Kraliçem

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Le bureau du Sultan Yarkin ibn Emir était vaste, décoré avec goût et offrant une vue sur la ville en contrebas. Une grande table en bois massif trônait au centre, entourée de fauteuils en cuir sombres.

Le Sultan s'était installé derrière son bureau, son regard calme et perçant fixé sur les deux invités Marco et Angélina.

À ses côtés, un vieil homme au visage ridé, aux sourcils épais et aux yeux froids, était posté à côté du roi. Il observait les deux invités d'un air méprisant.

- Installez-vous, invita le Sultan, sa voix autoritaire mais courtoise. - Nous avons beaucoup à discuter.

Marco et Angélina prirent place, leurs regards se croisant un instant. Marco, fidèle à lui-même, gardait une expression impassible, mais une certaine tension marquait ses traits.

Angelina était sereine, consciente que chaque mouvement et chaque parole comptait dans cet échange.

Le vieil homme, assis à côté du Sultan, les observa avant de lâcher une remarque aigre, son ton sec et impérieux.

- Je ne vois pas pourquoi nous perdons notre temps avec ces discussions, grogna-t-il. Jimenez n'est qu'un simple homme de main du chef de la mafia mexicaine. C'est une insulte de la part de ce dernier d'envoyer un de ses subalternes pour discuter avec le Roi.

Marco, bien que visiblement irrité par la remarque, se retint de répliquer. Il serra légèrement les poings sous la table, mais Angélina, d'un simple geste, posa une main sur son bas. Elle savait que répondre à l'insulte risquait de nuire à leur cause.

Le Sultan, toujours calme, se tourna alors vers Angélina. Il l'observa longuement, un intérêt subtil dans ses yeux.

- Et vous, commença-t-il d'une voix mesurée, je n'ai jamais entendu parler de vous avant aujourd'hui. Une femme qui porte une telle prestance et qui reste inconnue... Cela m'intrigue. Comment cela se fait-il ?

Angélina le fixa droit dans les yeux, son regard aussi impénétrable que la mer calme avant la tempête. Un léger sourire effleura ses lèvres.

- Vous me connaissez peut-être sous un autre nom, Majesté, dit-elle, son ton assuré. Peut-être sous le nom de Hija del Pacto.

Le vieil homme, qui jusque-là semblait indifférent, se figea instantanément. Ses yeux s'écarquillèrent, son visage prenant un teint pâle de surprise.

Il regarda le Sultan, puis revint à Angélina, comme si le monde entier venait de basculer autour de lui.

- Impossible... Non, murmura-t-il, incapable de dissimuler son choc.

- La Hija del Pacto ? Fille d'Anastasia Kolvetcho et Don Romero Gomez ? Vous n'êtes pas réel, ce n'est qu'une légende.

Il sembla peiner à reprendre ses esprits.

- c'est bien elle, je vous rassure. J'ai eu la même réaction que vous quand je l'ai appris, dit Marco en souriant légèrement.

- Votre majesté est une descendante d'une lignée princière... Mais aussi héritière d'une des plus grandes alliances mafieuses du monde !!

Le Sultan se tourna alors lentement vers Angélina, une lueur de défi dans ses yeux.

Cette femme, il la voulait

- Je sais, dit-il doucement, les yeux rivés sur elle, totalement envoûtés par la situation qui venait de se dérouler.

- Je sais, Ahmed, répéta-t-il, son regard ne quittant pas celui d'Angélina, la fascination dans ses traits maintenant évidente.

Il prit alors le document du contrat qui reposait sur la table. Il posa la plume sur le papier, traçant sa signature avec une assurance tranquille.

Mais tout en signant, il ne détournait pas son regard d'Angélina. Chaque mouvement, chaque geste, semblait destinés à marquer un moment décisif.

- Le contrat est signé, dit-il finalement, sa voix posée, mais pleine de sous-entendus.

Angélina se leva alors, le sourire imperceptible toujours sur ses lèvres.

- Ainsi, nous sommes d'accord alors, Majesté, répondit-elle d'un ton froid mais presque cordial.

Le Sultan se leva à son tour, un léger sourire effleurant ses lèvres. Ses yeux brillaient d'un intérêt profond alors qu'il se penchait légèrement vers Angélina.

- Je suis très heureux de faire affaire avec votre famille, Princesse, dit-il d'une voix

Séduisante mais respectueuse, en utilisant le mot *Prenses* en turc, un titre royal qui, dans ce contexte, prenait une signification encore plus lourde.

Il posa la main sur la table avec un geste solennel. -Vous êtes une femme d'une grande importance, et il sera intéressant de voir comment vos puissances se croisent avec les miennes.

Les mots du Sultan résonnèrent dans la pièce, et l'air semblait chargé d'une tension nouvelle. Angélina, avec une légère inclinaison de tête, reconnut le respect et l'intérêt qui émanaient de lui.

Le Sultan tourna alors son regard vers Marco et tendit le papier signé.

- Voici le contrat, dit-il, son ton désormais plus formel. Je vous remercie de votre déplacement, il en valait la peine, dit-il en souriant à Angélina

Marco prit le document, son expression impassible. Il hocha légèrement la tête, mais ne dit rien.

L'affaire était conclue.

Avant de partir, Angélina s'arrêta un instant et se tourna vers le vieil homme, qui observait toujours la scène avec une lueur de méfiance dans ses yeux.

Un sourire lent se dessina sur les lèvres d'Angélina, un sourire aussi froid que calculé.

- Et vous, dit-elle d'une voix claire, son regard perçant se posant sur le vieil homme, n'oubliez pas où est votre place. Vous êtes devant un Homme, non devant un simple homme de main."

Elle insista sur les mots homme de main, faisant une référence implicite à Marco, avant de se tourner vers le Sultan avec une révérence presque cérémonieuse.

- Majesté, je vous remercie pour cette entrevue.

Le vieil homme s'apprêtait à répondre, mais avant qu'il n'ait pu ouvrir la bouche, le Sultan leva la main avec autorité, un geste qui coupa instantanément toute tentative de réplique.

- Ne réponds pas quand elle te parle, Ahmed, dit-il froidement, sa voix glaçante forçant un silence immédiat. Il tourna son regard vers le vieil homme, qui se tut immédiatement, abasourdi par l'ordre et l'aura de puissance du Sultan.

Angélina, imperturbable, fit une révérence élégante en s'adressant de nouveau au Sultan.

- Peut-être à une prochaine fois, Votre Altesse, dit-elle avec un léger sourire, un air de défi dans ses yeux.

Le Sultan répondit sans hésitation, sa voix empreinte de respect, mais aussi de séduction.

 - Avec grand plaisir, Kraliçem, répondit-il, utilisant le mot turc pour "ma Reine", ce qui donna une touche supplémentaire à cette étrange et captivante interaction.





j'espère que ça vous a plus 😁😁😁

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😘😘😘

.Kyc.

BelladonaOù les histoires vivent. Découvrez maintenant