Et puis il y'a eu cette nuit, j'ai senti le vide m'aspirer,
comme un gouffre patient, qui sait attendre son heure.
Et j'aimerais prétendre que j'ai résisté,
que mes doigts ont cherché une prise,
mais ce serait mentir.
La vérité, c'est que j'ai sauté.
Peut-être sans le vouloir vraiment,
mais il y avait cette fatigue,
ce murmure sourd dans mon esprit,
et il m'a semblé plus simple de céder.
De laisser le noir m'envelopper,
comme une étreinte froide, presque tendre,
qui m'a ramenée à mes démons d'antan,
ces travers que je croyais avoir enfouis.
Et pourtant, au creux de cette chute,
il y avait une image :
celle d'un temps où je tenais debout,
où la lumière m'effleurait sans me brûler.
Je me souviens de la douceur des jours clairs,
des rires qui résonnaient comme des promesses.
Mais ces souvenirs ne sont plus que des ombres,
des vestiges d'une vie que je regarde à travers un voile,
trop lointaine, presque irréelle.
Alors, peut-être est-ce ça, ma bataille :
non pas guérir,
mais accepter l'idée que je ne me bats plus.
Que la lutte elle-même m'a quittée,
et qu'il ne reste que le silence.
