Ce chapitre est constitué exclusivement des souvenirs dont Irelia parle à Lance.
🚨 Trigger Warning 🚨
Violence/alcoolisme/harcèlement
Ma mère semblait à nouveau pleurer dans le salon, du haut de mes six ans je m'avançais vers elle.
« Maman? Maman! Est-ce que ça va?
Ma mère s'était retourné vers moi, un hématome au coin des lèvres.
- Oui ma chérie, maman s'est fait mal c'est rien!
Des pas gras se font entendre à l'étage, cela ne présageait rien de bon. Mon père sort de son bureau titubant.
- Tu parles de quoi à la gamine! Tu lui montes le crâne ! Tu lui as dit que son père était un alcoolique ? Qu'il était violent ? Qu'elle n'était même pas voulu cette pauvre gamine? Tu lui as dit?
Sa voix était rauque, il avait du boire encore. Du plus loin que je me souvienne ça a toujours été comme ça. Ce jour là, ma mère avait fondu en larmes. Je n'ai jamais vu ma mère heureuse avec lui, les seules moments où elle souriait c'était lorsqu'elle était avec moi, avec nous, ses enfants. »
Puis au collège, je me faisais harceler car j'avais les yeux d'une couleur « bizarre ». J'étais un « extraterrestre », j'allais tous les « manger », je venais d'une famille de « fou » ou de « loup garou » ou encore de « vampire ». J'étais souvent rejetée ou frappée dans la cour du collège jusqu'au jour où j'ai décidé de ne plus me laisser faire.
À mon tour, je les avais frappés un par un. Celui qui osait se mettre au travers de mon chemin se prenait la raclée de sa vie et c'est comme ça que j'ai pu me faire respecter mais attention hein, c'était seulement de la défense.
Puis j'ai grandi, au lycée ça allait mieux mais pour mon père, son problème d'alcool ne s'était pas arrangé. Plusieurs fois durant mon adolescence j'avais appelé les forces de l'ordre, en vain. Ma mère ne voulant porter plainte, mes appels ne servaient à rien. J'avais décidé de laisser faire, c'était à elle de prendre sa décision d'elle même qu'est-ce que je pouvais faire d'autre?
Je sortais beaucoup avec mes ami.e.s, j'allais chez eux même en semaines. Ma mère comprenait que la situation était compliquée pour nous aussi et mon père de toute façon, ne voyait même pas si ses propres enfants étaient là ou non. Je faisais tout pour l'éviter et éviter ma famille, à part mon frère. Je suis certaine que j'étais très proche de lui comme je l'étais de ma mère.
D'ailleurs, c'est dans l'adolescence que mon père commençait à la tromper. C'était un bel homme, puis il avait la tchatche. Il savait qu'il plaisait et il en a profité laissant ma mère souvent seule dans le lit conjugale pendant plusieurs nuits. Elle le savait au fond elle, mais elle préférait ne pas y croire d'autant plus que son absence nous donnait du répit autant qu'à elle qu'à nous.
Puis il revenait et reprenait son rôle de dictateur violent, et il repartait. C'est comme ça que ça se passait. Je sortais de plus en plus avec mes ami.e.s quand mon père n'était pas là. Malgré tout, j'avais de bonnes notes et j'aimais l'école.. je crois que je me rattachais à ça.
Je me rappelle aussi de toutes les interdictions que j'avais et que je bravais évidemment mais la liste était longue :
- Pas d'ami garçon, les garçons voudront seulement "mon cul"
- pas de petit-ami car je n'ai pas l'âge et qu'encore une fois on ne pourra pas m'aimer parce qu'ils voudront "mon cul"
- Homophobe donc je n'ai jamais pu lui faire part que j'aimais aussi les filles puis je pense que si je lui avais dit, il m'aurait sûrement enfermé quelque part hors du monde social
- Pas de soirée
- Pas un mot sur ce qui se passe à la maison
- Toujours avoir au dessus de 14 en cours et lorsque je ramenais des 13 je me faisais prendre une énorme gifle ainsi qu'un "à se demander si tu es vraiment ma fille, tes bien comme ta mère une bonne à rien on sait déjà comment tu vas finir"
Alors oui, quand mon père partait voir ses maîtresses à la maison on revivait comme une famille. Ma mère était triste mais elle s'occupait de nous car elle était tout de même soulagée, j'en profitais pour emmener des ami.e.s à la maison et mon frère aussi me semble-t-il. Nous savions que lorsqu'il revenait il envoyait toujours un message à ma mère pour lui demander de demander à nos majordomes de préparer le repas, nous n'avions pas peur de nous faire chopper car c'était impossible. Ses périodes là j'en profitais pour aller faire des fêtes, d'aller dormir chez des ami.e.s en bref faire ma vie d'adolescente lamda qui doit faire ses expériences : boire, être bourré, ne pas dormir de la nuit, le sexe, barouder en groupe dans la rue la nuit... puis, les premiers petits amis.
Faire confiance aux hommes durant mon adolescence était difficile voire impossible. Je n'y arrivais pas, j'étais trop en colère. J'avais qu'une envie : me venger.
Je n'ai réussi aucune de mes relations jusqu'à être loin de mon père et de connaître Nevra.
Il a réussi à apaiser ma peine et mes tensions, il était à l'écoute et je l'ai aimé et d'un côté j'aurais toujours de la tendresse pour lui. C'est mon premier amour et je n'oublierai notre relation mais.. je n'aime pas ce qu'il est devenu puis j'ai tourné la page.
Enfin bon, voilà c'était difficile quand nous étions jeunes. Voilà pourquoi je le déteste autant pour tout ce qu'il a fait subir à notre famille et pourquoi je déteste que ce soit lui qui se souvienne de nous car il ne nous mérite pas.
Irelia se mit à trembler de tous ses membres s'efforçant à retenir ses larmes du mieux qu'elle ne pouvait.
Après avoir raconté son enfer à Lance, toutes les choses qu'elle voulait enfouir étaient revenues depuis qu'elle avait posé son regard sur son ancien manoir familial. Elle avait toujours gardé ça au plus profond d'elle ne voulant jamais que la noirceur de son vécu la ronge complètement et fait d'elle un monstre.. comme son père.
C'était sa plus grande peur : ressembler à son père.
Lance était resté attentif tout au long de l'histoire d'Irelia, il a soutenait en lui tenant la main. Il ne savait pas l'enfer qu'elle avait subi, un mélange d'émotions le traversait :
Il était en colère qu'elle n'est jamais vécue dans un lieu familiale sain, qu'elle n'est jamais eu d'amour paternelle, qu'elle est eu tant de violence et de rejet de la part de ses propres camarades et de son propre père
Puis
Il était frustré. Frustré car il ne pouvait rien faire, il ne pouvait rien rattraper de son passé et qu'il lui a fait subir encore alors qu'elle avait déjà eu tout ça.
Il se sentait démuni face à la petite brune qui sanglotait face à lui, la voir dans cet état lui brise le cœur. Il l'a prend dans ses bras, la serrant fort.
Il n'a qu'une envie : lui redonnait goût à l'amour.
Mais comment faire lorsque l'on a jamais ressenti d'amour amoureux ? Comment le définir et comment en donner ? Puis comment faire lorsque l'on a déjà fait du mal à cette personne sans se sentir coupable ? Sans penser que l'on ne la mérite pas ?
« Je- je.. merci Lance, je suis désolée
Dit la jeune fille bouleversée d'être dans les bras de celui dont elle apprécie tant. Le jeune homme, surpris, lui répondis aussitôt d'une voix tendre dont même lui ne connaissait pas l'existence.
- Eh.. tu n'as pas à l'être. Je suis désolé de tout ce que tu as vécu et ce dont je t'ai fait subir par la suite. Personne ne mérite ça.
À ses mots, elle se serre davantage contre le torse musclé du dragon puis elle murmure doucement
- Je j'- enfin je crois que je
Elle bafouille longuement et reprends
J'aime vraiment être avec toi, enfin j'aime ta présence..
L'homme aux cheveux argentés sentant un pique de déception dans son cœur.. il ne s'attendait pas à ses mots-ci bien qu'ils soient tendres.
Mais à quoi pensait-il ? L'homme reprenait ses esprits : évidemment.. pourquoi elle aimerait un type comme lui.. c'est n'importe quoi.
Il ne lui répondit pas mais son cœur se brisait une nouvelle fois à cause de lui même. Il la serre d'autant plus, lui chuchotant à nouveau désolé et c'est dans les bras qu'ils s'endormirent ensemble.
VOUS LISEZ
Les yeux disent.
FanfictionDe fortes acouphènes transpercent mes tympans. J'ai l'impression d'avoir reçu un gros coup dans la tête qui m'a expulsé loin, très loin. J'ouvre doucement mes yeux, mon regard se pose sur le plafond de verre au-dessus de moi. Le ciel étoilé est prés...
