Que pourrait-il arriver de pire pendant un voyage de noces en croisière ? Sophie et Ray, meilleures amies depuis toujours, n'en avaient aucune idée.
Mais lorsque les deux femmes se retrouvent impliquées dans la mort du fiancé de Sophie, la veille de...
Oups ! Cette image n'est pas conforme à nos directives de contenu. Afin de continuer la publication, veuillez la retirer ou mettre en ligne une autre image.
Faire un change de l'argent s'est avéré étrangement plus facile que ce que je croyais. Aucune information identitaire n'était requise, et on a pu se précipiter vers le premier distributeur de banque qu'on a vu pour retirer douze mille dollars. J'étais un peu agacée, car ça n' a fait que retarder l'échéance du moment qu'on a tant attendu depuis qu'on est parties.
Devant nous, le dénommé Terry tient nos nouveaux papiers d'identité comme une clef ouvrant toutes les serrures. Même à dix-sept heures, son sbire est toujours là, mais il est actuellement en train de prendre les commandes de clients à la caisse. Le barraqué nous a regardé presque médusé de nous voir revenir après plusieurs heures à s'être évaporées. Apparemment, la plupart des gens n'ayant pas l'argent ne reviennent pas.
- Y'a quand même un truc que je saisis pas, dit-il en nous tendant le graal tant attendu.
On lève la tête en sa direction dans une synchronisation presque effrayante. Je récupère les papiers, et effleure ma carte d'identité du bout des doigts. Le plastique lisse est aussi parfaitement découpé qu'une vraie. On a peut être payé le prix fort, mais au moins, on peut être sures que personne ne s'apercevra que ce sont des faux. J'observe ma photo alors que Terry ouvre sa bouche décorée d'un piercing solitaire :
- Qu'est ce que deux nanas comme vous peuvent bien cacher pour être aussi déterminées à avoir des nouveaux papiers d'identité ?
Je tique sur le terme employé pour nous décrire.
- Des nanas comme nous ? Ça veut dire quoi ?, décroche Ray d'un ton amusé en gardant ses sourcils froncés par l'incompréhension.
Il esquisse un petit rire dont je n'arrive pas à déterminer l'émotion cachée derrière. De la moquerie ? De l'amusement ?
- Vous avez vu votre dégaine, ou pas ? Vous avez pas l'air bien méchantes.
De la moquerie. S'il savait par tout ce dont on est passées pour en arriver là, je ne sais pas s'il arborerait la même expression. Même pour un homme de son acabit.
- Il faut parfois se méfier de l'eau qui dort, écoute, dit Ray en haussant les épaules.
Il hausse un sourcil, l'air peu convaincu par la remarque de mon amie, qui ressemblait à une menace inoffensive. Quoi qu'il en soit, j'apprécie la discrétion de Ray sur la situation. On a beau être hors de danger, je ne souhaite pas spécialement à ce qu'on avertisse tout le monde qu'on croise de ce qu'on a fait.