Que pourrait-il arriver de pire pendant un voyage de noces en croisière ? Sophie et Ray, meilleures amies depuis toujours, n'en avaient aucune idée.
Mais lorsque les deux femmes se retrouvent impliquées dans la mort du fiancé de Sophie, la veille de...
Oups ! Cette image n'est pas conforme à nos directives de contenu. Afin de continuer la publication, veuillez la retirer ou mettre en ligne une autre image.
𝐀̀𝐏𝐎𝐈𝐍𝐆𝐒𝐅𝐄𝐑𝐌𝐄́𝐒 — 2nde partie —
𝐑𝐚𝐲
La porte s'ouvre dans un raffut si insupportable que j'en sursaute presque. Mario entre, et l'image de Sophie tenue à bout de bras par ce connard finit de m'achever. Il la jette violemment au sol comme un vieil objet, et une nausée re fait surface en même temps que mon inquiétude et ma colère. Un drôle de mélange explosif qui court dans mes veines à la même vitesse que celle à laquelle je me précipite vers son corps allongé sur le sol froid.
— Qu'est ce que tu lui as fait ?!, m'écrié-je.
— Elle s'est fait ça toute seule. Elle est juste assommée, elle va s'en remettre.
Je m'accroupis près d'elle en ignorant la réponse de l'autre connard. Même si elle reste brune, sa peau est bien plus terne que d'habitude, elle a perdu de ce sous ton orangé qui la caractérise tant. Je déglutis difficilement. Ses paupières closes accueillent une dégoulinure de sang qui perle depuis l'une de ses arcades sourcilières, et je m'empresse de l'essuyer avec le bout de mon pouce. J'encadre son visage de mes mains avec délicatesse pour le surélever et faire reposer sa tête sur mes cuisses.
En évitant les battements de mon cœur qui cognent douloureusement dans ma poitrine, je me penche pour arracher avec mes dents un bout du bas de sa robe pourpre dont le tissu fluide traîne sur le bas de ses cuisses, en veillant à ne pas la rendre trop courte.
Je fais passer le bandage improvisé autour de sa tête de sorte à ce qu'il stoppe l'hémorragie qui encombre la base de son front.
Je prends conscience que même blessée, la robe déchirée, elle reste la plus belle femme que j'ai jamais vu.
— Sophie...
Je l'appelle en l'effleurant doucement. Sa peau froide et inerte me fait basculer dans un froid glacial. Je me sens gelée, et j'ai l'impression que tout en moi est en train de se figer alors que la température extérieure est tout ce qu'il y a de plus normal. J'ai beau repasser ma main encore et encore sur sa joue, elle ne se réveille pas.
— Putain, Sophie. S'il te plait.
Mon murmure n'est plus qu'une vague supplication qui s'élève dans les aigus, et se perd dans l'atmosphère tendue de la pièce.
Pendant un instant, l'idée que je pourrais tenir son cadavre dans les bras comprime ma cage thoracique au point qu'il m'est impossible de respirer pendant cinq secondes. Et la liste de choses que je ne pourrai plus faire si c'était le cas finit de m'achever pour de bon. Mon buste se retrouve écrabouillé par le poids d'une culpabilité que j'avais jamais soupçonnée jusque-là.
Je ne pourrai plus jamais l'embrasser. Je ne pourrai plus jamais sentir ses doigts courir sur ma peau, ni assister au spectacle de ses yeux qui s'illuminent quand elle est heureuse. Je ne pourrai plus jamais caresser ses cheveux et perdre mes doigts dans ses boucles brunes désordonnées. Je ne pourrai plus jamais espérer. Espérer pour un avenir meilleur et pour une vie stable, à ses côtés. Je ne pourrai plus jamais me sentir en vie.