Chapitre 16

20 3 6
                                        

Ren


Le monde me semble tourner au ralenti, on crie autour de moi mais leur voix me paraissent étouffées, on me secoue mais je ne sens rien. Mon organisme semble être déconnecter.
Je n'arrive plus à bouger, je n'arrive plus à parler.
La seule chose que je fais c'est rester fixé sur son corps. 
Mes bras la maintiennent contre moi alors qu'elle convulse.
Ses paupières sont fermées mais c'est comme si je parvenais à voir ses iris, je les connais par cœur, jusqu'à la moindre petite tâche. J'espère voir ses paupière se soulever pour découvrir son regard assassin. Entendre sa voix pleine de sarcasme me hurlant qu'elle n'a besoin de personne. J'espère voir cet éclat de malice se rallumer mais elle reste désespérément inerte contre moi.

Je n'ai jamais compris comment les gens pouvaient être aussi figés alors que quelqu'un qu'ils aiment est en danger mais aujourd'hui je comprends.
Je comprends se sentiment d'incohérence entre votre cerveau et votre cœur.
Mon cerveau me hurle de me lever et d'agir mais mon cœur se recroqueville au fond de ma poitrine ne voulant pas être plus blessé qu'il ne l'ai déjà. J'ai peur. Je n'ai jamais été aussi terrifié de ma vie.

- Lilium ? Mon murmure est implorant, si faible que le vent l'emporte avec lui, comme il emporte mon courage.

Ma main glisse sur sa joue brulante, mon pouce effectue des cercles sur sa peau pâle. Ses cheveux colle à son front, je viens délicatement lui dégager le visage, ma paume descend dans son cou où je sens son poult faiblir. La panique envoie voler en éclats toutes mes réactions logiques.

- Neeja ? Tu m'entends ? Il faut que tu te battes, tu as toujours été la plus forte de nous deux à la bagarre... Alors bordel réveille toi ! Mes doigts agrippent ses épaules que je secoue dans l'attente d'une quelconque réaction.

Mes amis sursautent au son de ma voix mais je ne m'en préoccupe pas plus.
Car l'unique signe de vie que je désire est celui de ma meilleure amie.
Seulement il ne se passe rien. Pas un cillement, rien.

Une main se pose contre mon dos, je sens une présence s'agenouille à ma droite. J'ai vaguement conscience de la présence d'Aasha à mes côtés.

- Ren ? M'appelle-t-elle doucement.

Je relève ma tête vers elle l'implorant du regard.

- Pourquoi elle ne bouge pas ?... C'est ma meilleure amie, elle ne peut pas mourir, pas avant moi, pas comme ça...

- Thomas dit qu'elle a été empoissonné par la créature qui l'a attaqué.

- Alors il doit bien exister un remède. Tous les poisons en ont un !

- Malheureusement aucun de nous ne connaît les composants.

Mes jointures blanchissent sous l'effet de l'impuissance.
Je suis en colère, pas contre Neeja cela va de soit, non c'est à moi que j'en veux. Si seulement nous étions passé chez elle pour qu'elle puisse récupéré son carnet de potion alors nous aurions pu la sauver. Si seulement je pouvais remonter dans le temps, je changerais tellement de choses.
À l'heure qu'il est il ne doit en rester qu'un tas de cendres. 

La barque crisse me révélant que nous avons accoster.
Je daigne enfin lever les yeux sur le paysage et découvre que nous nous trouvons face à un escalier. Creusé à la même falaise, les marches serpentent parmi les maigres feuillages qui ont réussi à pousser. J'observe avec attention les espaces prévu pour mettre les pieds, certain endroits ont été fragilisés, la corde servant à protéger notre avancée du vide n'est plus vraiment utile tant elle est devenue endommagée. 
Je me lève prudemment, la jeune femme convalescente dans mes bras, j'avance sur le sable suivie des autres. J'ignore tous les regards d'inquiétudes, elle est ma priorité, nous devons trouver de l'aide et au plus vite. Mon avis semble être partagé par le reste du groupe car nous nous empressons d'entamer l'ascension.

Until the end (en pause)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant