tient en retrait, elle aborde de long cheveux blond rassemblé en quatre tresses collées. Sa peau est similaire à celle d'une poupée de porcelaine et à la différence de ses camarades ses yeux sont d'un bleu limpide.
Mon regard se porte sur le poignet de la personne face à nous.
- Des voleurs... Murmurai-je à mon meilleur ami.
- Duna !
Notre guide se précipite vers ses camarades qu'il serre dans ses bras dans une étreinte affectueuse.
Je les regarde faire songeant à Rosaly. Elle me manque terriblement.
- Les gars je vous présente Ren et Neeja, nos invités.
~
VOUS LISEZ
Until the end (en pause)
Fantasy"Un peuple vaincu se dit toujours trahi." Enderland, une île en proie à la mort, un peuple divisé, rien ne va plus sur ces terres mais pourtant, élevée à l'abris des regards, une jeune femme du nom de Neeja pourrait être la solution à ce chaos. Qu...
