Chapitre 13

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-Moi, je voyais plutôt quelque chose dans un bleu royal avec des broderies dorées en forme de lys

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-Moi, je voyais plutôt quelque chose dans un bleu royal avec des broderies dorées en forme de lys.

-Ça ne met pas en valeur les deux maisons, ce que vous proposez. Seuls les Starael et pas les Kaevras.

Je n'écoute que d'une oreille la conversation de ma mère avec la femme chargée de designer ma robe de mariée. Mes yeux se posent sur la vitre qui sert de miroir devant moi. J'y vois mon reflet. Mes cheveux emmêlés et mes ongles noircis par la terre et l'herbe font tache avec la robe blanche que je porte. On m'a fait mettre une robe blanche comme dans l'ancien temps, toute simple, mais avec un dos complètement dénudé.

-Madame Seraphine Onadum a déjà commencé les dessins, regardez.

La femme aux cheveux rouges tend une tablette à ma mère qui regarde la robe avec hésitation.

-Elle est très... belle, certe, mais dans notre famille, nous avons une traduction. La femme qui se marie doit porter du vert avec des bijoux de famille argentés. Il est hors de question que ma fille se marie dans des couleurs aussi voyantes que ce bleu et ce doré.

C'est la première fois que j'attends ma mère parler autant et surtout pour me défendre autant. En réalité, elle défend davantage les valeurs et les traditions de notre famille que moi.

-Les traditions sont faites pour être brisées, madame.

-Nous sommes la maison qui étudie les armes, maintient la chasse et poursuit les traditions. Vous voulez, en plus de mettre ma fille dans vos hideuses couleurs, briser ce pour quoi nous existons ?

La femme baisse les yeux et comprend son erreur. Elle s'excuse et s'éloigne de nous. Ma mère jette un regard dans ma direction sans un mot.

L'assistante revient vers nous après quelques secondes.

-Je viens d'appeler madame Seraphine et elle va modifier ses dessins pour correspondre un peu mieux à vos attentes.

-Bien. Nous avons réglé ce problème.

Elle part sans son reste et me laisse seule avec l'assistante qui continue de prendre mes mesures. 

-Pouvez-vous lever les bras, mademoiselle ?

Je hoche la tête et lève mon bras gauche et la laisse prendre ses mesures. Un bruit de porte me fait lever les yeux et mon souffle se coupe. Deux billes bleues glaciales se posent sur moi.

La veille...

-J'ai subitement mal à la poitrine. Prouve-moi donc que tu as raison et que j'ai tort, petite étoile.

J'allais répondre, mais le bruit de la porte en verre me fit sursauter. La fille de tout à l'heure est là, arrêtée dans l'embrasure de la porte. Elle me fixe avec un air hautain et méchant. Elle lance un coup de tête vers moi.

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