Que pourrait-il arriver de pire pendant un voyage de noces en croisière ? Sophie et Ray, meilleures amies depuis toujours, n'en avaient aucune idée.
Mais lorsque les deux femmes se retrouvent impliquées dans la mort du fiancé de Sophie, la veille de...
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Jamais je n'avais ressenti ça. Jamais je n'ai ressenti une telle fièvre, et un tel besoin pour qui que ce soit. Tout ce que j'ai pu vivre auparavant me paraît si fade et si dénué de sens que je me demande comment j'ai fait pour tenir jusque là sans connaître ça. Sans connaître la sensation si abruptement délicate de ses mains sur ma peau, ou celle de son corps se mouvant contre le mien dans une danse aussi sensuelle qu'effrénée.
Je ne sais pas trop ce que ça signifie, je ne sais pas s'il y aura un «nous». Mais il y a une chose dont je suis certaine : le brasier qu'elle seule est capable de répandre en moi à chaque fois qu'elle m'effleure est en train devenir aussi addictif qu'une drogue. Je ne veux plus que ça s'arrête, et j'aimerais rester là, allongée dans ses bras chauds, à l'intérieur de cette chambre embuée par l'entremêlement de nos corps pour l'éternité.
Mes doigts traçant des cercles timides sur son ventre encore dénudé, je regarde au loin le soleil se coucher doucement à travers la fenêtre. La pièce est embaumée d'une aura orangée mêlée à une atmosphère sensuelle de plaisirs et de contacts charnels que je ne voudrais jamais quitter.
- Comment tu imagines la vie dans le futur ?, je murmure.
- Avec toi, répond-elle du tac au tac.
Un sourire naquit sur mes lèvres alors qu'une pluie diluvienne de papillons attaque agréablement mon cœur battant. Je relève timidement mes yeux vers son visage, animé par une expression sereine. Je crois ne l'avoir jamais vu aussi apaisée, même quand elle dort. Elle garde toujours ce léger froncement bien à elle, créant une scission imperceptible entre ses deux sourcils.
- Non, je veux dire, une fois qu'on sera parties d'ici, clarifié-je. Où est ce qu'on va ?
Je me rends à présent compte que l'on n'a jamais amené la discussion. Tout est allé tellement vite depuis qu'on est parties qu'on a même pas pu arrêter le temps cinq secondes pour planifier la suite des évènements. On s'est engrené dans une course contre la montre et contre la légalité autant libératrice qu'essoufflante.
- Je sais pas trop, admet-t-elle dans un murmure. Tu voudrais aller où, toi ?
Je réfléchis quelques secondes, et me tourne sur le ventre, juste à côté de son corps chaud. Mes yeux ne peuvent s'empêcher de redessiner les courbes sombres de ses tatouages qui son corps d'une manière si hypnotisante. Dans ma course sur les collines de ses hanches jusqu'aux muscles sculptant son ventre, mes yeux s'arrêtent sur une inscription indélébile, située juste en dessous du galbe de son sein.