En plein cœur du quartier français de la Nouvelle-Orléans, en Louisiane, se dresse une demeure du 18ᵉ dont l'apparence suffit à glacer le sang des plus courageux. Cette maison est nimbée d'une aura de mystère et de légendes que personne n'ose évoquer sans un frisson dans la voix. On la nomme "La Maison de la Perdition" puisque, à travers les décennies, les personnes qui se sont aventurées à y résider ont toutes été frappées par le malheur.
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Alan Duval, l'agent immobilier le plus raffiné et respecté de la Nouvelle-Orléans, en était très fier : ses précieuses fiches cartonnées, éclatantes de couleurs, affichaient avec soin les informations et les photos des demeures les plus prestigieuses de la ville. Véritables sésames de la vente, elles étaient des œuvres de création géniales, portant en elles la promesse d'un toit classieux et confortable pour les riches et les puissants.
Pourtant, cette fois, quelque chose d'anormal se passait. Il observait, d'un sourire crispé, l'étonnant dédain que ses fiches suscitaient. Ce vieux routier des affaires avait déjà eu affaire à des clients difficiles, mais cette Faby Pereira appartenait indéniablement à une catégorie à part. Elle était jeune, belle, sûre d'elle, et incroyablement douée pour exprimer son mépris avec un vocabulaire minimaliste. 'Crotte, crotte, crotte, crotte...' murmurait-elle en balançant avec mépris les différentes fiches sur le plateau du bureau. Les documents s'entassaient ainsi lamentablement, constituant une véritable pile de désespoir.
Quand elle eut fini, elle rendit son verdict :
– Tout ça, c'est de la ...
– Crotte, je sais, dit l'agent, un brin excédé.
Elle le foudroya du regard.
– Je dis et je répète que tout ça, c'est de la grosse daube ! Vous avez écouté ce que je vous ai dit tout à l'heure ?
On entendit voler les mouches. L'espace d'un instant, l'ambiance devint très tendue. En quête de soutien, Duval regarda l'homme qui accompagnait la cliente, un certain Gregor. Celui-ci était un beau jeune homme hypermusclé qui balançait sa tête d'un air gêné, semblant dire : "Oh, mais elle plaisante, elle plaisante, ce n'est pas méchant... "
L'agent estima que ce type était un minable, probablement un petit gigolo. Il ne lui serait d'aucune aide pour la vente, c'était juste un simplet aux ordres de sa maîtresse, un bon toutou en quête de nonosse. Il reporta son attention sur la belle cliente et lui dit :
- C'est que... Je voulais vous montrer des maisons dignes de votre rang, Miss Pereira.
- Je vous ai dit que je voulais de l'authentique. Vous imaginez que je viens en Louisiane pour acheter une maison lambda ? Quelle blague ! Je veux du vrai, de l'authentique et dans le quartier historique, le quartier français !
Il se frotta le menton, l'air soucieux :
– J'ai reçu une nouvelle offre ce matin. Mais...
Il laissa sa phrase en suspens, se leva, rejoignit le bureau de sa secrétaire et revint avec un jeu de photos qu'il remit à Faby.
– Peut-être ce produit correspond-il mieux à vos souhaits...
Pour la première fois, la jeune femme sembla intéressée. Elle examina attentivement la façade de la grande bâtisse. Ses murs de briques vieillies, couverts par endroits de lierre rampant, exhalaient un parfum de noblesse décadente. Les tourelles, pointant le ciel, donnaient à la maison un air de château, tandis que les fenêtres en ogive ajoutaient une touche gothique à l'ensemble. Elle étudia ensuite la photo du vaste jardin : il était sans doute resté abandonné un peu trop longtemps, mais les chênes n'en étaient pas moins majestueux, formant un bastion naturel autour de la propriété.
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Le monstre
Paranormal"Le monstre" est une anthologie de la peur. 20 histoires courtes qui combinent suspens, horreur et fantastique. Grand amateur de thrillers, Stig Harlan n'aspire qu'à deux choses : vous fournir un plaisir intense et... vous faire frissonner de terre...
