Run

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"Courir n'est pas seulement fuir, c'est défier la mort à chaque foulée, prouver qu'on est encore vivant."


Pvd de Ciselée


«Depuis la nuit des temps, les femmes ont dû courir. Courir pour fuir la violence, échapper aux griffes d'un monde qui les voulait dociles, silencieuses, taillées à l'image d'un idéal qui n'a jamais été le leur. Elles ont été réduites à de simples spectatrices de leur propre existence, enfermées dans des carcans qui étouffaient leur voix et brisaient leurs ailes.

Elles ont appris à se taire sous les coups, à se cacher lorsqu'on les traquait, à sourire malgré l'humiliation. On leur a enseigné à baisser les yeux, à marcher vite la nuit, à serrer leurs clés entre leurs doigts comme une arme dérisoire contre l'ombre qui les guette.

Leurs corps ont été pris, exploités, marchandés. Leurs refus ignorés, leurs cris étouffés, leurs larmes tournées en dérision. Elles ont grandi avec la peur incrustée dans leur chair, la peur d'être la prochaine, celle dont le nom s'ajoutera à la longue liste des disparues, celle qui deviendra un visage sur une affiche oubliée.

Mais aujourd'hui, elles courent encore. Non plus pour fuir, mais pour se battre. Pour briser le silence. Pour reprendre ce qui leur a été arraché.

Elles ne veulent plus survivre, elles veulent exister. Chaque pas est une révolte, chaque cri un écho de celles qu'on a voulu faire taire. Elles portent en elles la douleur des générations passées, les cicatrices des batailles perdues, mais aussi la rage d'un avenir qu'elles façonnent de leurs propres mains.

Elles refusent désormais d'être des ombres. Elles dénoncent, elles exposent, elles écrivent leur propre histoire, gravée à l'encre de leurs larmes et du sang séché de leurs combats. Elles ne veulent plus être des trophées, des objets façonnés pour plaire. Elles veulent être libres, imparfaites, puissantes, furieuses.

Elles n'acceptent plus la peur comme compagne quotidienne. Elles relèvent la tête, même si le danger rôde encore, même si les murs portent toujours l'écho des cris qu'on a refusé d'entendre. Elles savent que le combat est long, que l'oppression ne se dissout pas en un jour. Mais elles savent aussi qu'elles ne sont plus seules.

Parce que pour chaque femme brisée, cent autres se relèvent.
Parce que pour chaque coup encaissé, un cri de révolte s'élève.
Parce qu'un jour, la peur changera de camp. »


Trois ans plus tôt...

La chaleur, l'espoir. L'air saturé d'une odeur âcre de poussière, de sueur, et d'une peur si viscérale qu'elle s'accrochait aux murs, aux corps, aux âmes.

J'étais là. Spectatrice invisible. Prisonnière silencieuse de l'horreur qui se jouait sous mes yeux.

Les enfants, recroquevillés contre les poutres, n'étaient plus que des ombres. Trop maigres, trop pâles, le regard creux. Ils ne parlaient pas. Ils ne pleuraient même plus. Seul le rythme erratique de leurs respirations témoignait de leur présence, comme si chacun s'accrochait désespérément à un souffle de vie qui pouvait lui être arraché d'un instant à l'autre.

Puis un cri. Un hurlement de terreur brute, étranglé, désespéré.

Je la vis. La fillette aux longs cheveux emmêlés, aux prunelles dilatées par la peur. Elle se figea, les mains plaquées sur sa bouche dans une tentative vaine d'étouffer son propre son. Mais c'était trop tard. Ils savaient. Ils savaient tous.

Le silence s'abattit comme une chape de plomb.

Pas moi. Pas moi. Pas moi.

Des pas résonnèrent dans l'escalier. Lents. Lourds. Cruels.

Ciselée [Thriller psychologique] DRDes histoires addictives. Découvrez maintenant