124

245 12 37
                                        


Friedrich


Les rafales étaient puissantes et presque terrifiantes. Le chalet était constamment balayé par le vent et le bruit était assourdissant. La neige continuait de tomber et recouvrait le paysage fantomatique. La lumière était tellement terne, que je ne voyais pas plus loin, qu'à quelques mètres du chalet et cela même s'il était presque 8 heures du matin.

J'allumais du feu, mais mes mains tremblaient au point, que je dus m'y reprendre à plusieurs reprises pour craquer l'allumette, tellement mon rêve me hantais. Je buvais quelques gorgées de café, avant de m'arrêter net pour vomir. Je me sentais ralentit, nauséeux et fiévreux. Je prenais du paracétamol dans la pharmacie de secours et avalais directement 2 comprimés, dans l'espoir d'aller mieux. Puis, je sortis prendre l'air, car j'avais besoin de remettre de l'ordre dans mes pensées et de faire un bilan de la situation.

Mon état de santé devenait inquiétant et celui d'Angélique risquait lui aussi de l'être, si elle refusait de boire et de manger. Je devais trouver une solution rapidement, afin qu'elle accepte la situation. Notre avenir en dépendait et je refusais d'abandonner aussi près du but et s'était sans compter que les flics et ce maudit Profiler étaient sur nos traces.

À vrai dire, je n'avais jamais pensé arriver aussi loin. Tuer Charles Durieux, Maurice Dugrand et Jean Pierre Bovet, n'avait jamais fait partie de mon plan et en vérité, j'avais espéré qu'Angélique serait l'instrument de ma vengeance. Qu'elle accepterait de les tuer pour se venger de tous les mensonges qu'elle et Juliette avaient subi, et qu'ensuite, je pourrais créer une œuvre à notre image, ainsi tous ceux qui nous avaient fait du mal, payeraient enfin pour leur crime. Mais rien ne s'était passé comme prévu et maintenant, j'étais dans une impasse.

Je me frottais les bras et frissonnais de plus belle. Que devais-je faire ou dire, pour qu'elle accepte d'être à mes côtés.

Pourquoi ne comprenait-elle pas que Louis lui avait mentit ? Que même Henri lui avait raconter que des conneries. Je serrais les poings, car malgré tout ce qu'elle avait fait, ils continuaient de l'aimer. Deux hommes d'honneurs qui protégeaient une enfant, même contre elle-même. Ils étaient au courant de tout et ils l'avaient protégées pendant tout ce temps.

J'avais su en lisant le véritable rapport d'autopsie, que mon père s'était sans toute rendu à la maison de vacances de Thonon. Qu'à l'époque Ludivine avait été seule avec Angélique. Il n'y avait alors que deux possibilités au meurtre de Jean. Soit c'était la mère, soit c'était la fille. Longtemps, j'avais cru que Louis et Henri avaient protéger Ludivine, puis j'avais assisté en cachette à l'un des meurtres d'Angélique.

Froide, implacable, d'une noirceur qui dépassait l'imaginable, j'avais alors compris ce qui était arrivé à l'inconnu du lac et de ce fait, les notes du légiste.

« Une personne de petite taille ou à genoux » ou alors, une enfant âgée de 5 ans. Tout avait pris un sens pour moi à ce moment-là.

Angélique avait tué mon père et plus tard, elle était devenue une tueuse redoutable. Tuant des êtres immondes, qui n'avaient jamais été inquiété par la justice et tout cela grâce à l'entrainement d'Henri, qui avait cru la rassurer, sur ses peurs d'enfants, en lui apprenant à se servir d'une arme.

J'avais mis plus d'un an à tout découvrir et j'avais alors décidé de me rapprocher d'elle, créant Frédérique Gueilan. Julien avait été une proie facile et me rapprocher de lui l'avait été encore plus. Je m'étais fait faire une fausse carte d'identité et de faux documents, ainsi que de faux diplômes et ils n'y avaient vu que du feu ou que ce qu'ils avaient voulu voir.

TRIEB TOME 1 (THRILLER) (TERMINE)Des histoires addictives. Découvrez maintenant